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« J’ai le même “feeling” qu’avec Beterbiev »

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QUÉBEC – Marc Ramsay n’est pas du genre à chanter les louanges de chacun des nouveaux boxeurs qu’il accueille dans son gymnase. Après plus de trois décennies passées à entraîner des athlètes, il a compris qu’il ne sert à rien de s’enthousiasmer trop rapidement.

Que ce soit avec Christian Mbilli ou Jhon Orobio, Ramsay a toujours mis l’accent sur la fierté qu’il ressent lorsqu’il parvient à aider un pugiliste à effectuer la transition des rangs amateurs vers ceux professionnels et qu’il devienne par la suite aspirant à un titre mondial.

Mais qu’en est-il quand un champion de la trempe d’Osleys Iglesias lui demande de le préparer pour la première défense de sa ceinture des poids super-moyens de l’IBF contre Oliver Zaren, jeudi soir, au Théâtre Capitole de Québec? Il ne cache pas son enthousiasme!

« C’est ma 27e année en boxe professionnelle et ma 33e en boxe en général, et quand je vois quelque chose de spécial, je suis capable de le reconnaître, a répondu Ramsay lorsqu’interrogé sur sa nouvelle collaboration avec le surdoué allemand d’origine cubaine.

« J’ai le même “feeling” que quand j’ai commencé à travailler avec [Artur] Beterbiev. »

Venant de celui qui a été derrière la montée en puissance du Montréalais d’origine russe jusqu’à ce qu’il règne sans partage sur la division des mi-lourds à la suite de sa victoire sur Dmitrii Bivol, en octobre 2024, il s’agit de propos qui témoignent de l’étendue de son talent.

Pourtant, quelques minutes plus tôt, le boxeur âgé de 28 ans avait avoué que les premières journées passées dans le gymnase de Ramsay, situé dans un immeuble du quartier Parc-Extension, à Montréal, avaient été difficiles, vraisemblablement ses plus dures en carrière.

Pas parce que le décor de bâtiments industriels qui entourent le gymnase n’est pas enchanteur. Pas parce que Mbilli, Oribio et tous les autres athlètes qui s’y entraînent n’ont pas été bienveillants. Tout simplement parce qu’il n’avait jamais eu à repousser ses limites.

« Je pense que c’est juste qu’il n’avait pas vraiment été soumis à un programme qui était aussi complet, avec de la musculation ainsi que du cardiovasculaire, a expliqué Ramsay. Il était habitué à un entraîneur de la vieille école (en Allemagne, NDLR) qui s’occupait de tout.

« De mon côté, je travaille plus comme un entraîneur de la Ligue nationale de football, où il y a beaucoup de départements. Je chapeaute tout [le travail] mais j’ai des spécialistes pour chaque domaine. Je ne peux évidemment pas tout voir et je ne peux surtout pas tout faire.

« [Iglesias] avait deux entraînements par jour et il y avait la diététicienne qui était ici... disons simplement qu’il n’était pas habitué à cela. C’était un tout petit peu plus rigoureux. »

Une fois le choc culturel passé, Iglesias a rapidement pris goût aux méthodes de Ramsay. Même s’ils ne décideront officiellement qu’après le combat de jeudi s’ils poursuivent ou non leur collaboration, il est clair qu’il y a déjà des atomes crochus entre les deux hommes.

« Marc a toujours eu des commentaires très positifs à mon égard, et lorsque nous avons commencé à travailler ensemble, une chimie s’est naturellement installée, a mentionné le Cubain par le truchement d’une interprète. Tous les pions se sont simplement mis en place.

« C’est vraiment un entraîneur qui met beaucoup d’effort dans chaque entraînement [qu’il prépare]. Il est entièrement dédié. Quand je suis avec lui au gymnase, je suis sa priorité et non pas un boxeur parmi les autres. C’est quelqu’un qui est toujours là pour t’appuyer. Quand ça devient plus difficile, il est là pour t’encourager, pour te dire que c’est possible. »

Ramsay semble d’ailleurs convaincu qu’Iglesias a tout ce qu’il faut pour dominer la division des super-moyens et devenir un boxeur dont tout le monde – des plus fins connaisseurs aux amateurs occasionnels – attendra la prochaine sortie avec hâte, tellement il est talentueux.

« Quand tu regardes à 168 et 175 livres, il y a vraiment quelque chose qui se passe, a analysé Ramsay. Quand un boxeur de la trempe de Saúl “Canelo” Álvarez a du succès, les Terence Crawford de ce monde sont conscients que les grosses bourses vont se jouer là. »

« Sans rien enlever aux boxeurs d’il y a quelques années (tels Lucian Bute et Jean Pascal, NDLR), je pense que le niveau est beaucoup plus relevé maintenant qu’il l’était à l’époque. La plus grosse différence, c’est le nombre de pays qui participent à la boxe professionnelle.

« Il n’y avait pas vraiment de Russes qui passaient chez les pros et il y avait encore moins de Cubains. Aujourd’hui, c’est vraiment tout le monde qui prend maintenant part à la danse. »