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La nouvelle aventure américaine de Xavier Perras-Phaneuf

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Xavier Perras-Phaneuf

La relève québécoise masculine s’active en athlétisme. La place laissée vacante par le départ à la retraite du spécialiste du 1500 m Charles Philibert-Thiboutot à la fin de la saison dernière pourrait être comblée à moyen terme par une nouvelle génération de coureurs. Xavier Perras-Phaneuf est un des prétendants et dès cet automne, il fera son entrée à l’Université de l’Oregon, reconnue comme une pépinière de talents non seulement aux États-Unis, mais aussi à l’échelle internationale.

L’an dernier, à sa première année dans la catégorie senior, le jeune homme a fait un coup d’éclat aux Championnats canadiens de cross-country lorsqu’il s’est classé deuxième, à seulement 16 secondes du vétéran Moh Ahmed, vice-champion olympique du 5000 m à Tokyo, en 2021.

La semaine suivante, le coureur a inscrit une nouvelle marque nationale des moins de 23 ans au 5000 m en salle dans une compétition disputée à Boston. Son chrono de 13 min 33 s est aussi la deuxième meilleure performance québécoise de tous les temps, tous âges confondus, à 3 secondes du record de Philibert-Thiboutot.

Deux prestations qui ne sont pas passées inaperçues comme l’indique l’athlète.

« (Ce chrono), je pense que c’est aussi ça qui m’a mené à m’engager à l’Université de l’Oregon, qui est une des meilleures universités d’athlétisme au monde. [...] J’ai reçu vraiment beaucoup d’offres juste après les Championnats canadiens (de cross-country). Après avoir couru 13 min 33 s, j’ai reçu d’autres offres et après avoir été aux mondiaux de cross-country, j’en ai reçu encore plus », explique Perras-Phaneuf, qui s’était aussi classé 48e aux Championnats du monde seniors de cross-country, le printemps dernier.

Après avoir reçu ces offres, le coureur de 21 ans a fait une tournée de quelques campus, dont ceux d’Iona à New York, de Portland et de l’Université de l’Oregon, où il a arrêté son choix pour faire son entrée au baccalauréat en économie. Son entraîneur au Club Saint-Laurent Sélect, Samuel Marion, a été son principal conseiller dans le choix de sa future université. Le Montréalais mentionne aussi le rôle de son père dans sa réflexion.

« Il ne voulait pas que j’aille étudier juste pour avoir un baccalauréat en track (athlétisme). Il voulait que je fasse un vrai diplôme », poursuit le jeune homme qui a pratiqué plusieurs sports avant l’athlétisme, dont le football, à la position de quart-arrière.

Une équipe internationale

L’Oregon est l’épicentre de l’athlétisme américain et c’est encore plus vrai pour le fond et le demi-fond. Le stade des Ducks, le Hayward Field, situé à Eugene, présente chaque année la Prefontaine Classic, une étape du circuit de la Ligue de Diamant, en plus d’avoir accueilli les Championnats du monde en 2022.

Xavier Perras-Phaneuf fera partie d’une équipe américaine, mais il sera loin d’être le seul étranger chez les Ducks. Le pouvoir d’attraction de l’université est tel que l’an dernier, des athlètes de 18 pays provenant de cinq continents faisaient partie de l’équipe dont la dernière campagne a été marquée par le record collégial de Simeon Birnbaum au 1500 m (3 min 31,69 s).

« C’est une petite équipe et c’est vraiment une famille. Il y a aussi le stade et les emplacements qui sont légendaires. L’histoire derrière ce stade et l’Université... (Steve) Prefontaine c’est une idole pour moi », ajoute-t-il à propos du mythique coureur originaire de l’endroit.

Un autre Québécois prendra le chemin de l’État de la côte ouest cet automne. Nolan Turgeon, de Victoriaville, portera les couleurs de l’Université de Portland après avoir vêtu celles du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke ces deux dernières années.

Perras-Phaneuf est bien conscient que plusieurs se sont cassé les dents dans le circuit collégial américain en raison des exigences de compétition élevées et de certains entraîneurs qui ne favorisaient pas toujours le repos et la santé mentale des athlètes. Il croit d’ailleurs que Jerry Schumacher, qui dirige les Ducks depuis quatre ans et qui a notamment supervisé la préparation de Moh Ahmed au sein d’un groupe privé, a une approche différente.

Le coureur amorcera donc son nouveau chapitre dans les prochaines semaines.

« Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de freshmen (étudiants universitaires de première année) aux États-Unis qui courent 13 min 33 s au 5000 m. J’arrive là avec déjà un bon bagage d’athlétisme derrière moi, j’ai des bons temps, je suis bon en cross-country et l’objectif sera vraiment d’aider l’équipe et de courir pour elle, pas juste pour moi ».