QUÉBEC – Steven Butler n’avait pas cherché à répliquer aux attaques répétées de Jordan Balmir dans les jours précédents leur combat pour le titre francophone des poids moyens du WBC. La raison de son silence était fort simple : il réservait sa riposte pour le soir de leur affrontement.

Le Montréalais n’a ainsi fait qu’une bouchée du Drummondvillois avant de l’emporter par arrêt de l’arbitre à 1:59 du 3e round, samedi soir au Centre Vidéotron, en demi-finale de l’événement d’Eye of the Tiger Management (EOTTM) mettant en vedette Simon Kean et Dillon Carman.

Butler (25-1-1, 22 K.-O.) a envoyé Balmir (10-1) au plancher au début du troisième round et alors que ce dernier peinait à reprendre ses esprits après être parvenu à se relever, Butler l’a ensuite matraqué de coups et l’arbitre Michael Griffin s’est sagement interposé pour stopper le carnage.

« Jordan a beaucoup de talent, il a du cœur, c’est un athlète naturel et c’est un gars qui peut aller loin, mais aujourd’hui, il a sauté les étapes un peu trop vite », a analysé Butler après sa victoire, sa septième de suite depuis son seul revers subi contre Brandon Cook en janvier 2017.

Dès que le son de la cloche annonçant le commencement des hostilités s’est fait entendre, il était évident que les deux boxeurs n’appartenaient pas à la même classe. Butler – classé sixième aspirant au titre de la WBO – dominait complètement son adversaire au chapitre de la vitesse.

Le Montréalais a pu prendre rapidement le contrôle du centre du ring et ses nombreux jabs au corps lui ont permis de calmer les ardeurs du Drummondvillois. Butler a ensuite commencé à attaquer avec sa main arrière au deuxième round, causant du dommage à l’œil droit de Balmir.

« Le jab a vraiment été la clé du succès de ce combat-là, a expliqué Butler. Ça m’a permis de le garder à distance, de placer ma droite, et surtout, de voir venir ses attaques. Ce sont toutes des choses que mon équipe et moi avons travaillées en gymnase. On m’avait dit d’être très patient.

« J’ai bloqué pas mal tous ses coups, mais je devais être intelligent, parce qu’il lançait des fois des coups en désespoir de cause et ce genre de coups peuvent être extrêmement dangereux. »

Butler laissera à son équipe d’entraîneurs et au promoteur Camille Estephan le soin de choisir son prochain adversaire, mais il aimerait bien croiser le fer avec le détenteur de la ceinture des super-mi-moyens de la WBO Jaime Munguia, qui vient de servir une véritable correction à Cook.​ 

Jukembayev s’offre une autre vilaine frousse
 
Exactement comme cela avait été le cas à sa dernière sortie en mai plus tôt cette année, Batyr Jukembayev s’est offert une vilaine frousse en visitant le tapis dès le premier round, mais il s’est ressaisi et est revenu de l’arrière en passant le knock-out à Patricio Moreno au septième round.
 

Jukembayev (14-0, 12 K.-O.) a été surpris par un vif uppercut de la gauche au menton pour se retrouver instantanément les quatre fers en l’air. Contre Jonathan Jose Eniz en mai, il avait échappé les deux premiers rounds et été au tapis au cinquième avant de s’imposer au septième.
 
Mais Jukembayev a rendu la pareille à Moreno (20-3) en l’expédiant sur le canevas au deuxième assaut avec une gauche. Après avoir échappé le troisième round sur les cartes de deux des trois juges, Jukembayev a remis la machine en marche au quatrième avant d’atteindre Moreno avec un coup au foie au septième dont le Mexicain aura besoin de quelques jours pour se remettre.
 
À noter qu’il s’agissait du premier duel de Jukembayev sans son entraîneur de toujours Stéphan Larouche, qui a dû renoncer à ses fonctions en raison d’un différend mystérieux avec EOTTM.
 
