Copieusement sifflé, longtemps bousculé, Manchester City a dompté l’hostilité d’Anfield et surclassé Liverpool (3-0), dimanche en supériorité numérique, pour sa première sortie depuis que le club anglais a été reconnu coupable d’infractions financières à grande échelle.
Le meneur du championnat a chassé ses nuages extra-sportifs le temps d’une rencontre, bien aidé par l’expulsion de Ryan Gravenberch (62e) et le froid réalisme de ses vedettes en attaque Erling Haaland (65e), Jérémy Doku (68e) et Ryan Cherki (78e).
Les Citizens reprennent trois points d’avance sur leur dauphin, Arsenal, au sortir d’une trêve internationale qui les a vus être reconnus coupables de « graves » malversations financières entre 2009 et 2018, après une longue et fastidieuse enquête menée par une commission indépendante.
Selon la décision rendue fin septembre, frappée d’appel, le club détenu par un fonds émirati a gonflé artificiellement ses revenus et minoré ses coûts de plus de 900 millions de livres (1,7 milliards $ CAD).
Ce dopage financier présumé a permis aux Citizens d’attirer des pointures mondiales, d’enchaîner les titres et de bâtir les fondations de son âge d’or sous Pep Guardiola (2016-2026), une domination dont Liverpool a été une des principales victimes.
« Une génération de partisans a été flouée », proclamait une banderole dans le Kop, la plus célèbre des tribunes d’Anfield. « Toutes vos étoiles sont en train de s’éteindre », disait une autre, en référence aux titres empilés durant la période incriminée et au-delà.
« Tricheurs »
« J’espère qu’ils seront relégués, qu’ils perdront tout leur argent et tous leurs partisans », a déclaré Sean O’Reilly, un Scouser de 62 ans. « Tout le temps que j’ai passé ici, tout l’argent que j’ai dépensé ici, en espérant qu’on allait gagner le championnat... Et on découvre qu’on s’est fait avoir, voler des trophées, parce que Man City a triché. »
Le mot « tricheurs » a été décliné à toutes les sauces, dans les chants, les pancartes et même les écharpes. Parmi les produits dérivés, on trouvait aussi un drapeau bleu ciel, les couleurs de City, représentant des joueurs actuels et anciens, avec Guardiola, en tenue de prisonnier.
Ce contexte brûlant n’a toutefois débouché sur aucun incident notable.
Sur le terrain, l’affiche a mis du temps à s’enflammer; les premières mèches n’ont été allumées qu’au retour des vestiaires, par Liverpool, avec des tirs de Lewis Koumas et Ryan Gravenberch repoussées par Gianluigi Donnarumma (48e et 49e).
Les Reds ont pris le jeu à leur compte et réussi à être les plus menaçants malgré leur pénurie d’attaquants (Ekitiké, Isak et Gakpo) et en l’absence du milieu Dominik Szoboszlai, forfait de dernière minute à cause d’une gêne aux ischio-jambiers.
Huit matchs, huit victoires
Mais le vent a tourné violemment à l’heure de jeu.
Trois minutes après l’expulsion de Gravenberch, coupable d’un tacle manqué synonyme de deuxième carton jaune, l’inévitable Erling Haaland a ouvert le score d’une reprise imparable (65e, 0-1).
En guise de célébration, il a envoyé des baisers en direction du parcage visiteurs dans lequel se trouvaient notamment son père, Alf-Inge (ancien joueur du club), et le rockeur Noel Gallagher, figure d’Oasis et supporter historique des Citizens.
Ces derniers avaient à peine fini d’applaudir que Jérémy Doku en remettait une couche sur une frappe dont il a le secret (68e, 0-2). Ryan Cherki a mis le coup de grâce, après un enchaînement de passes et de dribbles (78e, 0-3).
Si l’on excepte le Community Shield, perdu 3-0 contre Arsenal en lever de rideau de l’actuelle saison, cela fait désormais huit victoires en huit matchs pour Manchester City, toutes compétitions confondues. Le Paris Saint-Germain, son prochain adversaire, tentera de briser cette série mercredi en Ligue des Champions à l’Etihad.
Sage et Crystal Palace gagnent avant le déplacement à l’OL
Crystal Palace a gagné pour la première fois à domicile en Premier League sous Pierre Sage, contre Nottingham Forest (3-1), à quatre jours d’un déplacement en Ligue Europa à Lyon, où le Français a lancé sa carrière d’entraineur principal.
Les Eagles du sud de Londres s’étaient inclinés contre Manchester City et Ipswich à Selhurst Park en début de saison, mais la troisième a été la bonne pour eux, malgré une entame de match catastrophique.
Ils ont commis de multiples erreurs défensives et Dan Ndoye a rapidement capitalisé sur l’une d’elles (3e, 0-1).
Le gardien Walter Benitez a repoussé une tête du Suisse (21e), vu une reprise de Daniel Munoz filer à côté du but (27e), puis été décisif sur un tir à bout portant de Liam Delap, juste après une frappe de Morgan Gibbs-White qui s’est fracassée sur sa barre transversale (35e).
Miraculé, Palace a renversé la situation contre toute attente avec des buts de Daichi Kamada (41e), Jefferson Lerma (45e+4) puis Yeremy Pino (59e).
C’est un retour amer à Selhurst Park pour Oliver Glasner, le prédécesseur de Sage, l’homme qui a gagné les trois premiers titres de l’histoire du club (Coupe d’Angleterre et Community Shield 2025, Ligue Conference 2026).
À l’inverse, c’est un résultat très positif pour le Français à l’heure de retrouver l’OL, là où il a fait ses débuts comme entraîneur principal.
Palace est douzième de Premier League avec sept points, deux de plus que Nottingham Forest.
