QUÉBEC – Après avoir servi une véritable correction à Adam Braidwood en juin dernier au terme d’une intense rivalité qui s’était échelonnée sur un an, Simon Kean est de retour sur le plancher des vaches pour affronter l’ex-champion canadien Dillon Carman dans un choc moins prenant.

 

Même si le combat est d’une importance capitale pour la suite de sa carrière – une victoire le propulserait vraisemblablement dans le top-10 de deux organisations mondiales –, le poids lourd de Trois-Rivières reconnaît que l’intensité n’est en rien comparable à celle de juin dernier.

 

Kean (15-0, 14 K.-O.) a tenté tant bien que mal de provoquer des étincelles lors de la dernière conférence de presse faisant la promotion de leur duel de samedi soir au Centre Vidéotron en se moquant notamment des participations de Carman (13-3, 12 K.-O.) à deux émissions de télé-réalité, mais en vain, puisque l’Ontarien est demeuré impassible devant les attaques répétées.

 

« C’est un gars qui n’a pas été très respectueux par le passé, alors j’interprète son silence par le fait qu’il est peut-être un peu intimidé, a analysé Kean. En même temps, il ne veut pas réveiller la bête. Contre Braidwood, j’étais juste en feu! Je ne peux pas être émotif contre un gars que je n’ai même pas entendu parler... Mais je suis un gars intelligent, je vais boxer avec intelligence. »

 

« Après toutes les émotions vécues contre Braidwood, c’est certain que je me suis demandé si mon boxeur allait être motivé, a avoué le promoteur Camille Estephan. Allait-il être discipliné? Allait-il avoir le focus? Je pense qu’il le sera, car Carman est un adversaire dangereux. C’est un gars qui cogne très dur. Il est meilleur que Braidwood, ça c’est certain. C’est bon pour la suite. »

 

Kean et Estephan n’ont jamais cherché à cacher leurs – grandes – ambitions et le rendez-vous face à Carman s’inscrit dans leur volonté de positionner le boxeur québécois dans les différents classements mondiaux. S’il ajoute la ceinture de la NABA à celle de la Francophonie du WBC qu’il possède déjà, « Le Grizzly » se retrouverait parmi les dix premiers aspirants à la WBA et au WBC.

 

« C’est très important d’être dans ces classements-là, a expliqué Estephan. Nous ne voulons pas qu’il se batte contre [Anthony] Joshua ou [Deontay] Wilder dans six mois, mais plutôt qu’il soit bien positionné dans un an et demi ou deux afin de saisir les différentes opportunités si elles se présentent. Ça prend du temps pour monter dans les classements, c’est une étape majeure. »

 

« Carman est un gars qui est très reconnu en Ontario. Il a battu plein de monde, a assuré Kean. Il pratique aussi un style de boxe – qui est très semblable au mien, mais en moins bon – que je n’ai pas vu très souvent depuis le commencement de ma carrière. Et il possède du caractère, il faut lui donner... Quand il se fait frapper, c’est le genre de gars qui continue de frapper en retour. »

 

« Lui arracher la tête »

 

Si Carman s’était montré de glace devant Kean, il n’a pas été plus jasant devant les journalistes et les caméras de télévision en prétendant que son rival ne le prend pas vraiment au sérieux.

 

« Je crois qu’il me sous-estime, a lancé Carman. C’est certain que j’ai des choses à prouver, mais je vais le faire samedi soir. Simon est un gars tough, je n’ai rien à redire là-dessus, mais je vois plusieurs faiblesses dans sa boxe et j’entends évidemment les exploiter. Vous allez voir! »

 

Sauf qu’une fois les caméras éteintes, l’Ontarien âgé de 32 ans s’est laissé aller lorsque l’auteur de ces lignes lui a demandé ce qu’il avait pensé de la victoire expéditive de Kean sur Braidwood.

 

« Braidwood n’est pas vraiment un boxeur, alors je ne peux pas dire que j’ai été impressionné, a répondu Carman. Cela dit, je m’attendais à ce qui lui passe le knock-out et c’est ce qu’il a fait. »

 

Et il s’est finalement présenté sous son vrai jour quand il a été question de son combat contre Éric Martel-Bahoéli qu’il a remporté par arrêt de l’arbitre au septième round malgré trois chutes au plancher et de sa dure défaite au deuxième round face à son compatriote Mladen Miljas.

 

« Ne vous attendez pas à revoir le même boxeur qui s’est battu contre Martel, a prévenu Carman. Je suis devenu plus fort, plus rapide et plus intelligent. Je suis un tout autre boxeur.

 

« Et le combat contre Miljas? [Kean] a fait des farces avec ça en disant que j’avais perdu son titre de champion canadien, mais sachez que je suis venu ici pour une chose : lui arracher la tête. »