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Statistiques ou caractère à la date limite des transactions?

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COLLABORATION SPÉCIALE

Chaque année, à l'approche du 31 juillet, on scrute les rumeurs de transactions comme s'il s'agissait de cotes en bourse. WAR, OPS+, FIP, BABIP — toutes les statistiques avancées deviennent la monnaie d'échange dans les discussions de salon et les bureaux des directeurs généraux. Mais au milieu de cette frénésie chiffrée, une chose m'échappe souvent : où est passée l'analyse humaine?

On parle rarement du vestiaire. De la dynamique d'équipe. Du caractère d'un joueur qu'on s'apprête à insérer dans un groupe soudé. Pourtant, c'est essentiel.

Un joueur, ce n'est pas juste une ligne sur Baseball Reference. C'est un tempérament, une attitude, une façon de vivre la pression, de célébrer une victoire ou d'encaisser une défaite. C'est quelqu'un qui débarque dans un nouvel environnement, souvent sans repères, avec l'obligation de livrer tout de suite. Ce n'est pas tout le monde qui peut s'adapter en claquant des doigts.

Prenez un gars intense, bruyant, démonstratif, et insérez-le dans un club qui carbure au calme et au sérieux : ça peut briser une chimie fragile. À l'inverse, un joueur discret et solitaire parachuté dans un groupe extraverti peut avoir du mal à trouver sa place. Et même s'il frappe pour ,300 ou lance six bonnes manches à chaque sortie, s'il ne se sent pas chez lui, ça finira par paraître.

C'est pour ça que je lève mon chapeau aux clubs qui prennent encore le temps d'appeler d'anciens coéquipiers, des coachs, des recruteurs, pour poser une question toute simple : « Ce gars-là, c'est quel genre de personne? » Parce qu'un bon joueur, c'est bien. Mais un bon coéquipier, dans le feu d'une course aux séries, c'est souvent ça qui fait la différence entre une équipe qui gagne et une autre qui s'effondre.

Le party à Toronto

Quelle énergie incroyable se dégage à Toronto. L'équipe est en feu et les partisans le démontrent comme en 2015 et 2016. Les Jays jouent avec tellement de confiance. Même en tirant de l'arrière, on sent que leur belle synergie influence ,voire intimide l'adversaire. C'est le signe d'un esprit d'équipe solide.

Durant la série contre les Yankees, ceux-ci ont commis sept erreurs en trois matchs au Rogers Centre. Les Yankees ont réellement semblé intimidés par la façon de jouer des Jays, qui, eux, ne lâchent jamais. Bien sûr, les erreurs sont leur responsabilité, mais la pression imposée par la constance et l'intensité des Jays y est pour quelque chose. Voir une équipe jouer avec autant d'assurance peut être déstabilisant.

Vladimir Guerrero Jr.

Vlad a obtenu six coups sûrs en 12 présences contre les Yankees, en plus de soutirer deux buts sur balles. Il continue d'être parmi les meneurs du baseball pour les balles frappées solidement, et son enthousiasme est contagieux. Malgré une erreur mercredi, son jeu défensif est digne d'un gant d'or.

Le fait qu'on ne lui demande plus de transporter l'équipe à lui seul contribue aussi aux succès des Jays. Mais qu'en est-il de sa puissance? Un seul circuit en juillet, et 13 au total en une centaine de matchs. Pour que les Jays remportent leur division et plus, Vlad devra retrouver la longue balle.

Heureusement, d'autres prennent le relais : Addison Barger (14 circuits en 78 matchs) et George Springer (17 en 96) produisent à un rythme intéressant. Malgré tout, les Jays sont 19e dans les Majeures pour les circuits. Cela dit, ils sont premiers pour la moyenne au bâton et deuxièmes pour la moyenne de présence sur les buts.

Et franchement? C'est rafraîchissant de voir une équipe gagner autrement que par la longue balle. Mais en séries, le circuit devient souvent une arme décisive. Ce manque de puissance pourrait donc revenir les hanter.

Les Brewers de Milwaukee

Si quelqu'un m'avait dit que les Brewers auraient la meilleure fiche du baseball majeur au 24 juillet, je lui aurais dit de refaire ses devoirs. Et pourtant, quelle histoire!

Tout ce qu'on a dit des Jays et de leur synergie s'applique aux Brewers. Le baseball est un sport d'équipe très individuel, mais quand chaque individu pousse dans le même sens et joue pour le nom devant plutôt que celui dans le dos, les résultats sont fascinants. Bien hâte de voir si les Brewers ou les Jays feront une grosse transaction, sachant que ces deux équipes sont unies comme jamais.

Et maintenant?

La date limite approche. Les rumeurs se multiplient. Mais j'espère que, quelque part, dans un bureau de directeur général, quelqu'un posera la question qui ne figure dans aucune colonne Excel : est-ce que ce gars-là va vraiment « fitter » dans notre équipe?