SLN
nslOpens in new window

L’optimisme d’un côté, les « vraies choses » de l’autre

Publié le 

LAVAL – Avec un coussin de sept points sur l’équipe qui était la mieux positionnée pour les priver d’une place dans les matchs éliminatoires, il serait tiré par les cheveux de dire que les Roses de Montréal sont entrées en séries par la porte arrière.

Et lorsqu’on atteint précisément l’objectif qu’on s’était fixé avant le début de la saison, il est important de prendre le temps de s’en féliciter.

Maintenant, est-ce que les Roses se lancent à la conquête de la coupe Diana B. Matheson dans les meilleures conditions? La réponse, pour bien des raisons, est non.

Il y a la forme actuelle de l’équipe qui n’est pas optimale. Quatre matchs de suite sans obtenir les trois points, avec une dernière victoire qui remonte au 18 septembre. C’est cette vilaine séquence qui a fini par reléguer les Roses au quatrième rang du tableau.

Malgré tout, ça sentait bon l’optimisme et la bonne humeur à l’entraînement. On s’encourageait en se disant que les séries, c’est un nouveau départ. « Les cartes sont remises à zéro », illustrait la vétérane Charlotte Bilbault.

« C’est absolument le moment de tourner la page et de se concentrer sur ce match parce que si tu ne gagnes pas la demi-finale, tu ne t’en vas pas en finale, raisonnait la défenseuse Stephanie Hill. T’as beau avoir eu une super belle saison, mais après ça on s’en fout. Si tu ne joues pas bien, tu n’avances pas. »

Des paroles gorgées de sagesse et de vérité, mais dont Mégane Sauvé avait décidé de s’éloigner. La cocapitaine a plutôt choisi d’appeler un chat un chat.

« Ça va être important qu’on s’assoit [...] et qu’on se dise les vraies choses. On a eu peu de succès devant le filet. Également au dernier match, défensivement il y a beaucoup d’erreurs qu’on n’avait pas reproduit dans les matchs d’avant.»

« Il faut s’assoir et se dire la vérité : on ne peut pas rentrer comme ça dans les séries, sinon ça ne sera pas un résultat positif pour nous. »

—  Mégane Sauvé

D’autant plus que l’adversaire devant est costaud. Jusqu’à la toute fin de la saison, les Roses étaient dans le coup pour décrocher la deuxième place au classement général. Cet accomplissement aurait été accompagné de deux avantages. Le premier : profiter de l’avantage du terrain en demi-finale. Le deuxième : éviter d’affronter Toronto.

L’AFC Toronto a été la puissance attendue en cette saison inaugurale de la Super Ligue du Nord. Après un lent départ qui l’a vu perdre ses deux premiers matchs, l’équipe n’a subi que quatre autres défaites en 23 parties, aucune depuis le mois d’août. Une récolte de 15 points de plus que Montréal au classement, avec une attaque qui a aussi fourni douze buts de plus.

Mais Montréal a quand même battu Toronto deux fois cette saison, les deux fois dans la Ville Reine. Et quatre des cinq duels entre les deux équipes se sont conclus par un écart d’un seul but. Dans une série aller-retour au total des buts, ça oblige à n’écarter aucun scénario.

« La saison est terminée, Toronto n’a aucun avantage maintenant », a clamé, en bon motivateur, l’entraîneur-chef Robert Rositoiu.

« Je m’attends à ce que ça soit serré. Ça peut aller, je pense, d’un côté comme de l’autre. Il y aura beaucoup d’émotions et dans ces moments, le risque de crash est quand même plus élevé, surtout quand tu as deux équipes qui veulent y aller. Mais je nous sens prêts et j’aime le fait qu’on joue contre Toronto parce qu’elles ne vont pas commencer à essayer de gagner du temps à la 60e minute. Ça joue. Je pense que pour les fans, à la télé, c’est exactement ce dont cette ligue a besoin. »

« C’est une équipe qui a beaucoup de diversité offensive, qui va aller chercher de la profondeur mais [avec des joueuses] qui sont très bonnes balle au pied, analyse Sauvé. C’est une équipe qui a de la qualité un peu partout. De notre côté, ça va être de rester un collectif qui est très serré, défensivement très discipliné. C’est ça qui ne s’est pas bien passé au dernier match, on n’était pas nécessairement disciplinés sur les lignes. Si on l’est, on sait qu’on est capables après de leur causer des problèmes. »

Boychuk toujours au ralenti

Sur le terrain du Complexe Multi-Sports de Laval, les Roses affichaient presque complet mercredi. Une excellente nouvelle en soi puisque comme le faisait remarquer Rositoiu, « au dernier match à Toronto, j’ai fait cinq changements et les cinq, c’était par obligation médicale. »

La plupart des joueuses qui avaient dû faire l’impasse sur le dernier match de la saison ont pratiqué avec le groupe. Seule l’attaquante Tanya Boychuk, qui ressent des symptômes reliés à une commotion cérébrale, s’est activée à l’écart.

Boychuk a raté les deux derniers matchs. Le personnel d’entraîneurs s’attendait à pouvoir compter sur elle plus tôt, mais Rositoiu affirme qu’elle a subi une « rechute » la semaine dernière. « Je pense que la décision la plus sage, ça serait de lui donner une semaine de plus », a dit le sélectionneur, qui a ajouté par la suite qu’il « pense » que l’autrice de six buts et quatre passes décisives cette saison sera sur le banc contre Toronto.

Montréal pourrait compter sur le retour de la milieu de terrain Noémi Paquin, inactive depuis un mois en raison d’une entorse à une cheville. Paquin avait inscrit deux buts et deux passes décisives dans les deux matchs précédant sa blessure.

La latérale droite Hailey Whitaker et la milieu Kang Chae-Rim semblent aussi sur la voie de la guérison.

« Après la séance forte d’aujourd’hui, c’est là qu’on va voir comment elles récupèrent et demain on va avoir plus de réponses, patientait l’entraîneur. Mais j’espère et je croise les doigts que tout le monde sera disponible. »

Rositoiu a aussi confirmé son intention d’envoyer Anna Karpenko entre les poteaux. L’Ontarienne avait cédé le rectangle à Gabrielle Lambert en août et les deux gardiennes ont partagé le filet, avec une charge de travail légèrement supérieure pour Karpenko, dans le dernier droit de la saison.