Ligue des Champions

Manchester United éteint la colère de ses partisans; le Barça se replace

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Catastrophique et mené 2-0 à la mi-temps, Manchester United a produit une seconde période enfiévrée et renversé l’AS Rome (3-2) en Ligue des champions, mardi dans un Old Trafford d’abord frondeur puis euphorique.

Un doublé tardif de l’attaquant Matheus Cunha (83e, 86e), pour compléter le comeback, a permis aux Red Devils de mettre derrière eux une série de neuf matches sans victoire, toutes compétitions confondues, et à l’entraîneur Michael Carrick de sauver son poste, au moins à court terme.

« Cet endroit est capable de provoquer des choses incroyables, presque magiques. À la mi-temps, j’ai notamment parlé de la manière dont l’atmosphère de ce stade pouvait changer, qu’il suffisait parfois d’un seul instant pour tout faire basculer », a raconté l’entraîneur anglais.

Le « théâtre des rêves », surnom d’Old Trafford, a en effet connu deux actes complètement opposés qui ont reconvoqué la dramaturgie des grands renversements européens de Manchester.

En lever de rideau, les supporters ont montré leur colère à l’encontre des propriétaires en déployant des ballons jaune et vert, les couleurs originelles du club.

Le vent de la révolte a soufflé autour de la 20e minute, à 0-2, quand des boulettes de papier ont atterri sur la pelouse, ralentissant la reprise du jeu, et redoublé d’intensité à la mi-temps, accueillie par des huées.

Les Red Devils avaient tout fait à l’envers jusqu’ici, surtout en défense, leur véritable talon d’Achille où ils n’ont pas recruté cet été, malgré des manques criants.

La Roma a profité d’un trou béant, là où aurait dû se trouver l’arrière gauche Diogo Dalot, sur l’ouverture du score. Matias Soulé a eu le temps de contrôler tranquillement et d’ajuster le gardien (11e, 0-1).

Même faille, même punition cinq minutes après, sur une action certes stoppée, mais du bras, par le jeune Ayden Heaven. Donyell Malen a transformé le penalty (18e, 0-2), d’un contre-pied parfait, son 12e but en 13 matches cette saison.

Le scénario cauchemar, quelques jours après Halloween, s’est prolongé trente secondes après la reprise quand Carlos Baleba a été fauché, devant le but italien, par une soudaine blessure musculaire (46e).

Pourtant, la chevauchée offensive du jeune milieu a comme rallumé la flamme chez les Red Devils, devenus déterminés, agressifs dans les duels et menaçants devant au cours d’une seconde période à leur main.

Leur réveil a aussi été aidé par des décisions arbitrales favorables. Ils ont obtenu un penalty contestable, que Bruno Fernandes a d’abord manqué (arrêt du gardien), et le capitaine a eu la chance de le retirer, avec réussite (58e, 1-2) car les Italiens étaient entrés dans la surface.

Mais il n’y avait plus que des vagues rouges, ou presque, à l’image de ce tir de Bryan Mbeumo qui a heurté un poteau, puis l’autre (59e), cette tête de Harry Maguire contrée (67e), ou encore cette tentative de Cunha déjouée par le gardien (77e).

Cet échec n’a rendu que plus beau le doublé de l’attaquant brésilien, plein de sang froid pour exploiter un ballon manqué par Leonardo Balerdi (83e, 2-2), et plein de rage au moment d’envoyer une mine dans les filets de Devis Vasquez (86e, 3-2).

Fou de bonheur, Cunha a retiré son maillot et plongé, torse nu, parmi ses supporters.

Cela lui a valu un avertissement, puis une expulsion quelques secondes après, quand un tacle trop engagé lui a valu un second carton jaune (90e+1).

Le public d’Old Trafford a quand même applaudi son guerrier et célébré avec un rugissement cette première victoire depuis le 10 septembre.

« Ils (les supporters) ont été habitués à voir ce club au sommet, remporter des trophées et gagner des matchs chaque semaine. Alors, pour eux, c’est extrêmement frustrant de voir le club dans cette situation », a commenté Bruno Fernandes. « J’espère que la victoire d’aujourd’hui marquera le début de quelque chose de positif pour nous. »

Le Barça redémarre

Sous un déluge au Camp Nou, Barcelone a décroché un beau succès face à Aston Villa (3-0), qui comptait jusqu’ici trois victoires en autant de journées. Dominés par le PSG (4-2) puis par le Real lors du Classico (2-1), les Blaugranas se rassurent, deuxièmes avec neuf points.

Les Catalans ont d’abord profité d’une erreur de relance des Villans, offrant un cadeau que Lamine Yamal s’est chargé de propulser dans les filets d’un bel enroulé du gauche (7e). Raphinha (52e, 64e) a alourdi la marque.

L’affiche de la soirée entre l’Atlético Madrid et le Bayern Munich a elle profité aux Bavarois (2-0), qui restaient sur deux nuls.

Si le Ballon d’Or Harry Kane a été muet, le jeune Lennart Karl, 18 ans, a profité d’une perte de balle de Robin Le Normand dans sa surface pour faire sauter le verrou des Colchoneros (54e), trop timides offensivement pour renverser la partie, dont Konrad Laimer a scellé l’issue d’une frappe surpuissante (74e).

Plombé par deux défaites consécutives face au Real et Bruges pour entamer sa campagne européenne, l’Inter a confirmé son redressement avec une nette victoire à Rotterdam contre le Feyenoord (3-0).

Les Interistes affichent le même bilan (6 points) et la même dynamique (deux défaites puis deux victoires) que Galatasaray, qui a dominé Stuttgart 2-0 grâce à un doublé du jeune milieu russe Alexeï Batrakov.

Le Sporting Portugal, quart de finaliste l’an passé et qui devrait bientôt voir arriver à sa tête l’ex-entraîneur de Lyon Paulo Fonseca, a lui battu sans briller le Chakhtar Donetsk à Londres (1-0) et pointe dans le top-8 avec 9 points.

Déjà sous pression avec trois revers, Lille n’a pu faire mieux qu’un triste nul 0-0 sur la pelouse synthétique de Bodoe/Glimt, en Norvège au nord du cercle polaire. De quoi débloquer son compteur, mais insuffisant pour viser une qualification.