Cyclisme

Des Québécoises brillent en ultracyclisme

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Marie-Soleil Blais

L'ultracyclisme a longtemps été un sport dans lequel on ne voyait que des hommes, ou presque, mais de plus en plus, les femmes font leur place dans ce sport d'endurance.

C'était surtout le cas lors de l'édition 2025 de Race Across Québec, qui a eu lieu à la fin du mois d'août et où le taux de participation a été supérieur à 20 %, du jamais vu.

À titre comparatif, les événements d'ultracyclisme à travers le monde comptent généralement sur une participation féminine qui se situe entre 8 et 12 %.

Et il n'y a pas que le taux de participation des femmes qui a été exceptionnel sur les distances de 1000, 500 et 300 kilomètres, il y a aussi leurs performances.

Marie-Soleil Blais, une ancienne coureuse professionnelle, a remporté la course de 1000 km et plus de 11 000 mètres de dénivelé positif en un peu plus de 55 heures, alors que sa rivale, Kathia Saillant, a complété la distance en 58 heures.

Les deux femmes ont respectivement terminé huitième et neuvième parmi les 27 ultracyclistes qui ont parcouru les régions de l'Estrie, de Lanaudière et des Laurentides en prenant le départ à Bromont pour finir à Terrebonne.

« J'envisageais la victoire en raison de mon passé de cycliste professionnelle, mais j'avoue que j'ai dû payer cher ma victoire avec Kathia qui m'a bien chauffé les fesses», a admis Blais lors d'un entretien avec La Presse Canadienne.

« Deux femmes dans le top-10, on a de quoi être fières, a-t-elle ajouté. J'espère que nos résultats sauront inspirer d'autres femmes à se mettre au défi pour l'année prochaine. »

Pour Saillant, il s'agissait seulement de sa deuxième course d'ultracyclisme. Mais qu'à cela ne tienne, elle avait des attentes élevées.

« J'avais espoir que ça se passe bien pour Marie-Soleil et moi et qu'on aurait un bon classement, étant les deux seules femmes sur la distance de 1000 km », a indiqué Saillant.

« Je voulais qu'on prenne une place à travers les hommes et que l'on ait une bonne représentation féminine pour que plus de femmes aient envie de se lancer. »

En ce qui concerne la stratégie de course, Saillant admet qu'elle aurait pu mieux gérer ses arrêts afin de terminer plus près de Blais ou même devant.

« On a fini la première des deux boucles ensemble et elle est repartie avant moi pour la deuxième, a-t-elle expliqué. J'ai dormi environ cinq heures et elle, une heure.

« Ç'a fait en sorte qu'elle a pris une avance de 65 km sur moi. J'ai réussi à reprendre 25 km et on a maintenu 40 km d'écart sur les 150 derniers km. »

Sur la distance de 500 km, Caroline Vaillancourt a triomphé avec un impressionnant temps de 23 h 38.

Elle a terminé quatrième sur 52 participants et elle fait partie des cinq personnes qui ont franchi la distance en moins de 24 heures, un exploit en soi.

La deuxième femme sur cette distance, Anne Vincent, a terminé la course en 25 h 40. Elle a pris le huitième rang au classement général.

« Je ne m'attendais vraiment pas à finir en moins de 24 heures, a avoué Vaillancourt. En fait, j'avais mis mon GPS en mode veille et je n'avais aucune idée de la vitesse à laquelle je roulais.

« J'ai appris que j'avais terminé la course en bas de 24 heures après avoir franchi la ligne d'arrivée! Je ne voulais pas que ça finisse. Pour une première expérience, je dois dire que tout a été parfait. »

Tout comme Saillant, Vaillancourt retire une fierté encore plus grande de sa quatrième position au classement général que de sa victoire au niveau féminin.

« Ça démontre qu'on a notre place aux côtés des hommes, a-t-elle lancé.

« Tout le monde semblait surpris de ma performance et on dirait que je ne l'ai pas encore réalisé. Je n'ai jamais pensé gagner la course, je voulais simplement me rendre au bout de ce défi que je m'étais lancé. J'espère que plus de femmes oseront les longues distances. »

Pour Anne Vincent, sa deuxième position chez les femmes lors de la course de 500 km et sa huitième place au classement général ont également été une belle surprise.

« Je ne visais pas un podium, mais j'ai appris au 415e kilomètre que j'étais deuxième parmi les femmes et neuvième au général. Donc, j'ai tout fait pour maintenir mon avance, a-t-elle indiqué.

« C'était une belle surprise de finir sur le podium et surtout de voir que les trois premières femmes faisaient partie du top-10 au classement général. C'est une belle représentation féminine dans l'ultracyclisme et j'espère que ça continuera de grandir au fil des années. »

Même son de cloche du côté de Blais, qui ajoute que l'endurance et la résilience des femmes font d'elles d'excellentes candidates pour l'ultracyclisme.

« C'est très encourageant de voir autant de femmes se lancer dans l'ultracyclisme, a-t-elle dit. Je pense que la culture du vélo est de plus en plus ouverte aux femmes. Alors, j'espère en voir encore plus sur la ligne de départ l'an prochain! »