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Nicholas Tritton joue sur deux tableaux

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Nicholas Tritton
Nicholas Tritton (Tritton Performance)

Judoka aux Jeux olympiques de 2008 et 2012, Nicholas Tritton était aux abords des surfaces de combat pour prodiguer des conseils à ses athlètes, à la fin mai, dans le cadre des Championnats canadiens non pas de judo, mais de lutte olympique.

Jeune adulte, Tritton a quitté son Perth natal, en Ontario, pour venir parfaire son judo au centre national d’entraînement de Montréal. Après avoir accroché son judogi, l’ancien combattant a démarré le club Tritton Performance dans le quartier Côte-Saint-Paul, à Montréal. Au début, il offrait seulement des leçons de judo et celles de lutte olympique ont suivi. Un choix naturel pour lui, car il s’y connaissait bien dans ces deux disciplines.

« À 15 ans, j’ai également commencé à faire de la lutte et j’ai aussi été champion canadien. C’est à 19 ans que j’ai choisi le judo », explique l’entraîneur dans une entrevue accordée à Sportcom dans un excellent français, aux récents Championnats canadiens de lutte qui ont eu lieu au Centre Pierre-Charbonneau.

« Pour les jeunes, c’est bon de mélanger les deux sports et quand ils arrivent à 16-18 ans, ils peuvent choisir de continuer dans un sport », poursuit celui dont le club compte environ 200 élèves répartis également dans les deux disciplines. Certains pratiquent même les deux.

Au club Tritton Performance, les lundis, mercredis et vendredis sont les journées réservées au judo, celles de mardi et jeudi sont pour la lutte olympique et les deux sports se côtoient le samedi. Le dimanche est un congé bien mérité, car l’entraîneur est souvent sur la route pour soutenir ses athlètes, tant en lutte qu’en judo.

Ce double emploi sportif est aussi bien présent dans sa famille. Sa fille Emma a décroché une médaille d’argent en lutte aux Jeux du Canada de St-John’s, en 2025. Plus récemment, elle a été médaillée de bronze dans la catégorie des moins de 57 kg aux Championnats panaméricains cadets de judo, en plus d’avoir été sacrée championne canadienne des moins de 18 ans un mois plus tard. Elle sera la première athlète issue de son club à participer à des Championnats du monde, ceux des moins de 18 ans.

Son garçon, Grayden Diome a quant à lui assuré sa place dans l’équipe canadienne des Championnats du monde de lutte cadets après sa médaille d’or chez les moins de 48 kg au tournoi montréalais.

« Je n’échangerais pas de coach contre n’importe qui » - Xavier Lauzon, athlète de Nicholas Tritton

Un premier finaliste

Les récents Championnats canadiens ont été une étape importante pour l’entraîneur. Pour la première fois, un athlète de son club a été finaliste chez les seniors. Xavier Lauzon a été médaillé d’argent à la suite de sa défaite de 14-4 contre Taras Fisun, du Manitoba, en finale des moins de 92 kg.

« C’était une bonne finale. Il (Lauzon) a fait quelques erreurs dans ses prises, mais je suis fier de lui et il va tenter sa chance pour faire partie de l’équipe des Championnats du monde des moins de 23 ans. [...] Il a fait un grand pas en avant à son deuxième match en battant celui qui avait été de l’équipe des mondiaux de l’an dernier. »

Comme son entraîneur, Lauzon a aussi un parcours sportif atypique : « Je faisais de la natation et à mon arrivée au club, les journées où j’étais disponible, c’était celles de la lutte », explique l’athlète de 23 ans qui pratique aussi le judo à l’occasion.

« J’aurais aimé ça gagner, mais on retourne au gym la semaine prochaine et on verra l’an prochain. Je fais un petit peu de progrès chaque année, mais j’ai hâte de gagner ma médaille d’or », poursuit celui qui avait fini au pied de podium des nationaux seniors en 2025.

De jour, il œuvre dans le domaine de la construction où il est carreleur, un spécialiste de la pose de céramique. Il a d’ailleurs tenu à faire un clin d’œil à son employeur, les Couvre-plancher Loiselle à Valleyfield.

« Mon patron a fait du culturisme et il sait ce que c’est faire du sport. Il encourage tous ses employés à faire du sport et il me permet de travailler trois jours, alors j’ai mes journées où je peux m’entraîner le matin et le soir. »

Être épaulé par Nicholas Tritton met Xavier Lauzon en confiance, lui qui pratique la lutte depuis l’âge de 15 ans.

« C’est un gars qui est intense. Il a ses moments d’intensité et il l’a vécu. Il sait c’est quoi les victoires et les défaites. Il le connaît le parcours, il essaie de nous éviter les erreurs qu’il a faites (quand il était athlète) et il nous pousse dans la bonne direction. Je n’échangerais pas de coach contre n’importe qui. Ça fait quasiment dix ans qu’on se connaît. Il connaît mon tempérament, alors il avait les bons mots (après la défaite en finale). »