Ligue des Champions

Le Real Madrid éclipse encore Manchester City

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Vinicius Junior (Dave Thompson/AP)

Le Real Madrid, avec Kylian Mbappé de retour, a surfé sur son triomphe de l’aller (3-0) et finit le travail au retour (2-1) contre Manchester City, sa victime préférée, de nouveau éliminée très tôt en Ligue des champions.

Le géant espagnol aux quinze titres, un record, reste en vie dans sa compétition fétiche, après avoir encore emporté sur sa route l’équipe de Pep Guardiola, en déclin sur la plus grande scène continentale.

Manchester City avait fait des quarts de finale son habitat naturel pendant sept années d’affilée, de 2018 à 2024. Mais il a glissé dès les barrages l’an dernier et cette fois en huitièmes de finale, à chaque fois contre le Real.

Le club du nord de l’Angleterre a subi la loi de la Maison blanche pour la quatrième fois en cinq saisons, ce qui ressemble à une malédiction.

Mais les Espagnols n’ont pas volé leur qualification, au contraire. Après le capitaine Federico Valverde, auteur d’un inattendu triplé à l’aller, c’est le gardien Thibaut Courtois qui a enfilé la cape de super-héros, avant sa sortie sur blessure à la mi-temps.

Cerise sur le gâteau, le Real a retrouvé sa pépite d’attaque, le Français Kylian Mbappé, surgi du banc des remplaçants en seconde période et visiblement pleinement rétabli de l’entorse à un genou qui l’a mis près d’un mois à l’infirmerie.

Sauf improbable revirement, le capitaine des Bleus et ses coéquipiers croiseront la route d’un autre poids lourd européen au tour suivant, le Bayern Munich, qui a fait exploser l’Atalanta Bergame (6-1) avant le retour, mercredi.

City à dix

A l’Etihad stadium, il y avait la fièvre des grands soirs, des merveilleux acteurs sur la pelouse, mais la remontada espérée par les Sky Blues n’est restée qu’au stade du projet fantasmé.

Le Real Madrid a déjoué le piège avec sang froid, avec expérience et avec un Courtois des grands soirs pour colmater les brèches.

Le public a assisté à une incroyable première période, débutée à 200 à l’heure et arrosée d’une pluie d’occasions, riche en gestes techniques de haute volée et achevée sur un score de parité (1-1), mais en déséquilibre numérique.

Bernardo Silva a en effet laissé les Mancuniens à dix, dès la 20e minute, après avoir repoussé du coude un tir de Vinicius, une faute que la VAR a soufflé à l’oreille de l’arbitre Clément Turpin après une longue attente.

Double peine pour City: son capitaine est exclu, et Vinicius transforme le pénalty sans trembler (22e), devant le parcage visiteurs.

Même en infériorité numérique, les locaux ont continué de pousser et ils ont été récompensés sur une percée dans la surface de Jérémy Doku, dont le centre contré a été repris, presque au ralenti, par Erling Haaland (41e, 1-1).

Le géant endormi s’est réveillé avec ce premier but depuis le 11 février, son cinquième seulement depuis Noël, et il a failli récidiver devant Andriy Lunin (50e). Mais c’était trop peu, trop tard.

Le Real avait éteint le feu d’artifice des premières minutes avec Courtois devant Rayan Cherki (3e), Rodri (4e) et Haaland (23e).

Même à dix, même sans grand espoir, Manchester City a réussi à faire craquer deux fois la défense adverse après la mi-temps, par Doku (63e) et Rayan Aït-Nouri (78e), mais les deux buts ont été annulés pour hors-jeu.

Le Real a connu un sort identique, deux fois aussi avec Valverde (81e) et Vinicius (90e+1), mais le Brésilien est allé chercher son doublé dans les ultimes secondes (90e+3).

Barcola, un travail qui paye pour le PSG

En pleine confiance, l’attaquant français du PSG Bradley Barcola a confirmé mardi le retour de son efficacité face à Chelsea (3-0) en huitième de finale retour, grâce à un travail intense devant le but ces dernières semaines.

Mais sa sortie à l’heure de jeu après un coup reçu à la jambe droite pourrait faire naitre quelques inquiétudes à son sujet.

Déjà buteur au match aller au Parc des Princes, l’ancien Lyonnais s’est de nouveau illustré sur un enchaînement de grande classe à Stamford Bridge: un contrôle du pied du gauche, un petit pas en arrière et une frappe limipide et puissante en demi-volée en pleine lucarne (2-0, 14e), à la suite d’un bon travail de Warren Zaïre-Emery et Achraf Hakimi.

Celui qui n’avait pas marqué pendant plus d’un an dans un match européen a retrouvé de sa superbe et une pleine confiance dans la surface adverse: deux buts en deux matches de C1 d’affilée.

A 23 ans, c’est la première fois de sa carrière qu’il marque lors de quatre matches consécutifs, marchant peut-être sur les pas de son ami et coéquipier Ousmane Dembélé, qui s’est mué l’année dernière en buteur frénétique.

Après avoir enchainé de nombreux matches avec beaucoup de déchets offensifs, il traverse actuellement une excellente période, confiant qu’il a beaucoup travaillé pour devenir plus précis.

Sorti en boitant et grimaçant

Interrogé la semaine dernière sur ses nombreuses occasions manquées, il a affirmé que cela se jouait dans la tête: « ce n’est pas forcément un problème pour moi, parce que j’arrive à me procurer des occasions. Au début, je pensais que c’était un manque de confiance, mais je ne le crois pas maintenant, et je ne me décourage pas. Je ne pense pas que ce soit mental, et je travaille devant le but à l’entraînement », expliquait-il la semaine dernière.

