Le Bayern Munich, porté par un grand Michael Olise, s’est ouvert grandes les portes de la qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions en allant s’imposer 6-1 face à l’Atalanta Bergame, mardi soir, en huitièmes de finale aller.
Seule ombre au tableau pour le Bayern, la sortie en larmes du latéral Alphonso Davies, qui a quitté 25 minutes seulement après son entrée sur le terrain.
À la 70e minute et lors d’un jeu qui semblait banal, Davies a reçu une passe et a immédiatement passé le ballon vers Jonathan Tah. Visiblement en douleur et émotif, Davies s’est plié accroupi sur le terrain. L’arbitre a arrêté le match et Davies a quitté le terrain par lui-même. Tom Bischof l’a remplacé à la 71e minute.
L’international canadien effectuait d’ailleurs son retour au jeu après une absence de trois semaines. Il n’a disputé que 13 matchs cette saison.
Sans son buteur Harry Kane, laissé sur le banc, le club bavarois a d’entrée marqué son territoire grâce à trois buts en à peine 25 minutes de jeu, signés Josip Stanicic (12e), Michael Olise (22e) et Serge Gnabry (25e).
Face à une équipe bergamasque submergée, l’ogre bavarois a poursuivi son récital en ajoutant trois réalisations supplémentaires, dont un bijou d’Olise (64e).
L’Atlético Madrid enfonce Tottenham et pose un pied en quarts
Aidé par sa pelouse du Metropolitano et par les glissades des joueurs adverses, l’Atlético Madrid d’Antoine Griezmann s’est sérieusement rapproché des quarts de finale en enfonçant Tottenham (5-2) en huitièmes aller.
L’Atlético n’aurait, sans doute, pas eu besoin de cela pour l’emporter, face à une équipe londonienne en lutte pour sa survie en Premier League. Mais il a, quand même, reçu une sacrée aide de la part de sa pelouse gorgée d’eau, dans laquelle les Spurs se sont littéralement pris les pieds dans le tapis.
Le cauchemar anglais a eu un visage: celui du malheureux gardien tchèque Antonin Kinsky, titularisé pour la première fois de sa carrière en C1 et rentré au vestiaire inconsolable dès la 17e minute après avoir offert deux buts gag aux Colchoneros. Le premier après une glissade (6e, Marcos Llorente), le deuxième après une passe ratée (15e, Julian Alvarez). Entre-temps, le défenseur Micky van de Ven avait lui aussi glissé et permis à Griezmann de faire le break (14e).
Le jeune portier de 22 ans, préféré à l’Italien Guglielmo Vicario après la série de cinq défaites consécutives des Spurs, 16es du championnat anglais, est tristement rentré dans l’histoire de la compétition: jamais une équipe n’avait été menée 3-0 en quinze minutes en Ligue des champions en phase à élimination directe, selon le statisticien Opta.
« Nous avons profité de leurs erreurs, mais nous avons aussi fait un grand match, en mettant beaucoup d’intensité. Il faut continuer comme cela et ne pas reproduire ce qui s’est passé contre le Barça (victoire 4-0 à l’aller, défaite 3-0 au retour) », a réagi Antoine Griezmann après la rencontre, en confirmant qu’il resterait bien à l’Atlético jusqu’à la fin de la saison.
Portes ouvertes
Le calvaire ne s’est pas arrêté à la sortie de Kinsky pour les hommes d’Igor Tudor, ex-coach de l’OM désemparé sur son banc. Et Vicario, bien plus expérimenté que le Tchèque, n’a guère fait mieux sur sa ligne.
L’Italien s’est en effet incliné deux fois de plus, d’abord sur un coup franc d’Antoine Griezmann repris de la tête par le défenseur franco-espagnol Robin Le Normand (22e, 4-0), puis en seconde période face à l’Argentin Julian Alvarez, auteur d’un doublé en contre (55e, 5-1).
