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Baseball majeur en 2027 : On fait quoi, on attend?

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COLLABORATION SPÉCIALE

Après d’excellentes séries éliminatoires et une Série mondiale historique, le baseball se retrouve à la croisée des chemins. Les négociations avec l’association des joueurs s’annoncent particulièrement ardues. Les propriétaires veulent imposer un plafond salarial, une idée que l’association rejette catégoriquement.

Dans un langage des plus simplistes, il y a tellement d’argent dans le baseball aujourd’hui, mais on ne semble pas savoir comment se partager le gâteau sans avoir l’impression que l’autre nous passe une petite vite!

Vous vous souvenez sans doute du conflit de travail de 1994, dont vous avez certainement entendu parler. Il a fait énormément de mal à la franchise des Expos, mais il faut aussi comprendre qu’à cette époque, plusieurs équipes perdaient de l’argent. Le conflit avait tout de même mené à un véritable partage des revenus, une mesure qui a contribué à sauver le baseball.

Malheureusement, les propriétaires des Expos n’ont jamais été en mesure d’en profiter pleinement. Encore fallait-il avoir la volonté réelle de sauver la franchise. Aujourd’hui, le contexte est bien différent. On est loin de voir les équipes dans la même situation financière qu’à l’époque. C’est plutôt le contraire.

Deux camps, beaucoup d’argent et peu de compromis

Dans ces circonstances, il devient complètement absurde de penser que la saison 2027 pourrait être compromise. Mais ainsi va la vie dans le monde des multimilliardaires et des multimillionnaires!

Lorsqu’un conflit de travail se profile à l’horizon, il y a évidemment deux parties. Le problème, c’est que chacune doit aussi composer avec ses propres divisions internes.

Le travail du commissaire du baseball consiste notamment à trouver des terrains d’entente entre les propriétaires. Mais lorsque vous avez des dinosaures comme Jerry Reinsdorf, propriétaire des White Sox, autour de la table, la tâche devient plus compliquée. Il représente la vieille garde et semble peu réceptif aux nouvelles idées.

Il y a également un autre élément à considérer du côté des propriétaires : de plus en plus de gens d’affaires souhaitent investir dans des équipes sportives. L’instauration d’un plafond salarial pourrait non seulement contribuer à augmenter la valeur des franchises, mais aussi offrir une certaine prévisibilité financière et une sécurité supplémentaire aux investisseurs.

Du côté de l’association des joueurs, tout n’est pas rose non plus. Il existe une surreprésentation des joueurs qui ont déjà gagné énormément d’argent et une sous-représentation de ceux qui constituent pourtant la grande majorité des membres : les joueurs qui gagnent 3 millions $ annuellement ou moins. Sachez que seulement 5 % des joueurs touchent 25 millions $ ou plus.

Par ailleurs, le syndicat des joueurs du baseball majeur est l’un des plus puissants aux États-Unis. Une réputation que l’association entend bien conserver à tout prix. Et on peut comprendre qu’elle ne souhaite pas créer un précédent qui viendrait affaiblir son pouvoir de négociation.

Et si on se mettait à la place de l’autre?

Alors, vous êtes de quel côté?

Est-ce que vous vous sentiriez insulté si votre propriétaire, même s’il vous payait grassement, faisait beaucoup d’argent et réalisait des profits considérables?

À l’inverse, est-ce que vous vous sentiriez insulté si vos employés réclamaient constamment davantage d’argent parce que vos profits continuent de grimper?

C’est un peu simpliste, j’en conviens, mais c’est essentiellement là où on en est.

Le baseball est présentement dans une excellente position. On peut toujours améliorer certaines choses, mais les fondations sont solides. Quelques propositions ont déjà été avancées, mais elles ont évidemment été rejetées parce que, derrière tout ça, il y a toujours cette question incontournable du plafond salarial.

Pendant ce temps, ceux qui risquent de payer le véritable prix d’un conflit, ce sont les partisans, les employés et toutes ces entreprises qui gravitent autour du baseball : fournisseurs, restaurateurs, partenaires d’affaires, diffuseurs et bien d’autres. Bref, tous ceux pour qui une saison de baseball représente une source de revenus et d’activité économique.

Des solutions, plutôt qu’un conflit

Si j’étais du côté des propriétaires, j’ajouterais une exigence à mes négociations sur le plafond salarial : un gel du prix des billets. Le baseball doit rester abordable. On a probablement déjà dépassé certaines limites, mais si les propriétaires souhaitent réellement démontrer qu’ils pensent aussi aux partisans, ce serait un excellent point de départ.

Si j’étais du côté de l’association des joueurs, j’exigerais un plancher salarial. Si les propriétaires des marchés plus modestes reçoivent d’importantes sommes grâce au partage des revenus, ils devraient être tenus d’en consacrer une proportion directement au baseball. Par exemple, 80 % de l’argent obtenu par l’entremise du partage des revenus devrait systématiquement être réinvesti dans la masse salariale.

Évidemment, c’est beaucoup plus compliqué que cela. Mais, selon moi, rien ne justifierait un lock-out. Après le 1er décembre, ce serait déjà une belle surprise de voir les propriétaires annoncer qu’ils souhaitent poursuivre les négociations, sans précipiter les choses, dans l’espoir de trouver un terrain d’entente avant le début des camps d’entraînement.

Ça ne doit pas être évident d’être président des opérations baseball ou directeur général dans les circonstances. Il faut bâtir une équipe et la préparer pour la prochaine saison. Mais peut-on dépenser? Jusqu’où? Que fait-on avec les joueurs autonomes? Depuis le 2 novembre à 17 h, tous les joueurs autonomes peuvent négocier avec les 30 équipes. Mais personne ne connaît vraiment les règles qui encadreront la suite des choses. On ne sait pas jusqu’où on pourra dépenser et on dispose de bien peu de certitudes pour travailler adéquatement.

Alors, comme tout le monde, on attend?

On attend que les multimilliardaires s’entendent avec les multimillionnaires?

C’est franchement dommage qu’après avoir assisté à une si belle Série mondiale, remportée par les Brewers de Milwaukee pour toutes les bonnes raisons du monde, on doive maintenant consacrer notre attention à un possible conflit de travail.

Les Brewers sont-ils là pour rester? Au 5 à 7, Marc Griffin revient sur la conquête de la Série mondiale par les Brewers.

Pour le bien de tous, enfermez-vous dans une pièce et ne revenez pas avant d’avoir trouvé une entente!

Pourquoi attendre des jours, voire des semaines, avant de retourner à la table des négociations? Le baseball n’a rien à gagner dans cette bataille. Les joueurs, les propriétaires et surtout les partisans non plus.

Faites-nous plaisir, s’il vous plaît. On aimerait bien parler de baseball en 2027!