Son travail a donc payé car comme le Géorgien Khvicha Kvaratskhelia, l’ailier français a participé grandement à la qualification en quart de finale de Ligue des champions, et au réveil des champions d’Europe en titre, qui semblent avoir lancé pleinement leur campagne européenne.

Selon une source proche du joueur, dès que le joueur a de l’espace, il peut faire partie du top 3 mondial avec sa finesse tactique et ses courses à haute intensité. Sa vitesse est tellement fluide que son effort est peu visible, a-t-elle ajouté.

Il a été tout proche d’un doublé après une course folle de plus 70 mètres mais son tir en force au bout de l’effort a été repoussé par Robert Sanchez (43e), sachant qu’il aurait aussi pu faire le choix de la passe.

Dix minutes avant, il avait aussi fait la différence face au défenseur londonien Jorrel Hato, avant de pousser un peu trop loin son ballon et de frapper trop croisé (33e). Il a aussi été généreux dans les efforts défensifs à l’image d’un retour sur Marc Cucurella (25e).

Comme lors de la manche aller, son activité et son pressing ont été impressionnants, en enchaînant donc de grandes courses et de délicieux gestes techniques.

Sa soirée aurait pu être parfaite jusqu’à ce coup reçu à la jambe droite (53e) lors d’un contact avec Joao Pedro, qui l’a poussé à sortir en boitant à l’heure de jeu (59e) et à rentrer grimaçant directement au vestiaire.

Lui qui est l’un des seuls joueurs de l’effectif parisien à n’avoir connu aucune blessure cette saison, hormis une légère fatigue musculaire à la cuisse en septembre, souhaite évidemment ne pas stopper sa bonne dynamique.

En fin de contrat en juin 2028 et actuellement en négociations pour prolonger ou non, Barcola a affirmé être « content d’être au PSG aujourd’hui », et cela s’est donc vu pleinement en une semaine.

Le bijou d’Eze envoie Arsenal

Arsenal s’est logiquement imposé à domicile contre le Bayer Leverkusen (2-0), grâce notamment à un superbe but d’Eberechi Eze, et poursuit son chemin en quarts de finale, où il affrontera le Sporting.

Auteur du parcours parfait lors de la phase de groupe avec huit victoires en autant de rencontres, Arsenal rejoint pour la troisième saison consécutive les quarts de finale de la C1 (élimination en quarts par le Bayern en 2024 et par le Paris SG en demies en 2025).

Le club londonien n’avait pas réalisé un tel enchaînement depuis la fin des années 2000, avec une demi-finale en 2008, un quart en 2009, et à nouveau une demie en 2010.

Six jours après avoir arraché le match nul (1-1) en toute fin de rencontre sur un penalty très généreusement accordé, les hommes de Mikel Arteta ont dominé les débats sur leur pelouse de l’Emirates mardi soir.

Absent au match aller, Trossard a retrouvé sa place dans l’animation offensive d’Arsenal, offrant plus de solutions en attaque dans la projection du jeu londonien vers l’avant.

Ils ont pris les devants au score à la 36e minute sur un bijour de leur attaquant anglais Eberechi Eze. Sur une récupération haute de Piero Hincapié, Leandro Trossard a trouvé Eze après un enchaînement à une touche de balle avec Declan Rice.

Eze a alors contrôlé du pied gauche et frappé du pied droit, un tir parfaitement équilibré et surpuissant qui a pris de vitesse le gardien de Leverkusen Janis Blaswich de vitesse pour ouvrir le score.

Dominateur dans le jeu, Arsenal a longtemps buté sur Blaswich dans la première demi-heure, à l’image de Trossard, dont la frappe a été repoussée du bout des doigts par le gardien allemand pour la première grosse occasion londonienne (15e).

Rice met Arsenal à l’abri

Cette action a marqué le début d’une vingtaine de minutes de fort pressing sur le but de Blaswich, auteur de plusieurs parades de grande classe face à Rice (23e), Saka (27e) ou Trossard (31e).

Comme à l’aller à la BayArena, l’attaquant de Leverkusen Christian Kofane a une nouvelle fois mis en difficulté la charnière centrale d’Arsenal, composée de William Saliba et Gabriel, mais a été un peu seul dans les rares phases offensives du “Werkself” (le onze de l’usine, surnom de l’équipe du club fondée en 1904 par le chimiste Bayer).

En seconde période, Arsenal est parvenu à se mettre à l’abri d’un retour de Leverkusen à l’heure, grâce à son milieu défensif Declan Rice.

Sur une phase de pressing, l’international anglais a récupéré la balle à 30 mètres du but de Blaswich, profitant d’une relance très approximative de l’extérieur du pied gauche d’Alejandro Grimaldo. Rice a ensuite contrôlé et frappé à l’entrée de la surface de l’intérieur du pied pour mettre la balle hors de portée de Blaswich (63e).

Avant ce but de Rice, l’avant-centre suédois d’Arsenal Viktor Gyökeres s’était montré menaçant à deux reprises, en débordant et en centrant fort, puis d’une frappe contrée en corner (62e).

Dans la dernière demi-heure, Arteta a pu faire tourner son équipe, sans perdre en qualité.

Large leader du championnat anglais (9 points d’avance avec un match en plus au compteur), Arsenal reste ainsi en lice sur quatre tableaux, et peut remporter un premier trophée cette saison dès dimanche avec la finale de la Coupe de la Ligue contre Manchester City, son premier poursuivant en Premier League.