Une raclée en bonne et due forme. Comme à Columbus. Comme à Houston. Un autre voyage difficile, qu’il faut oublier si l’on veut trouver le moyen d’avancer, mais qui montre surtout que l’Impact de Montréal est plutôt en train de régresser.

Dès le coup d’envoi du match, les Taureaux auront marqué le pas en débordant la défense montréalaise sur les flancs, tout en s’imposant avec aisance au milieu de terrain. Malgré la présence de deux récupérateurs dans le schéma de jeu du Bleu-blanc-noir, la facilité avec laquelle les Red Bulls auront trouvé le moyen de rejoindre Kljestan, Davis et Royer en position d’attaquer était déconcertante. On pourra déplorer tant qu’on voudra les performances des arrières et du gardien, le mal part de là.

Si l’Impact a souvent connu de mauvais départs en déplacement cette saison, les Montréalais s’étaient aussi signalés par leur réaction à quelques reprises alors que la situation semblait compromise. Il n’en fut toutefois rien en cette mauvaise soirée à Harrison, NJ. Certes, la troupe de Jesse Marsch peut être considérée comme une équipe redoutable, et à plus forte raison lorsqu’elle évolue à domicile. Or, l’écart entre les deux formations aux niveaux physique, tactique et mental semble beaucoup trop important pour que l’Impact soit en mesure de rivaliser.

Qu’on se fasse dominer au chapitre de la possession, c’est une chose, mais que cette domination soit aussi outrageuse en terme d’effort physique... Aussi bien s’enlever toute chance de réussite. À défaut de développer un « fond de jeu » - expression à la mode cette année - d’ici la fin de la saison, l’Impact aurait peut-être intérêt à mettre les bouchées doubles sur les exercices « sans ballon ».

Voici le bulletin des joueurs :

Maxime Crépeau: 5,5/10 Victime en bonne partie de la débandade de sa défense. Commet une erreur de jugement sur la faute du penalty. Aurait également pu mieux faire sur le 4e but. Autrement, il effectue de nombreux arrêts de qualité.

Chris Duvall: 4,5/10 Si ses qualités athlétiques lui permettent de sauver quelques situations périlleuses, il reste qu’il se compromet souvent et se fait fréquemment déborder sur le flanc. Perd graduellement la confiance qu’il affichait plus tôt cette saison.

Kyle Fisher: 6,5/10 Le plus tenace, et cela malgré les coups qu’il encaisse, dont certains à la tête. Effectue des sauvetages inespérés qui ne servent toutefois qu’à retarder la sanction finale infligée par les Red Bulls.

Laurent Ciman: 5,5/10 Emporté dans la tourmente. Fait pourtant sa part pour freiner les nombreuses attaques qu’essuie la ligne arrière en anticipant et en réussissant des tacles. Se fait toutefois surprendre après l’un de ceux-ci sur l’action qui mène au penalty.

Daniel Lovitz: 3,5/10 Désarçonné. Tergiverse en possession avant de perdre le ballon. Trop souvent débordé par l’adversaire. Commet des fautes dont l’une aurait dû se transformer en deuxième penalty pour les Red Bulls. 

Hernan Bernardello: 4/10 Autre dure soirée à courir après sa queue au milieu. Il essaie pourtant de mettre l’adversaire sous pression. Or, il est en difficulté dès qu’il mord à l’hameçon: se jetant sur le porteur du ballon avant d’être surpassé par un passe et suit

Patrice Bernier: 4,5/10 Effacé. Tente de boucher les trous, mais il subit la supériorité numérique des Red Bulls au milieu. Montre quelques beaux gestes juste avant de quitter le match.

Blerim Dzemaili: 4,5/10 À plat physiquement. Tente quelques montées, mais ses ressources sont trop limitées pour qu’il ait l’espoir de provoquer quelque chose. Place quand même quelques ballons qui auraient pu mener à une égalisation avant la mi-temps. 

Ballou Jean-Yves Tabla: 5/10 Match difficile pour étaler ses qualités offensives. Obtient un tir du pied gauche en 1re MT, mais une meilleure conduite lui aurait permis d’être encore plus menaçant. Doit gagner du muscle pour être moins facile à déséquilibrer au corps-à-corps.

Michael Salazar: 4,5/10 Hormis un débordement, il n’arrive pas à passer sur les flancs. Peu d’entente avec les autres attaquants.  

Anthony Jackson-Hamel: 4,5/10 Manque de justesse techniquement. Cafouille avec le ballon alors qu’il se présente en échappée en toute fin de 1re MT. Rate des relais pour ses coéquipiers alors qu’on entame la contre-attaque.

REMPLAÇANTS:

Ignacio Piatti: 6/10 Élève brièvement le niveau de l’équipe à son entrée grâce à sa vision et sa technique. Un phénomène trop éphémère. 

Matteo Mancosu: 5/10 Ne fait pratiquement pas sentir sa présence. Quand il n’est pas hors-jeu, semble lent et lourd dans ses déplacements.

Dominic Oduro: 5,5/10 Un peu plus vivant que son prédécesseur sur le flanc droit, mais rien de bien tranchant.

ENTRAÎNEUR:

Mauro Biello: 4,5/10 Insère de nouveaux visages dans sa formation de départ pour secouer son équipe. Le résultat ne diffère toutefois pas de ce qu’on a vu de l’Impact à ses derniers déplacements: une équipe rapidement désorganisée par les mouvements de l’adversaire et accusant un déficit important physiquement. Doit trouver un moyen de s’accrocher pour éviter une déroute complète… Il reste encore trois mois à la saison.