vendredi, 1 nov. 2013. 08:13

David Desharnais sait très bien que les choses sont au plus mal. Qu’il n’a pas encore marqué après 13 rencontres cette saison. Qu’il n’affiche qu’un but à ses 30 derniers matchs, incluant les cinq parties opposant le Canadien aux Sénateurs d’Ottawa en première ronde des séries le printemps dernier.

Le joueur de centre ne peut même pas se consoler avec une contribution régulière sur des buts enfilés par ses compagnons de trio puisqu’il s’est contenté d’une seule mention d’aide jusqu’ici cette année.

Tout ça, ou rien que ça, en dépit du fait que l’entraîneur-chef Michel Therrien a multiplié les scénarios visant à aider son joueur de centre à sortir de sa torpeur. À relancer sa saison. À redevenir le joueur de centre qui a marqué 16 buts et récolté 60 points en 81 matchs il y a deux ans.

Non seulement Desharnais profite-t-il de présences régulières à forces égales, mais ils continuent à obtenir du temps d’utilisation de grande qualité en avantage numérique.

Un cadeau dont il n’a pas su profiter.

L’accumulation de soirées infructueuses à l’attaque, mais aussi en défensive alors que Desharnais et ses compagnons de trio se sont rendus trop souvent coupables de revirements dangereux, pourrait bientôt inciter l’entraîneur-chef Michel Therrien à cesser d’afficher autant de générosité à son endroit.

Surtout que cette générosité de l’entraîneur-chef pourrait se retourner contre lui alors que plusieurs observateurs commencent à lui reprocher de contrevenir à sa philosophie selon laquelle le temps d’utilisation offert à ses joueurs est accordé en fonction des résultats obtenus sur la patinoire.

« Des décisions importantes s’en viennent », m’a d’ailleurs indiqué un membre de l’état-major.

Des décisions qui seront prises par l’entraîneur-chef et son directeur général puisque Michel Therrien et son patron Marc Bergevin travaillent de pair dans la gestion quotidienne des joueurs.

Le principal intéressé est bien conscient de la situation précaire dans laquelle il se retrouve. Il convient que son temps d’utilisation pourrait bientôt fondre comme neige au soleil. Il est aussi conscient qu’une rétrogradation au sein d’un quatrième trio, voire une exclusion pure et simple de l’alignement, lui pend au bout du nez avec les retours prochains de quelques-uns des blessés.

« Ce n’est pas comme si j’allais sur la patinoire avec l’intention de ne pas marquer. De ne pas contribuer aux succès de l’équipe. J’essaie de faire tout ce que je peux pour m’en sortir. Je travaille. Je patine. Mais c’est évident que les choses ne vont pas comme je voudrais. La seule chose qui me console est que l’équipe gagne. Mais j’ai hâte que ça débloque », a indiqué Desharnais que j’ai croisé dans le vestiaire du Canadien après l’entraînement de jeudi.

Pacioretty et papa Desharnais en renfort

Au Minnesota aujourd’hui, au Colorado samedi, Desharnais pourra compter sur la présence de son père Gilbert qui voyagera avec tous les autres papas des joueurs et membres de l’organisation du Tricolore. Une présence qui ne pourra certainement pas nuire au hockeyeur québécois.

Desharnais comptera surtout sur le retour au jeu de son complice et ami Max Pacioretty pour tenter de sortir du merdier dans lequel il s’enlise de plus en plus. Un retour au jeu qui devrait survenir samedi à Denver.

« Personne ne peut me relancer. Je suis le seul qui peut y arriver », a lancé Desharnais qui refuse d’imputer au système de jeu ou à ses compagnons de trio les ennuis qui se prolongent.

Et non! Desharnais n’est pas blessé. C’est du moins ce qu’il assure.

Un brin irrité, deux brins impatient, David Desharnais est bien conscient qu’en plus d’être ralenti par ses contre-performances, il l’est plus encore par des critiques qui viennent sur plusieurs fronts. Des critiques qui s’amplifient dès qu’il est question du contrat de 14 millions $ pour quatre ans que le Canadien lui a offert l’an dernier alors qu’une majorité de ses détracteurs accusent le joueur de centre de faire preuve de complaisance depuis que son avenir financier a été assuré.

S’il est capable de composer avec les critiques associées à son manque à gagner offensif, Desharnais semble vraiment blessé par les associations faites entre son long passage à vide et une complaisance associée à son contrat.