Les Spurs, emmenés par les anciens de Ligue 1 Mathys Tel, Randal Kolo Muani et Pape Matar Sarr, ont entre-temps sauvé l’honneur grâce au latéral espagnol Pedro Porro (26e, 4-1). Mais une grande partie des supporters anglais avaient déjà quitté les gradins, dépités par une telle humiliation.
Ils auront, au final, manqué un deuxième but inscrit à l’orgueil par Dominic Solanke (76e, 5-2), sanctionnant une mauvaise relance du gardien rojiblanco Jan Oblak.
Leur peine aurait peut-être été un peu moins grande, leurs espoirs pas encore complètement anéantis, si le capitaine Cristian Romero, sonné en fin de match par son propre coéquipier Joao Palhinha, avait immédiatement réduit le score à 4-2 à la 36e minute.
Mais le défenseur argentin a trouvé le poteau, signe que cette soirée était dans tous les cas condamnée à basculer en faveur des hommes de Diego Simeone, désormais en position idéale pour rejoindre les quarts - à moins d’un exploit retentissant, mercredi prochain au Tottenham Hotspur Stadium.
Barcelone résiste à la furia de Newcastle
Le Barça, en apnée, s’est arraché à la pression d’une équipe de Newcastle (1-1) sans star mais au grand coeur, mardi avec l’aide d’un pénalty de dernière minute converti par Lamine Yamal en huitième de finale aller de Ligue des champions.
Une fin de match haletante, mais décevante pour les locaux, a laissé les si bruyants supporters de Newcastle totalement sonnés, au bout d’une rencontre disputée avec panache par l’outsider anglais.
Le douzième de Premier League, pour le premier huitième de finale de son histoire, a regardé dans les yeux l’actuel leader de Liga aux cinq étoiles européennes, dans l’ambiance survoltée de St James’ Park.
Mais le rêve entrevu après l’ouverture du score de Harvey Barnes (86e, 1-0) s’est envolé après un croche-pied coupable de Malick Thiaw sur Dani Olmo, qui a donné une balle d’égalisation à Yamal (90e+6, 1-1), la jeune étoile du Barcelone si discrète jusqu’ici.
Le résultat final donnera des regrets aux Magpies, gonflés à bloc et entreprenants du début à la fin, mais la porte des quarts de finale reste ouverte avant la manche retour, la semaine prochaine au Camp-Nou.
« Il y a de l’espoir, bien sûr. Nous croyons en nous, en nos capacités, je pense qu’on l’a vu aujourd’hui », a commenté l’entraîneur anglais, Eddie Howe, sur Amazon Prime.
Le dénouement est « très dur » à encaisser, mais la performance d’ensemble a été « exceptionnelle », a-t-il souligné. « Nous avons maintenu une grosse intensité, ce qui est très difficile à faire contre eux pendant aussi longtemps. Ce moment à la fin ternit évidemment tout ça mais je pense que c’est l’une de nos meilleures prestations ».
Yamal contenu
Le Barça avait déjà goûté à la furia de St James’ Park en septembre, en phase de ligue (2-1), mais ils ont dû faire face à une « Toon Army » de supporters encore plus surexcités qu’à l’accoutumée, prêts à s’enflammer à la moindre décharge d’électricité.
Les Magpies ont su souffler sur la braise des grands soirs en bousculant d’entrée les Barcelonais, au sens propre comme au figuré, à l’image du pressing de Will Osula sur le gardien Joan Garcia et du tampon régulier de Joelinton sur Lamine Yamal après moins de trois minutes.
Le jeune ailier vedette a eu peu d’espace pour libérer son génie, comme ses partenaires d’attaque Raphinha et Robert Lewandowski, réduits à ramasser quelques miettes par-ci, par-là.
De l’autre côté du terrain, Anthony Elanga a fait chauffer les gants de Joan Garcia, deux fois (16e, 33e). Mais Newcastle, bien que dominateur, n’a pas eu de grandes occasions franches à se mettre sous la dent, du moins jusqu’à la mi-temps.
Les locaux ont pourtant continué d’attaquer dans le deuxième acte. Leurs ambitions se sont d’abord heurtées à un poteau, sur une frappe bien enroulée par Barnes (74e), avant le but de l’ailier anglais.
