MONTRÉAL – Une bénédiction et une malédiction, voilà ce que le temps peut devenir pour un entraîneur de football. La défense des Alouettes de Montréal est reconnue pour piéger ses adversaires, mais elle doit éviter de se piéger elle-même.
Le coordonnateur défensif Noel Thorpe a toujours aimé déployer des stratégies variées ou implanter des nouveautés. Entre le dernier match significatif, celui du 12 octobre, et la finale de l’Est, qui sera disputée le 7 novembre, Thorpe aura disposé de plus de 25 jours pour réfléchir à son approche stratégique.
Quand on a abordé ce sujet, Thorpe n’a pas pu s’empêcher de s’esclaffer.
« C’est vraiment une bénédiction et une malédiction », a-t-il admis en riant.
« Tu ne veux pas trop réfléchir non plus. On doit s’assurer de faire les choses qui nous procurent du succès et continuer dans ce sens. Mais ça nous accorde aussi du temps pour améliorer certains petits trucs. On veut être alertes dans tous les aspects et être sur la même longueur d’onde du front défensif jusqu’au maraudeur », a poursuivi Thorpe.
Son patron immédiat, Jason Maas, comprend le dilemme avec lequel Thorpe doit composer.
« Le problème, c’est que vous avez le temps de réfléchir. Et parfois, vos pensées s’emballent et partent dans tous les sens. En plus, Noel possède des années et des années d’expérience desquelles il peut s’inspirer. Mais c’est aussi une chance, car il peut trouver des idées originales qu’on n’a pas encore utilisées et qui complètent notre style. Il existe toujours quelque chose qui peut surprendre les gens. En somme, ça demeure un avantage d’avoir cette semaine pour se préparer », a indiqué Maas.
Le secondeur Geoffrey Cantin-Arku représente à merveille l’identité défensive des Alouettes. Cantin-Arku peut autant stopper la course avec un puissant plaqué que reculer en couverture ou s’avancer sur un blitz. À ses yeux, élaborer le plan de la finale de l’Est ne sera pas un grand casse-tête.
« C’est sûr qu’on va respecter la base de ce qu’on fait. De toute manière, on accomplit justement un bon boulot pour varier notre approche de semaine en semaine. Ça fait partie de nos forces », a noté le Québécois qui a amassé 89 plaqués défensifs, 5 sacs du quart et une interception cette saison.
Évidemment, ce plan sera adapté en fonction du gagnant de la demi-finale de l’Est entre les Blue Bombers de Winnipeg et les Argonauts de Toronto. Mais le message s’est déjà propagé chez les Alouettes.
« Cette année, on s’en fout vraiment de l’identité de notre adversaire, Coach Maas a insisté là-dessus. Peu importe qui va se présenter à Montréal le 7 novembre, on va obtenir le même résultat », a noté Cantin-Arku qui, étrangement, n’a pas été sélectionné sur l’équipe d’étoiles de la division Est.
La force de caractère de Burns et la défense
Cette saison, le rendement offensif a volé encore plus haut à travers la LCF. Ça n’a pas aidé la cause des unités défensives et celle des Alouettes n’a pas échappé à cette tendance en allouant 476 points, le plus haut total des cinq dernières saisons.
Cela dit, la défense montréalaise a retrouvé un peu de son aplomb en allouant moins de 25 points lors des cinq duels qui ont complété le calendrier régulier.
« C’est le standard auquel on doit jouer. On effectue mieux notre boulot et on limite les jeux explosifs. Mais le plus important, c’est qu’on a bien joué pour éviter d’allouer des touchés à nos adversaires. C’est tout à l’honneur des joueurs qui croient en notre approche », a déclaré Thorpe.
Le demi de coin, Lorenzo Burns, qui est opposé semaine après semaine aux meilleurs receveurs des équipes adverses, était content de cet exposé.
« On s’impose de hauts standards. L’an dernier, j’ai l’impression qu’on aurait dû remporter le championnat. Ça demeure notre objectif principal et on pratique à fond tous les jours », a mentionné le numéro 20 qui a obtenu, lundi, une prolongation de contrat.
D’ailleurs, Burns a expliqué qu’il adore les grands défis qui lui sont présentés de match en match.
« Le plus important, c’est l’état d’esprit. Je sais que je vais affronter les meilleurs receveurs et je dois prouver que je suis le meilleur à ma position. J’aime que la pression repose sur mes épaules », a conclu Burns qui a souvent inspiré ses coéquipiers par sa force de caractère.