« C’est tellement loin de la vérité. Je me suis toujours battu pour avancer dans le hockey. Pour me rendre à la LNH. Ce contrat a récompensé ce que j’ai accompli dans le passé. Tu ne penses quand même pas que je veux m’arrêter là. Que je vais me contenter de ce que j’ai accompli. Je n’ai pas marqué mon dernier but dans la LNH », a lancé Desharnais avec conviction.

Pacioretty outré

Principal complice de David Desharnais depuis que le petit joueur de centre est venu le rejoindre à Montréal après que les deux joueurs eurent connu beaucoup de succès à Hamilton, avec les Bulldogs, en 2010-2011, Max Pacioretty est outré de lire et d’entendre les critiques adressées à Desharnais.

« Les amateurs et journalistes qui lancent toutes ces accusations à l’endroit de ce coéquipier qui est devenu un très bon ami au fil des années disent n’importe quoi. Ils ne savent pas de qui ils parlent. Ils ne savent pas de quoi ils parlent », a défilé Pacioretty.

Visiblement affecté par les ennuis de Desharnais sur la patinoire et les critiques qui le suivent à l’extérieur de la glace, Pacioretty ne peut concevoir que les efforts déployés par son coéquipier passent inaperçus.

« David traverse un moment difficile. C’est tout. Il est fier. Il prend les moyens pour s’en sortir et j’ai hâte qu’il s’en sorte pour faire taire tous ceux qui disent n’importe quoi », a conclu Pacioretty qui espère contribuer à la relance de Desharnais le plus rapidement possible.

Pacioretty devrait chausser les patins à nouveau samedi, contre l’Avalanche.

Du côté du Canadien, les membres de l’état-major jonglaient encore hier avec l’à-propos de replacer les deux complices au sein d’un même trio.

Leur principal souci? Est-ce que les insuccès de Desharnais pourraient freiner Pacioretty?

Galchenyuk, Brière, Prust au centre?

À moins que le Canadien ne décide de muter Alex Galchenyuk au centre, Desharnais devrait conserver son poste au centre du troisième trio, derrière les trios pilotés par Lars Eller et Tomas Plekanec.

Le retour éventuel de Daniel Brière, une fois qu’il sera remis de la commotion cérébrale subie il y a près de deux semaines (19 octobre) lors de la visite des Predators de Nashville au Centre Bell, sans oublier celui de Brandon Prust, pourrait compliquer la situation de Desharnais s’il n’est pas sorti du bois d’ici là.

Car Brière, qui ne cassait rien à l’aile avec Desharnais et Pacioretty, et Prust qui a colmaté bien des brèches à l’attaque depuis qu’il s’est joint au Canadien l’an dernier pourraient bénéficier d’une chance au centre.

Plutôt que de chasser Ryan White du 4e trio où le robuste attaquant se tire bien d’affaire et gagne sa part de mises en jeu, l’état-major du Canadien pourrait alors décider d’envoyer Desharnais sur la galerie de presse.

Pour un match? Deux? Pour quelques parties?

Les prochains matchs détermineront de la suite des choses.

Pourquoi pas une transaction?

Parce que si les partisans considèrent que Desharnais touche un salaire injustifié en comparaison à sa production offensive depuis l’an dernier, il est bien probable que les directeurs généraux des 29 autres formations aient la même opinion.

À cet effet, des vérifications effectuées au cours des derniers jours autant dans le camp du Canadien que du côté des Flames de Calgary, tendent à infirmer les rumeurs persistantes selon lesquelles les deux équipes avaient conclu une transaction impliquant Desharnais lors de la dernière séance de repêchage.

À Calgary, où les Flames tentent désespérément d’ajouter du poids à l’attaque, de trouver du renfort à la ligne bleue pour palier la perte de Mark Giordano, et aussi devant le filet, on assure que Desharnais ne respecte pas vraiment les paramètres recherchés pour renflouer la formation.

Desharnais semble être à Montréal pour y rester. L’état-major et le principal intéressé ont donc tout intérêt à trouver une solution. Et vite. Car de délicate et inquiétante qu’elle est actuellement, la situation de Desharnais deviendra sérieusement dérangeante, et problématique, si sa léthargie se prolonge au-delà de la prochaine fin de semaine…