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Les pièges qui attendent les Alouettes face aux Bombers

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COLLABORATION SPÉCIALE

C’est une petite surprise qui nous attend samedi prochain au stade Percival-Molson. Les Blue Bombers de Winnipeg, négligés la fin de semaine dernière à Toronto, ont vaincu les Argonauts. Un match dans lequel ils n’ont jamais eu les mains sur le volant. Un revirement sur les unités spéciales en fin de match est venu faire la différence. Résultat : on sera privé d’une troisième finale de l’Est Toronto-Montréal en quatre ans.

Difficile de faire l’autopsie d’une équipe dont l’identité du quart-arrière partant est toujours inconnue. Le vétéran Zach Collaros s’est blessé aux côtes lors du dernier match de la saison régulière, si bien que c’est Dru Brown qui a obtenu le départ à Toronto. Malgré la victoire, le réserviste n’a pas été à la hauteur – comme trop souvent lorsqu’il a été appelé à entrer sur le terrain cette saison. Brown a un style très cowboy. Il est autant capable de jeux savants que de bourdes monumentales. Il aime décocher de longues passes, mais peine à rejoindre ses receveurs dans les zones profondes. La réalité est la suivante : dans un match où on peut présumer que l’attaque des Blue Bombers devra y aller coup pour coup avec celle des Alouettes, j’ai de la difficulté à imaginer Brown mener son équipe à une performance de 30 points ou plus.

Blue Bombers 25 - Argonauts 22 Faits saillants de la demi-finale de l'Est entre les Blue Bombers de Winnipeg et les Argonauts de Toronto.

Et si Collaros est disponible pour le match? Si tel est le cas, c’est lui qui obtiendra le départ. Est-ce que cela augmenterait les chances de Winnipeg de venir causer une surprise dans la métropole? Oui, mais pas assez pour changer ma prédiction que les Alouettes gagneront la partie. Collaros, 38 ans, est capable du meilleur comme du pire à ce point-ci de sa carrière. Au cours des trois dernières saisons, son ratio passes de touché/interceptions est de 49/41. Ce n’est pas digne d’un quart-arrière qui mène son équipe à la coupe Grey.

Peu importe l’identité du quart-arrière des Blue Bombers, les Alouettes devront absolument le mettre sous pression, un élément qui a manqué à la défense de Noel Thorpe cette saison. Montréal s’est classé au 8e et avant-dernier rang de la LCF pour les sacs du quart avec 27. L’unité a beaucoup de difficulté à rejoindre les passeurs sans utiliser le blitz. L’idéal serait d’être capable de déranger le quart-arrière sans devoir hypothéquer la couverture de passe, surtout si Collaros, qui est plus apte à faire des lectures rapides et sortir le ballon de ses mains rapidement, obtient le départ.

Attention à Oliveira

Le meilleur joueur offensif des Bombers demeure leur demi offensif canadien Brady Oliveira. Ce dernier vient tout juste de remporter son troisième titre de meneur de la LCF pour les verges au sol en quatre ans. Lors du premier affrontement entre Winnipeg et Montréal cette saison, celui disputé au Manitoba et remporté par les Blue Bombers, le porteur a récolté 106 verges au sol sur 16 courses en plus d’inscrire un touché. Son utilisation avait été plus limité dans le deuxième match, celui disputé à Montréal, puisque les Alouettes s’étaient rapidement bâtis une avance qui a forcé les Bombers à lancer le ballon plus souvent qu’à leur tour.

Et c’est peut-être là la clé pour Montréal : la meilleure façon d’arrêter Oliveira, c’est de l’empêcher de toucher au ballon. Un début de match productif de l’attaque Montréalaise et une défense qui tient le coup ne serait-ce que lors des premières séquences offensives de Winnipeg pousserait le coordonnateur Tommy Condell à lancer le ballon à outrance et ferait dégringoler les chances des Bombers de gagner le match.

Rouille ou pas rouille : telle est la question

Les Alouettes ont pris la décision audacieuse de reposer plusieurs de leurs éléments clés en attaque. Davis Alexander, Tyson Philpot et Tyler Snead n’ont pas disputé les deux derniers matchs de l’équipe. Ces matchs n’avaient aucune signification au classement et on voulait éviter des blessures dans ces circonstances. Ça se défend. Par contre, leur dernière présence dans un match remonte au 12 octobre. Le match de la Finale de l’Est, le plus important de la saison jusqu’à maintenant, sera disputé le 7 novembre, 26 jours plus tard. 26 jours, sans jouer, c’est long. Est-ce que la rouille se fera sentir en début de match? À voir.

En passant, bien que ce n’est pas la manière dont je m’y serais pris (j’aurais préféré voir le trio jouer quelques séquences lors de la Semaine 21 à Toronto), la position des Alouettes se défend. Cette situation n’est pas toute noire ou blanche. Les deux côtés ont leurs avantages et leurs inconvénients. Le match de samedi ne se jouera pas simplement sur cette décision.