Thibault et Drolet comblent encore leurs partisans
 
Vincent Thibault (7-0) n’a quant à lui pas commencé son combat sur les chapeaux de roue, mais cela ne l’a pas empêché de venir à bout de Sergio de Leon (8-4) par décision unanime (60-53, 59-54 et 58-55). Le populaire boxeur de Charlesbourg a notamment envoyé son adversaire au tapis au deuxième round après l’avoir atteint au menton grâce à une vive combinaison droite-gauche.
 
« Il y a eu un petit moment de stress au début du combat, parce que mon équipe et moi n’avons pas eu le temps que nous espérions pour nous préparer. Il y a eu un manque de communication, car je pensais que je montais sur le ring un peu plus tard, a mentionné Thibault. Cela dit, je suis content de mon combat. J’ai gardé de Leon à distance avec mon jab, car il était très explosif. »
 
Nettement moins flamboyant que Thibault, mais pas nécessairement moins talentueux – au contraire –, Clovis Drolet (7-0, 4 K.-O.) a offert une solide prestation et battu Evgeni Borisov par arrêt de l’arbitre à 1:35 du quatrième round. Drolet a envoyé son adversaire bulgare trois fois au plancher pendant le combat, dont la dernière après une série de coups à la tête et au corps.
 
« C’est un gars qui n’avait pas beaucoup de combats professionnels, mais ces gars-là [qui sont originaires de l’Europe de l’Est] ont beaucoup d’expérience amateur et il en avait parce qu’il accrochait énormément, a déclaré le pugiliste de Beauport. Il savait que j’aimais boxer à l’intérieur et il arrivait à me ralentir. Mais j’ai fini par trouver mon rythme et j’ai pu l’arrêter. »
 
Oganesyan impressionne à ses débuts en sol québécois
 
Aterm Oganesyan (7-0, 6 K.-O.) n’a certainement pas déçu ses nouveaux patrons d’EOTTM en pulvérisant Sergio Samuel Castellano (11-8) avant d’être déclaré gagnant par arrêt de l’arbitre à 1:38 du premier round. Le Mexicain ne s’est jamais remis d’un violent crochet de gauche lancé par l’ancien champion du monde junior russe qui disputait un premier combat en sol québécois.
 
Une autre recrue d’EOTTM, Keamy Cloutier (1-0) a remporté son premier combat dans les rangs payants en prenant la mesure de Miguel Angel Covarrubias (3-7-3) par décision unanime (40-36, 40-36 et 40-36). Après un hésitant début de duel où il chassait vraisemblablement la nervosité, le poids plume de Trois-Rivières s’est mis en marche et n’a plus regardé derrière par la suite.

Une soirée à oublier pour Simon Kean

Encore une fois, Sébastien Roy (5-0) a comblé ses nombreux et bruyants partisans venus de Thetford Mines en battant Mario Bedolla Orozco (2-2-1) par décision unanime (40-36, 40-36 et 40-36). Plus rapide, plus incisif et plus vif, Roy a porté les meilleurs coups tout au long du choc de quatre rounds pour rester invaincu en cinq sorties depuis le commencement de sa carrière.
 
Yannick Parent (1-0, 1 K.-O.) se souviendra sans soute longtemps de ses débuts dans les rangs professionnels, puisqu’il a visité le plancher à deux reprises pendant le premier round de son combat contre Rodolfo Lopez (6-6) avant de l’emporter par arrêt de l’arbitre à 2:33 du premier round. Parent a été sacré vainqueur après avoir envoyé Lopez au tapis pour une troisième fois.
 
Finalement, Andranik Grigoryan (8-0) a été fidèle à lui-même en servant une véritable leçon de boxe à Kevin Leonel Acevedo (15-2-2) avant de l’emporter par décision unanime (80-72, 80-72 et 79-73). Acevedo affichait un large sourire pendant tout le long de sa marche vers le ring, mais Grigoryan s’est rapidement assuré de le lui enlever en le martelant frénétiquement de frappes.