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La LCF à Québec, Larry Smith doit être convaincu

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MONTRÉAL – Est-ce une bonne idée d’ajouter d’une équipe de la LCF à Québec ? Larry Smith, qui a tout vu et tout vécu dans le circuit canadien, a encore besoin d’être convaincu par ce projet intrigant.

De 1992 à 1996, Smith a agi à titre de commissaire de la Ligue canadienne de football. Ensuite, il a joué un rôle déterminant dans le succès des Alouettes en étant président du club pendant plus de 10 ans.

Son passé de joueur remonte à une autre époque, de 1972 à 1980, mais il ne s’est jamais éloigné de la réalité particulière de la LCF.

À 75 ans, quand on lui a demandé d’évaluer la pertinence de ce projet, Smith n’a pas affiché son éclatant optimisme habituel.

« J’ai toujours pensé que ça pourrait être très intéressant, mais il ne faut pas oublier que la compétition est très forte à Québec avec le Rouge et Or de l’Université Laval. Les gens sont très fiers de leur équipe. Veulent-ils avoir deux équipes dans leur ville ? Ça coupe un peu le marché », a souligné Smith qui a été Sénateur jusqu’en avril 2026.

Dans le cadre de ses fonctions de commissaire de la LCF et de président des Alouettes, l’idée d’implanter un club à Québec avait abouti sur son bureau à quelques occasions.

« On avait eu quelques discussions informelles avec des gens de Québec, mais le succès du Rouge et Or était le grand obstacle. Ce sera intéressant de voir la suite avec un groupe d’investisseurs qui est prêt à considérer ce facteur. Mais l’obstacle principal demeurera toujours le coût d’acquisition et la construction d’un stade », a ajouté Smith.

Au niveau de la somme, évaluée à 25 millions, pour acquérir une nouvelle équipe, il semblerait que le groupe du promoteur immobilier William Trudel serait outillé pour s’en acquitter. Quant à la construction d’un stade, l’implication des paliers gouvernementaux serait requise pour ce projet évalué entre 300 et 400 millions.

Le nouveau commissaire, Stewart Johnston, serait ravi de concrétiser l’arrivée d’un 10e club dans la LCF. Les efforts vont donc se poursuivre en coulisses, mais la rivalité qui surgirait avec les Alouettes de Montréal deviendrait bénéfique pour le circuit canadien. Le talent « local » serait aussi bien servi avec la panoplie de joueurs québécois qui s’illustrent dans la LCF, la NCAA et au niveau universitaire canadien.

Parmi les autres changements qui se trament dans la LCF, les Alouettes pourraient retourner s’établir au Stade olympique à la conclusion des travaux de rénovation.

Smith a vécu le retour des Alouettes au Stade olympique en 1996 et leur déménagement salutaire au Stade Percival-Molson. Sur ce sujet aussi, il ne peut guère être persuadé de la réussite.

« Ça dépend. J’étais là, comme joueur, quand nous avons joué au Stade olympique devant 72 000 personnes dans les années 1970. Pour le football, ça exige un minimum de 30 000 personnes (dans un grand stade) pour créer une ambiance que les gens vont aimer. Ce sera intéressant de voir comment ça se déroulera », a-t-il réagi.

Depuis la conquête de la coupe Grey en 2023, les Alouettes ont redoré leur blason et les dirigeants actuels ont relancé la ferveur autour de l’équipe. Cependant, la meilleure foule en 2026 a été celle de 22 752 spectateurs.

On arrive maintenant au dossier épineux des changements de règlements. Les discussions se poursuivent avec le réseau universitaire canadien qui ne désire pas réduire le terrain de 110 à 100 verges et déplacer les poteaux des buts à l’arrière de la zone des buts.

« J’ai vu au moins cinq à dix fois ‘Le quart-arrière recule, décoche sa passe et frappe le poteau… Oh non !’ Je crois que ça vaut la peine d’effectuer ce changement. Pour la grandeur du terrain, je n’en suis pas certain, j’aimerais voir l’impact après quelques années », a commenté Smith alors que ça implique des coûts d’envergure pour modifier les surfaces de jeu.

Cela dit, Smith a rappelé qu’il comprenait très bien le commissaire Johnston, il pouvait se placer dans ses souliers.

« Le défi, pour n’importe quel commissaire, c’est de générer de l’intérêt, effectuer des changements et bâtir quelque chose. Certains changements vont générer une rétroaction et il faudra voir si c’est positif ou négatif. Le plus important, c’est de récolter les réactions pour assurer un avenir fort à la LCF. »

Au moins, Smith n’a plus à se soucier de la survie des Alouettes. Ça lui aurait déchiré le coeur d’assister à la fin de cette organisation qui a favorisé le développement du football au Québec.

« La réussite des jeunes du Québec au football depuis 30 ans, c’est énorme. Il y a les programmes universitaires et ceux au Cégep qui sont très forts. L’éducation, c’est si important, ça procure des occasions à ces jeunes. On peut voir tous les francophones qui exercent des rôles importants aujourd’hui dans la LCF », a ciblé Smith.

Durant sa jeunesse, dans les années 1960, Smith assistait à des matchs des Alouettes et il rêvait d’imiter ses idoles George Dixon et Don Clark. Sans briller à leur hauteur, il sera devenu joueur, président des Alouettes et commissaire de la LCF.