Battu par le Benfica de José Mourinho (4-2) malgré un doublé de Kylian Mbappé mercredi à Lisbonne, le Real Madrid a échoué à se qualifier directement pour les huitièmes de finale de Ligue des champions et devra jouer les barrages pour y parvenir.
Le Real Madrid arrivait pourtant à cette dernière journée de la phase de ligue en 3e position et avec la qualification en huitièmes de finale quasiment assurée, mais il termine finalement à la 9e place, première des équipes reléguées en barrages.
La soirée a en revanche tourné au miracle pour Benfica grâce un autre doublé du jeune Norvégien Andreas Schjelderup et un but du gardien Trubin au bout du temps additionnel (4-2, 45e+8), car les Portugais devaient absolument l’emporter mercredi pour ensuite voir si les résultats des autres rencontres lui ouvraient la voie des barrages.
C’est cet ultime effort qui a permis au Benfica d’arracher la dernière place pour les barrages, en terminant 24e devant l’Olympique Marseille grâce à une meilleure différence de buts.
Comme l’avait promis Mourinho avant le match, les Lisboètes ont tout fait pour s’imposer au géant madrilène, désormais sous la houlette de son disciple Alaro Arbeloa. Le Special One a encore de la ressource car son équipe est parvenu à malmener la défense merengue grâce à son pressing et à l’intensité mise dans chaque duel.
Mais le Benfica a encore montré son manque de réalisme avec plusieurs plusieurs occasions manquées, comme cette belle frappe enroulée de Prestianni que Courtois à dévié du bout des doigts sur sa transversale (21e).
Le Real pensait donc avoir fait le plus difficile lorsque Kylian Mbappé a ouvert le score dès la première tentative, en échappant à son marquage pour marquer de la tête au bout d’un centre d’Asencio (30e, 0-1).
Sauf que l’équipe locale a vite réagi en revenant au score sur un contre fulgurant mal négocié par Asencio, qui a permis à Pavlidis de placer le ballon sur la tête de Schjelderup, seul devant Courtois (36e, 1-1).
Le même Schjelderup aurait pu doubler la mise juste après (40e), mais c’est Pavlidis qui a donné l’avantage au Benfica juste avant la pause, sur un penalty accordé pour une faute de Tchouaméni, coupable d’avoir tiré le maillot d’Otamendi sur un corner (45+5, 2-1).
Peu après la pause, sur un nouveau contre rapide du Benfica, le Norvégien de 21 ans a creusé l’écart en se libérant d’Asencio, encore lui, pour placer le ballon au ras du poteau de Courtois, qui n’a rien pu faire pour sauver sa défense en déroute (54e, 3-1).
Le Real a alors montré une autre petite lueur de son meilleur niveau, en réduisant l’écart sur un belle action d’Arda Guler impeccablement conclue par Mbappé (58e, 3-2).
Avec ce 13e but cette saison en Ligue des champions, le Français a conforté sa position en tête du classement des meilleurs buteurs.
Puis il a fallu attendre les arrêts de jeu pour que le stade de la Luz explose de joie en voyant son gardien ukrainien Anatoliy Trubin monter jusqu’à la surface adverse pour marquer de la tête, sur corner, ce quatrième but, synonyme de qualification pour le Benfica.
Compte tenu de leur classement, les deux équipes pourraient se retrouver en barrages.
Le PSG accroché par Newcastle et sorti du top-8
Le PSG a concédé le nul contre Newcastle au Parc (1-1) et n’est pas dans le top-8 de la phase de ligue, avec pour conséquence un barrage aller-retour que le champion d’Europe devra jouer en février pour rejoindre les huitièmes de finale.
Un barrage comme la saison dernière, mais avec une dynamique inverse : le PSG avait si bien commencé les matchs en poule unique (trois victoires) qu’on le pensait parti pour être très bien placé. Mais le bilan de deux points seulement pris lors des trois dernières rencontres l’a plombé, avec une modeste 11e place au final (14 points). Une quasi punition pour le champion d’Europe en titre.
Avec comme mauvaise nouvelle supplémentaire la blessure à une cheville de Khvicha Kvaratskhelia, remplacé par Désiré Doué dès la première période.
Le PSG avait besoin de gagner pour être sûr du top-8 mais il s’est tiré une balle dans le pied : un pénalty raté par Ousmane Dembélé (mais bien stoppé par Nick Pope, 4e), et un but concédé sur un très long coup franc, juste avant la pause (45+2).
Ce but-là avait de quoi faire enrager les Parisiens, mais ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes d’être toujours aussi fragiles sur les coups de pied arrêtés défensifs : Marquinhos a vaguement tenté de stopper la longue passe de Sandro Tonali, mais sa tête a permis à Newcastle de faire parler sa science des ballons aériens avec un nouveau coup de tête de Dan Burn pour Joseph Willock et un but évitable. Une réalisation qui a complètement rééquilibré la rencontre.