L’entrée de Marcus Rashford, auteur d’un doublé en septembre dans le même stade, a rappelé de mauvais souvenirs aux supporters. Mais c’est Yamal, forfait à cette époque, qui a eu le dernier mot à la dernière seconde.
« Si vous m’aviez dit avant le match qu’on allait faire 1-1, j’aurais été heureux, a affirmé l’entraîneur des visiteurs, Hansi Flick, en conférence d’après-match. D’un côté, le Barça n’a « pas fait un bon match » quand il avait la possession du ballon, mais « ce que j’ai beaucoup apprécié, c’est que nous avons défendu ensemble ».
Galatasaray fait encore chuter Liverpool
Déjà tombeur des Reds en phase de ligue, Galatasaray a encore fait chuter Liverpool (1-0) en huitièmes de finale aller à Istanbul.
Les Turcs, qui s’étaient imposés sur le même score fin septembre, ont cette fois battu les Anglais grâce à un but de Mario Lemina (7e). Ils s’offrent un nouveau succès face à un grand d’Europe après avoir éliminé la Juventus en barrages fin février.
Le club stambouliote confirme aussi qu’il est quasi invincible dans son antre assourdissant. Avant leurs retrouvailles avec les Reds, les Rouge et Jaune n’avaient concédé qu’une seule défaite sur leurs 44 derniers matches à domicile toutes compétitions confondues.
« C’est un stade très difficile. Tant pour les joueurs adverses que pour les entraîneurs. Il est difficile de se concentrer et de communiquer », a déclaré le coach de Liverpool Arne Slot en conférence d’après-match.
Mais le plus dur reste à faire pour Galatasaray, beaucoup moins performant à l’extérieur, qui se rendra à Anfield mercredi prochain avec le plus court des avantages.
« Nous voulons également gagner là-bas, nous voulons atteindre les quarts de finale », a assuré Mario Lemina, désigné joueur du match.
Dans une meilleure dynamique que lors de sa première venue dans ce même stade, Liverpool, troisième à l’issue de la phase de ligue fin janvier, a donc encore buté sur les Turcs.
Les champions d’Angleterre en titre avaient pourtant mis sous pression d’entrée le leader du championnat de Turquie. Mais ce sont les joueurs du Bosphore qui ont ouvert le score contre le cours du jeu.
Sur un corner de Gabriel Sara, Victor Osimhen a remis de la tête le ballon vers le premier poteau, où l’ancien joueur de Marseille et Nice Mario Lemina l’a poussé au fond des filets (7e, 1-0).
Deux buts annulés
Les Anglais ont tenté de réagir, mais la frappe de Florian Wirtz a été repoussée par le gardien Ugurcan Cakır (16e) et celle d’Ibrahima Konaté est passée de peu au-dessus (18e).
Dans la cage de Liverpool, Giorgi Mamardashvili, qui remplaçait Alisson Becker blessé, s’est interposé sur une tentative de Noa Lang (22e), puis face à une tête puissante de Davinson Sanchez (24e).
Liverpool n’a plus montré grand chose jusqu’à la pause, à l’image d’un Mohamed Salah beaucoup trop discret.
Incapables d’égaliser, les Reds ont même failli être menés 2-0, mais le but de Victor Osimhen à la 62e minute a été refusé pour une position de hors-jeu de Baris Alper Yilmaz.
Les Reds ont eux gâché l’occasion de revenir au score quand le Français Hugo Ekitiké a perdu son face à face contre Cakir (66e). Puis c’est la VAR qui a annulé à nouveau un but, inscrit dans la confusion après un corner. Le ballon a touché plusieurs joueurs, dont Konaté, coupable d’une main (72e).
Distancé en championnat d’Angleterre (6e), Liverpool devra montrer un autre visage mercredi prochain pour espérer poursuivre son parcours en Ligue des champions, une compétition que le club de la Mersey a remportée pour la dernière fois en 2019.






