Ligue des Champions

Valverde sauve le Real Madrid; Liverpool du mauvais côté d’un « miracle »

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Les joueurs du Real Madrid célèbrent avec Federico Valverde. (Petros Giannakouris)

Mené à deux reprises, le Real Madrid a évité un nouveau naufrage et arraché une quatrième victoire en quatre journées de Ligue des champions mercredi sur la pelouse de l’AEK Athènes (3-2), grâce à un coup de canon de son capitaine Federico Valverde dans le temps additionnel.

À défaut d’être en maîtrise, le Roi d’Europe reste insubmersible, même quand il semble prendre l’eau, et capable de tout renverser sur le gong, s’il le faut.

Comme contre l’AS Rome (4-3), mi-octobre, et comme souvent ces dernières saisons, le Real a démontré mercredi qu’il ne fallait jamais l’enterrer, même lorsqu’il est mené à la 75e minute, car il conserve une force de frappe hors du commun.

Après le guerrier allemand Antonio Rüdiger, c’est cette fois le gladiateur Federico Valverde, entré en jeu en deuxième mi-temps, qui a joué les héros en catapultant un missile du droit dans le but grec, à la 92e minute, pour hisser le géant espagnol (2e) à hauteur du PSG (1er, 12 points).

Un coup de poignard pour l’AEK (30e, 3 points), qui pensait créer l’exploit, et qui a terminé à dix après l’exclusion de son buteur mauritanien Aboubakary Koita.

« Évidemment, je préfère gagner facilement, comme à Santander, 3-0 à la mi-temps. Mais gagner ainsi, en fin de match, cela te donne un sentiment incroyable. On dit souvent que c’est de la chance, mais quand les choses vous sont totalement contraires, je crois qu’il n’y a que nous qui pouvons gagner ce genre de matchs », a réagi l’entraîneur madrilène José Mourinho.

À la Madrid

Le gardien belge Thibaut Courtois, qui avait enfin vécu un après-midi tranquille le week-end dernier à Santander, a dû ressortir sa cape de sauveur dès la cinquième minute pour empêcher le Serbe Mijat Gacinovic, servi en retrait par l’ancien Rennais Lovro Majer, d’ouvrir le score (5e).

Il est cependant resté de marbre, quelques minutes plus tard, face à l’enchaînement ultra-rapide de Koita, qui a surpris toute la défense madrilène pour donner l’avantage aux locaux (12e, 1-0), et devenir, sur le coup, le premier joueur mauritanien à marquer un but en Ligue des champions.

Passeur décisif sur cette action, le Serbe Luka Jovic, ex-recrue phare du Real en 2019, a bien failli punir son ancien club, mais il a encore trouvé Courtois sur sa route (17e).

Les stars madrilènes, Kylian Mbappé (21e), Vinicius Junior (26e) et Yan Diomandé (27e), ont chacun à leur tour tenté de relancer leur équipe, mais c’est Jude Bellingham qui y est parvenu, en coupant un centre tendu de Marc Cucurella d’une superbe Madjer du gauche (32e, 1-1).

Le milieu anglais avait pensé égaliser quelques instants plus tôt en déviant au fond une nouvelle tentative de son compère brésilien (28e), mais il était légèrement hors-jeu.

Au retour des vestiaires, les Merengues ont poussé fort pour prendre l’avantage. Mais ils ont buté sur une défense grecque épatante, et Mbappé a d’abord manqué de justesse dans le dernier geste (62e, 65e, 71e), avant de ramener les deux équipes à égalité (78e, 2-2), répondant à une contre-attaque conclue par le latéral albanais Stavro Pilo (75e, 2-1).

L’attaquant français, auteur de son quatrième but en quatre journées, le 16e toutes compétitions confondues, a bien failli s’offrir un doublé, mais son tir a été dévié sur sa barre transversale par le gardien italien Alberto Brignoli (86e), qui n’a ensuite rien pu faire face au coup de canon de Valverde (90e+2, 3-2).

Liverpool trébuche à Istanbul

Le sans-faute de Liverpool en Ligue des champions a pris fin dans le chaudron de Fenerbahçe (3-2), à Istanbul, où le club anglais a été renversé après avoir mené deux fois au score.

Victorieux de leurs trois premiers matchs, les Reds n’auront pas réussi à imiter le Paris Saint-Germain et le Real Madrid, les deux seuls mastodontes du continent à avoir réussi la passe de quatre.

Une tête victorieuse de Vedat Muqi (79e) a offert au « Fener », sixième de Super Lig et récemment fragilisé par le départ de son entraîneur, une victoire de prestige, sa première de la campagne européenne.

« Nous avons réalisé un miracle ce soir », a réagi Dirk Kuyt, le manager par intérim, et ancien joueur de Liverpool. « Nous avons dit avant le match que nous aurions une chance si nous montrions de la passion, de l’énergie; si nous restions fidèles à notre plan de jeu, alors le public se rangerait derrière nous. »

La défense de Liverpool et le gardien Alisson Becker ont encore affiché de trop grandes fragilités pour tenir le choc, sous la pluie et les sifflets stridents de la nuit stambouliote.

Et l’attaque n’a pas réussi à masquer ces failles, contrairement aux films déjà vus contre l’Atlético Madrid (2-1) et, surtout, face à Linz (6-3) et Villarreal (4-3).

Andoni Iraola avait tenté un coup au coup d’envoi : aucun avant-centre de métier, mais trois ailiers titulaires, dont Bradley Barcola positionné en pointe, et cela n’a pas franchement fonctionné.