Car le PSG avait jusque-là très bien contrôlé le match, avec quasiment aucune incursion des Magpies dans leur camp. Rien à voir avec les errements et duels perdus des deux matchs d’il y a deux saisons (défaite 4-1 et 1-1).
Et le bijou de Vitinha, un tir lointain bien brossé après une feinte de frappe, n’avait laissé aucune chance à Pope, cette fois (8e). Le Portugais est le seul Parisien à avoir été chirurgical mercredi soir. Nuno Mendes (32), Willian Pacho (38) Ousmane Dembélé (62, 67), Khivcha Kvaratskhelia (13e), Bradley Barcola (60e) et Achraf Hakimi (72e) ont tous manqué de tranchant ou de précision dans leurs tentatives.
De l’autre côté du terrain, le gardien Matveï Safonov était titulaire pour son retour après sa fracture à une main durant la séance de tirs aux buts d’anthologie contre Flamengo en finale de Coupe intercontinentale, en décembre. Mais il n’a pas franchement éteint le débat dans son duel avec Lucas Chevalier, fautif sur un but contre le Sporting Portugal la semaine dernière (défaite 2-1). Il a certes arrêté un joli tir tendu d’Antony Gordon (73e) mais il a été fébrile sur certains ballons aériens (dont le but anglais mais aussi à la 76e).
Willian Pacho avait assuré mardi que la défense avait fait son travail en vidéo pour étudier les contre-attaques assassines du club du nord de l’Angleterre. Mais cela ne s’est pas toujours vu, notamment dans le dernier tiers du match.
Dernier tiers où l’équipe parisienne tenta nerveusement de faire la différence, et une nouvelle frappe de Vitinha a fait passer un frisson dans le public. Sans le savoir, le PSG était sur le fil de la 8e place, et Newcastle 9e. Puis il glissa hors du top-8 à la faveur de buts de l’Inter et de Chelsea...
Et un gros raté de Harvey Barnes face au but vide conserva un nul déjà bien triste pour un PSG qui semble avoir perdu l’élan du titre européen de la saison dernière.
Manchester City dans le top-8 après quelques frissons
Manchester City a dominé l’équipe turque de Galatasaray (2-0), puis a dû attendre la fin de Benfica Lisbonne-Real Madrid avec anxiété avant de pouvoir célébrer sa qualification directe pour les huitièmes.
Les champions d’Europe 2023 ont fait le nécessaire à domicile grâce à Erling Haaland (11e) et Rayan Cherki (29e), les deux buteurs du soir.
Mais ils ont dû attendre avec fébrilité que la défaite du Real Madrid ne se confirme à Lisbonne, pendant de longues minutes. Leur présence dans le top-8 final de la phase de ligue en dépendait.
L’équipe de Pep Guardiola termine à la huitième place, la dernière directement qualificative donc, avec un point d’avance sur les Madrilènes, ceux-là même qui les avaient éliminé en barrages de l’édition précédente.
Les Mancuniens vont éviter cette double confrontation périlleuse du mois de février, une perspective devenue menaçante la semaine dernière après l’inattendu revers concédé contre Bodo/Glimt (3-1) en Norvège.
D’ici-là, Guardiola récupèrera son milieu défensif Rodri, suspendu mercredi, une partie de ses blessés (Ruben Dias, Josko Gvardiol, John Stones, Savinho...), peut-être, et il pourra compter sur ses recrues hivernales Marc Guéhi et Antoine Semenyo, non éligibles mercredi.
« Nous sommes heureux, tout simplement très heureux, car nous voulions terminer dans les huit premiers. Avec une dose de suspense, nous y sommes parvenus. Globalement, nous sommes très satisfaits, car nous évitons deux matchs. Vu le calendrier, c’est crucial », a souligné Bernardo Silva, le capitaine.
Le Barça renverse Copenhague et verra bien les huitièmes
Le Barça qualifié mais pas rassuré : mené dès la 4e minute au Camp Nou, le géant catalan a renversé puis corrigé Copenhague (4-1) pour valider son billet pour les huitièmes de finale grâce notamment à son prodige Lamine Yamal, passeur puis buteur.
Au coeur d’une soirée de folie, où ses chances de figurer dans le top-8 ont fluctué en fonction des scores sur les 17 autres pelouses, le quintuple vainqueur de la compétition s’est encore fait peur.
Mais le Barça, demi-finaliste l’an dernier, a bien tenu son rang face à l’actuel cinquième du championnat danois, et termine finalement cette phase de Ligue à la cinquième place avec 16 points et un bilan de cinq victoires, un nul et deux défaites, contre Chelsea (3-0) et le PSG (2-1).
