Derek Pomerleau était si près du but. À une victoire près, à vrai dire. Mais comme cela arrive parfois dans la vie d’un athlète, le boxeur originaire de Mercier ne l’avait pas cette soirée-là.
Sèchement battu par décision unanime des juges par l’Australien Dylan Biggs en finale du tournoi des poids moyens du Grand Prix du WBC, en décembre dernier, le Québécois voyait ainsi une année d’efforts et d’importants succès se résumer à une simple deuxième place.
Malade dans les semaines précédant son combat contre Biggs, Pomerleau avait un temps songé à annuler la confrontation, mais la bourse de 100 000 $ US et une place dans le top-10 du classement étaient bien trop alléchantes pour réellement envisager cette possibilité.
Cela dit, près de dix mois après les faits, et avoir complètement tourné la page, Pomerleau est prêt à reprendre le collier et c’est précisément ce qu’il fera, mercredi soir, en demi-finale du premier gala d’I-BOX Promotions qui sera présenté au Cabaret du Casino de Montréal.
Pour ce combat de retour, prévu pour dix rounds et disputé chez les super-moyens, « Slick » croisera le fer avec l’Ontarien John Michael Bianco, champion canadien de la catégorie. Un combat qui permettra au jeune homme maintenant âgé de 26 ans de retrouver ses repères.
« J’ai appris un certain nombre de choses à mon sujet dans la dernière année, a-t-il expliqué en entrevue avec RDS.ca, lors du lancement d’I-BOX qui a eu lieu à la fin août, à Montréal. Je savais que j’étais très déterminé et persévérant et que je pouvais affronter bien des défis.
« Au travers des pertes de poids (Pomerleau a livré cinq combats en l’espace de seulement huit mois, NDLR) et des affaires qui se produisent tous les jours dans la vie personnelle, je me suis quand même présenté... j’ai montré que j’ai tout ce qu’il faut pour me rendre loin. »
Il est évident que le chemin vers un combat de championnat du monde de Pomerleau s’est énormément complexifié et qu’il devra user de patience avant d’obtenir sa chance. Mais il ne voit pas la chose d’un mauvais œil, car il sent qu’il a encore besoin de peaufiner sa boxe.
« Je crois que j’ai encore besoin d’un ou deux combats avant de viser un combat de plus grande envergure, a mentionné Pomerleau. J’aimerais avoir des combats difficiles contre des adversaires qui me permettront de faire des rounds (il en totalise 58 en carrière, NDLR).
« J’aimerais avoir encore un peu plus de bagage et un peu plus d’expérience dans le ring. Et j’aimerais ça, éventuellement, cette année ou la suivante, avoir des combats d’envergure. »
Finalement, il ne faut pas voir le combat que Pomerleau disputera mercredi soir, à 168 livres, comme son passage officiel dans la division où Éric Lucas et Lucian Bute – deux anciens protégés de son entraîneur Stéphan Larouche – ont été champions dans le passé.
« L’année dernière, il fallait toujours que je tienne mon poids très bas en raison des combats qui étaient rapprochés, a conclu Pomerleau. Ces derniers temps, j’ai mangé un peu plus, ce qui fait que j’ai pris du muscle de la masse. Je ne sais pas ce que je vais décider ensuite... »
Deux combats annulés
Devant compter neuf combats, à l’origine, la carte de mercredi n’en comptera finalement que sept avec l’annulation de ceux de Omar Zaatiti Alieh ainsi que Cédrick Belony-Dulièpre.
Les raisons de l’absence de Zaatit Alieh n’ont pas été dévoilées, alors que le rival de Belony-Dulièpre – l’Américain d’origine finlandaise, Savon Suroosh – s’est désisté lundi après-midi.
En plus de Pomerleau, Alexis Barrière, Loïck Lahaie, Junior Petanqui, Brandon Poulard – neveu de Jean Pascal – , Alessia Mansueto et Marcel Jérôme Mouafo Feujio seront du gala.
Barrière affrontera l’Albertain Stan Surmacz dans un duel où la ceinture nord-américaine de l’IBF et celle de la NABO des poids lourds seront à l’enjeu. Une place dans le top-15 du classement de l’IBF et dans celui de la WBO attend ensuite vraisemblablement le gagnant.