Le premier match de la saison de l'Alliance de Montréal sera présenté dimanche dès 16 h sur RDS2.
MONTRÉAL – Alain Louis se sent libéré. Gare aux coéquipiers qui oseront se dresser sur son chemin.
Seul rescapé de la saison 2024 de l'Alliance de Montréal, le meneur québécois est de retour pour un quatrième été à l'Auditorium de Verdun, déterminé à ce qu'il soit cette fois victorieux.
Car à ses trois premières campagnes dans le maillot du club de sa ville, Louis n'a toujours pas savouré de saison gagnante.
Depuis sa saison inaugurale en 2022, l'Alliance a conclu ses calendriers réguliers avec des dossiers successifs de 4-16, 7-13 et 6-14, terminant chaque fois l'année au dernier rang du classement dans la Conférence de l'Est de la Ligue élite canadienne de basketball (LECB).
« Dans les trois dernières années, on a toujours eu du talent, mais le talent ne se présentait pas chaque jour », décortiquait Louis, à la veille de l'ouverture du camp d'entraînement la semaine dernière.
« Cette année, on s'est assuré d'avoir des gars qui vont être réceptifs, a-t-il ajouté. Dans les années auparavant, on avait beaucoup de talent, mais qui était difficile à diriger. Je pense que cette année, ça va être vraiment plus simple. »
Avec la bénédiction du nouvel entraîneur-chef Jermaine Small, qui débarque à Verdun avec deux titres de la LECB à son curriculum vitae, Louis s'assurera donc que tout le monde marche droit.
« Jermaine me connaît depuis un certain temps et il avait le sentiment que je marchais sur des œufs, que je n'étais pas fidèle à moi-même en ce qui a trait à m'assurer que les gars soient à leur affaire. Alors il m'a donné un peu plus de latitude pour être moi, Alain. »
Et c'est qui ce Alain ?
« Je suis vraiment un gars old school. C'est : "Yo! Show up and do your job!" (Présente-toi et fais ton travail!) », répond celui qui assumait les fonctions de capitaine l'an dernier.
« Au fil des années, j'ai compris que tout le monde n'est pas comme moi. Donc je vais avoir une grosse job, parce que je vais être obligé de regarder chaque gars pour comprendre comment parler à chacun d'eux. »
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Dans son rôle de leader, Louis pourra toujours s'appuyer sur Malcolm Duvivier, seule autre membre de l'Alliance à avoir déjà dribblé le ballon sur les parquets du circuit canadien.
À eux deux, Louis et Duvivier, un meneur torontois, affichent un vécu de 152 matchs dans la LECB au cours duquel ils se sont tous les deux démarqués pour une hargne commune.
« Les gars vont voir très vite que Malcolm et moi, on va imposer un rythme et beaucoup de sérieux », promet Louis.
« On a un style de jeu similaire, approuve de son côté Duvivier. Il y aura des matchs où nous devrons être vocaux et nous imposer physiquement. On va être deux des gardes les plus coriaces livre pour livre dans la ligue. Quand les équipes adverses vont nous voir sur la formation, ils vont savoir qu'une longue soirée les attend. »
Pas de « bullshit »
L'aspect physique a été au centre des préoccupations du directeur général et nouveau co-propriétaire du club, Joel Anthony, au cours de la dernière saison morte.
La formation de 13 joueurs qu'il a remis entre les mains de son entraîneur-chef n'est peut-être que très peu familière avec la LECB, mais elle en impose néanmoins. Plus de la moitié de l'effectif qu'il a bâti (9) mesure au moins 6 pi 7 po.
« Nous voulions évidemment avoir un mélange de gars qui avaient de l'expérience, mais il s'agissait surtout de trouver les gars qui s'adapteraient vraiment bien au style et à la vision de Jermaine », a expliqué Anthony.
« C'est définitivement l'équipe la plus imposante que j'ai eue », apprécie Small, qui mené les Stingers d'Edmonton à deux championnats en 2020 et 2021, raflant chaque fois au passage le titre d'entraîneur-chef de l'année. « Ce qui importe pour moi, ma philosophie au basketball, c'est que tu dois t'imposer aux rebonds. »
Questionné à savoir lequel des ajouts à son alignement le rendait le plus fier, le DG a notamment identifié d'emblée l'Américain Dontay Bassett, un pivot de 6 pi 9 po et 250 lb qui évolue en Europe depuis ses débuts professionnels.
« Je pense qu'il sera absolument génial dans cette ligue. Il est très polyvalent, grand et possède un mélange rare d'habiletés qui, je pense, va jouer en notre faveur », anticipe Anthony.
Ce dernier s'attend aussi à beaucoup d'Anthony Walker, un ailier américain de 6 pi 9 po et 215 lb ayant entre autres joué pour les Hoosiers de l'Indiana et les Hurricanes de Miami dans la NCAA, et évidemment de Quincy Guerrier, la vedette locale qui passera l'été à la maison après une première saison professionnelle avec le club-école des Raptors.
À l'exception de Guerrier, qui projette de participer à la Summer League de la NBA du 10 au 20 juillet prochain, tous les joueurs de l'Alliance sont déjà en ville et devraient y demeurer jusqu'à la fin de la campagne.
« Je pense qu'on a ce qu'il faut pour battre n'importe quelle équipe dans cette ligue », avance Anthony, « mais on doit maintenant le prouver. »
Et rapidement à part ça.
Quatre des cinq premiers matchs de l'équipe cette saison seront disputés contre des rivaux de la Conférence de l'Est. Une série de défaites pourrait vite compliquer la suite des choses pour le club montréalais.
« Ces rencontres sont très importantes dès le départ, reconnaît Small. C'est une autre raison pour laquelle nous voulions que notre équipe soit ici dès le début, car nous voulons partir en force pour, espérons-le, atteindre notre apogée en juillet. »
Dimanche, quand l'Alliance se présentera à l'Auditorium de Verdun pour son premier match de la saison contre les Honey Badgers de Brampton, tous les joueurs seront donc prêts.
Parole d'Alain.
« Mes attentes sont que tout le monde se présente dès le Jour 1 du camp d'entraînement, soit concentré et comprenne que c'est une année sans bullshit. »




