Cyclisme

Magdeleine Vallières Mill prête pour le rôle de meneuse au Giro

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La Québécoise Magdeleine Vallières Mill célèbre sa victoire sur le podium lors de la course sur route élite féminine des Championnats du monde de cyclisme sur route à Kigali, au Rwanda, le samedi 27 septembre 2025. (Photo AP/Jerome Delay) (Jerome Delay)

Après être devenue championne du monde en septembre dernier, la Québécoise Magdeleine Vallières Mill a vécu plusieurs premières expériences.

Et elle en vivra une des plus marquantes de sa jeune carrière au cours des prochains jours, alors qu’elle sera la meneuse de son équipe au Tour d’Italie, qui prendra son envol samedi.

À 24 ans seulement, la cycliste sait qu’il s’agit d’un beau vote de confiance de la part d’EF Education-Oatly et elle aborde cette prestigieuse course par étapes avec l’ambition de faire le mieux possible au classement général sans toutefois avoir des attentes trop élevées.

« L’objectif est de terminer le plus haut possible, c’est certain, mais ce sera surtout une semaine d’apprentissage », a-t-elle confié lors d’un entretien avec La Presse Canadienne, à quelques jours du grand départ.

« Je n’ai jamais été dans cette position auparavant lors d’un Grand Tour, donc c’est en quelque sorte un test pour moi et pour l’équipe, a-t-elle poursuivi. C’est une belle occasion qui se présente à moi, puisque je n’aurai pas beaucoup de pression. Je me considère chanceuse d’avoir une première expérience comme celle-ci. »

Vallières Mill en sera déjà à son 11e Grand Tour, mais lors des 10 premiers, de 2022 à 2025, elle a toujours été dans le rôle de domestique. Elle avait d’ailleurs aidé sa coéquipière française Cédrine Kerbaol à terminer quatrième au Tour d’Espagne et huitième au Tour de France, l’an dernier.

Cette fois, ce sera différent, très différent.

« Lorsque j’avais fait ce que j’avais à faire (pour la meneuse), j’arrêtais de courser et je roulais tranquillement jusqu’à la fin de l’étape, a expliqué la Québécoise. Là, je devrai toujours essayer d’être avec les meilleures jusqu’au bout. »

« Dans une arrivée au sommet, je n’étais pas à bloc jusqu’en haut, a-t-elle ajouté. Ce sont de longs efforts que je n’ai jamais eu l’occasion de faire en course. Ce sera vraiment une semaine pour apprendre. »

Cette semaine d’apprentissage a pour but ultime d’arriver au Tour de France au prochain niveau, en août.

« Le Tour est un gros objectif, a admis Vallières Mill. Le Giro demeure quand même important à nos yeux, mais c’est difficile d’être au sommet de sa forme plusieurs fois dans l’année. Et les Mondiaux à Montréal, en septembre, sont également très importants, donc on verra ce que ça donnera la semaine prochaine (en Italie). »

Une progression marquée

Bien qu’elle souhaite modérer les attentes envers ses résultats au Giro, Vallières Mill a constaté une nette progression dans les derniers mois.

Elle a d’abord terminé cinquième aux Strade Bianche, en mars, à seulement six secondes de la gagnante, Elise Chabbey. Elle a ensuite pris la sixième place à La Flèche Wallonne, en avril, 14 secondes derrière Demi Vollering. Puis, quatre jours plus tard, elle a conclu Liège-Bastogne-Liège en huitième position, un peu moins de deux minutes derrière Vollering.

« C’est sûr qu’en ce moment, je ne suis pas au même niveau que Vollering, sinon j’aurais été capable de la suivre, a dit Vallières Mill. Mais le but, c’est de se rendre là et d’être capable de rivaliser avec elle. J’y vais étape par étape. »

« Des fois, je me dis que je devrais déjà être à ce niveau, mais la réalité, c’est que ça prend du temps pour y arriver, a-t-elle poursuivi. Je m’améliore chaque année, donc je dois simplement continuer de progresser et je vais finir par y arriver. »

Mais ce ne sont pas que ces résultats qui démontrent le progrès de l’athlète de Sherbrooke.

Vallières Mill s’est entraînée dans les montagnes d’Andorre au cours des derniers jours et jamais elle n’avait vu autant de watts sur son compteur auparavant.

« Je suis plus forte à l’entraînement, je développe plus de puissance, a indiqué la Québécoise. Mes chiffres sont égaux ou meilleurs, mais surtout meilleurs, que l’an dernier sur toutes les durées. »

C’est donc de bon augure pour le Giro, où une solide prestation cimenterait son statut de meneuse en vue des prochains Grands Tours.