Comme la semaine passée contre le Slavia Prague (4-2), et pour la 14e fois de la saison, les hommes d’Hansi Flick ont pourtant plié les premiers dès la 4e minute, sur un simple ballon en profondeur du Norvégien Mohamed Elyounoussi pour le jeune islandais Viktor Dadason, 17 ans, sanctionnant une perte de balle évitable et un mauvais alignement du latéral français Jules Koundé (4e, 1-0).
Sans son métronome Pedri, blessé, et son capitaine Frenkie de Jong, suspendu, le Barça a rapidement tenté de réagir, mais Robert Lewandowski a perdu son duel avec le gardien croate Dominik Kotarski (10e), vigilant ensuite pour détourner en corner une frappe déviée de l’inusable Eric Garcia (11e).
Le défenseur catalan, utilisé à nouveau comme milieu de terrain mercredi, a ensuite fait trembler la barre transversale danoise d’un tir surpuissant (34e), et le prodige barcelonais Lamine Yamal a lui aussi trouvé les gants de Kotarski (37e).
Les Blaugranas, rentrés aux vestiaires sous les sifflets de leur public, sont revenus sur la pelouse avec de meilleures intentions et ils ont logiquement égalisé en prenant à défaut la défense danoise, prise de vitesse par Yamal, qui a parfaitement servi Lewandowski face au but (48e, 1-1).
L’ailier de 18 ans a libéré le Camp Nou d’une frappe soudaine du gauche détournée par un défenseur pour donner l’avantage à son équipe (60e, 2-1), avant que son compère brésilien Raphinha ne creuse l’écart sur un pénalty obtenu par Lewandowski(68e s.p, 3-1).
L’attaquant anglais Marcus Rashford, entré en jeu quelques minutes plus tôt, a enfoncé le clou en fin de match d’un superbe coup franc du droit (85e, 4-1).
Le Brésilien Gabriel Pereira a pensé profiter des nouvelles errances défensives catalanes de la tête pour réduire le score (90e) mais son but a été refusé pour un hors-jeu préalable.
Une dernière action en guise d’avertissement pour le champion d’Espagne en titre: ce type de performance lui aura suffi pour atteindre les huitièmes, mais peut-être pas pour viser bien plus haut.
Arsenal réussit le grand huit en battant Almaty
Arsenal, avec une équipe entièrement remaniée, a bouclé la première phase de la Ligue des champions avec une huitième victoire en autant de rencontres, à Londres contre les Kazakhs du Kaïrat Almaty (3-2).
Face au dernier du classement, les Gunners ont consolidé leur première place de manière aisée pour boucler la phase de ligue avec le maximum de 24 points, trois de plus que leur dauphin le Bayern Munich (2e, 21 pts).
Ils étaient déjà qualifiés au coup d’envoi pour les huitièmes de finale, ce qui a permis à Mikel Arteta d’aligner un onze de départ composé exclusivement de remplaçants habituels, gardien inclus.
Le portier espagnol Kepa a encaissé en une soirée, devant Jorginho (7e, 1-1) puis Ricardinho (90e+3, 3-2), autant de buts que son équipe lors des sept matchs précédents.
La défense anglaise n’avait en effet été prise à défaut que contre le Bayern (3-1) et face à l’Inter Milan (3-1), finaliste sortant.
Les Londoniens ont eux inscrit leurs trois buts en première période.
L’avant-centre Viktor Gyökeres, critiqué pour son rendement insuffisant, a ouvert le score (3e, 1-0), Kai Havertz a aussi marqué pour sa première titularisation de la saison (15e, 2-1) et Gabriel Martinelli a inscrit le dernier but de la soirée (36e, 3-1).
L’entrant Gabriel Jesus a aussi marqué en seconde période, mais son but a été invalidé pour un hors-jeu (87e).
L’Inter s’impose à Dortmund, mais doit passer par les barrages
Grâce notamment à un coup franc de Federico Dimarco, l’Inter Milan est allé s’imposer sur la pelouse du Borussia Dortmund (2-0), une victoire qui ne suffit pas aux finalistes de 2025 pour éviter les barrages.
Avec 15 points au compteur à l’issue des huit matchs de la phase de groupe, les coéquipiers de Lautaro Martinez terminent à la 9e place et affronteront soit Bodo/Glimt soit le Benfica Lisbonne en barrages, avec l’avantage de jouer le match retour à domicile.
Dortmund de son côté recule à 17e place et perd l’avantage du terrain pour le barrage retour, qu’il disputera soit contre le Bayer Leverkusen, soit contre l’Atalanta Bergame.
Le tirage au sort des barrages est prévu vendredi à la mi-journée.