Le Français a traversé la rencontre sans briller, les accélérations certes spectaculaires de Rio Ngumoha ont été sans lendemain et Victor Munoz a été muselé, lui aussi.

À 1-1, l’entraîneur a fait entrer la cavalerie (Gakpo, Isak, Wirtz) et l’effet a été instantané : Cody Gakpo, de la droite, a adressé un centre qu’Alexander Isak a repris de la tête (69e, 2-1).

Mais les Turcs ont fait preuve d’une belle abnégation et ils ont égalisé par Archie Brown (73e, 2-2), quatre minutes après, exactement comme ils l’avaient fait avec Mason Greenwood (29e, 1-1) après l’ouverture du score de Trey Nyoni (25e, 0-1).

L’ancien attaquant de l’OM, très remuant, a tiré un coup franc dans le mur rouge de Liverpool où se trouvait le défenseur Jérémy Jacquet, qui a dévié la trajectoire du ballon et pris son gardien à contre-pied.

Malheureux, Liverpool ? Pas toujours. Le club visiteur a été verni quand l’arbitre Clément Turpin n’a pas sifflé un pénalty contre Kostas Tsmikas, pourtant auteur d’une poussette des deux mains sur Greenwood (23e).

Et il a été chanceux de voir Irfan Can Kahveci, au bout d’une contre-attaque, envoyé sa reprise à bout portant sur la barre transversale (27e).

Fenerbahçe avec ses Français N’Golo Kanté et Matéo Guendouzi a réalisé le coup parfait et mis fin à une longue série : le club turc restait sur dix matchs sans victoire en Ligue des champions, hors qualifications.

Haaland à la rescousse de Man City

Dans une rencontre qui s’est animée en seconde période, Manchester City a arraché la victoire à Leipzig dans le dernier quart d’heure grâce à son capitaine Erling Haaland (3-2).

Avec 9 points sur 12 possibles, les hommes d’Enzo Maresca ont bien surmonté le lourd revers (4-2) contre le Paris SG sur leur pelouse il y a trois semaines, en enchaînant deux succès contre l’AEK Athènes (5-1) il y a deux semaines et à Leipzig (3-2).

Les Citizens intègrent un groupe de neuf équipes à un point derrière Arsenal (10) et à trois points du PSG et du Real Madrid (12), les deux seules équipes ayant remporté leur quatre premiers matchs de la phase de groupe.

Dans le froid automnal sous les 5 degrés Celsius, les coéquipiers d’Erling Haaland ont été très peu en vue en première période, regagnant les vestiaires avec un but d’avance, un peu contre le cours du jeu.

Ils ont profité d’une erreur du défenseur français de Leipzig Castello Lukeba, qui a taclé le ballon dans son propre but sur un centre de Nico O’Reilly, alors qu’il n’y avait aucun joueur de Manchester City derrière lui (1-0, 37e).

Si l’égalisation pour Leipzig était logique, les Citizens se sont montrés une nouvelle fois réalistes à l’heure de jeu. Sur un débordement sur son aile gauche, Iliman Ndiaye a trouvé Enzo Fernandez au coeur de la surface de Leipzig. L’international argentin n’a laissé aucune chance à Maarten Vandevoordt pour redonner l’avantage à son équipe (2-1, 58e).

Mais la défense de City a une nouvelle fois montré des lacunes et sur une balle mal renvoyée après une remontée de Brajan Gruda, Christopher Nkunku a pu trouver Nusa. L’international norvégien a contrôlé puis frappé pour égaliser pour Leipzig (2-2, 61e).

Mais à la 78e minute, Haaland s’est montré au bon moment, alors qu’il avait été complètement transparent pendant toute la rencontre. Sur un centre d’Elliot Anderson, le Norvégien s’est trouvé tout seul au second poteau et a poussé la balle dans le but vide.

Dans les 10 dernières minutes, David Raum a trouvé la barre transversale de Donnarumma sur un coup franc direct (81e), et Rayan Cherki a lui aussi trouvé les montants de Vandevoordt (84e).

Lens écrasé 9-1 par Côme

Le RC Lens, complètement dépassé, a été étrillé 9-1 contre Côme au stade Bollaert, son troisième revers consécutif dans la compétition.

Anastasios Douvikas (7e, 32e, 57e), Nico Paz (40e), Lucas Da Cunha (47e), Marc-Olivier Kempf (53e), Mattia Liberali (62e), Martin Baturina (69e) et Matteo Papaccioli (90+2) ont participé au naufrage des Sang et Or, qui ont sauvé l’honneur par Ruben Aguilar (65e).

C’est la plus lourde défaite d’un club français en C1.

Porto s’offre Naples et sa première victoire

Porto a décroché sa première victoire de la saison en Ligue des champions face à Naples (4-1).

Devant leur public, les champions du Portugal ont ouvert la marque sur une tête de Jan Bednarek (11e), mais le Napoli a répliqué juste avant la pause (43e) par Scott McTominay. Porto a logiquement repris l’avantage sur un contre conclu par Gabri Veiga (71e). Jakob Kiwior a ajouté toujours, un troisième but à la 80e minute.

La soirée du Napoli a viré au cauchemar avec l’exclusion de Rafa Marin (88e) et un penalty transformé par Samu Aghehowa (90e). 

Battu lors des trois premières journées, Porto s’est replacé à la 26e place au classement de la phase de ligue.

Naples reste de son côté bloqué à trois points, juste derrière son adversaire du soir (27e), et n’arrive pas à sortir d’une spirale négative : le vice-champion d’Italie 2026 n’a gagné que trois de ses sept derniers matchs toutes compétitions confondues et son entraîneur Massimiliano Allegri, arrivé cet été, est de plus en plus contesté.