MONTRÉAL – Quel genre de risque attirera les Alouettes de Montréal pour le repêchage de la LCF qui aura lieu mardi soir (19 h sur le RDS.ca)?
Pourquoi parle-t-on d’un risque au lieu de miser sur des valeurs sûres? Parce que les Alouettes disposent présentement d’une profondeur intéressante.
Ensuite, le repêchage de la LCF demeure l’un des plus complexes à gérer. Car, depuis quelques années, la majorité des espoirs du top-10 se font repêcher dans la NFL ou ils signent un contrat avec une équipe de la NFL.
Arrivé en poste en janvier 2020, le directeur général Danny Maciocia n’a jamais hésité à sélectionner des joueurs qui, selon lui et ses collègues, seraient éventuellement retranchés par la NFL. Cette audace a été payante avec Marc-Antoine Dequoy, Pier-Olivier Lestage, Lwal Uguak, Geoffrey Cantin-Arku et Jonathan Sutherland vient s’ajouter à cette liste alors qu’il participera à son premier camp d’entraînement avec les Alouettes qui l’ont repêché en 2023.
L’approche de tenter un autre pari du genre apparaît ainsi plausible.
« Oui, on est dans une situation dans laquelle on peut se le permettre surtout avec le contenu canadien qu’on possède. On doit être vraiment stratégique », a admis Maciocia à la veille du repêchage.
De manière théorique, les Alouettes détiennent un choix dans chacune des huit rondes du repêchage dont la huitième sélection en première ronde. Mais dans les bureaux de l’organisation, on se réjouit pour cette raison.
« Il faut regarder l’arrivée de Jonathan Sutherland comme un choix de plus en première ronde cette année, même si on a eu besoin d’attendre trois ans », a insisté le DG.
— Danny Maciocia, DG des Alouettes
Évidemment, le candidat qui inciterait les Alouettes à parier sur lui devra être encore disponible. Au moment de publier cet article, deux Canadiens ont été repêchés dans la NFL cette année, six autres (dont les Québécois Rohan Jones et Malick Meiga) ont obtenu un contrat à la suite du repêchage et quatre (dont le Québécois Dariel Djabome) ont reçu des invitations à un camp.
Maciocia a exclu ceux qui ont été repêchés (Akheem Mesidor en 1re ronde et Logan Taylor en 6e ronde) puisqu’ils sont dans une autre catégorie. Le DG a même blagué en disant que Mesidor pourrait acheter une équipe de la LCF avec le contrat dont il héritera ayant été repêché en première ronde.
Pour les autres, Maciocia est content qu’ils aient attiré des équipes de la NFL.
« Ça fait notre affaire parce que des équipes se diront qu’elles ne vont jamais les voir. Nous, notre attitude est quelque peu différente. Pour le moment, on frappe pour mille (avec cette approche) », a-t-il noté.
Que penser de Rohan Jones et Malick Meiga?
La semaine dernière, de passage à notre émission Le 5 à 7, Maciocia avait indiqué que sa priorité se situait en attaque (ligne offensive, receveur et centre-arrière).
Il y a justement deux Québécois très prometteurs qui correspondent à ces critères. Rohan Jones a convaincu les Rams de Los Angeles de lui consentir un contrat. S’il revenait dans la LCF, Jones pourrait agir comme receveur (pour des tracés courts) ou centre-arrière.
« Probablement que les neuf équipes de la LCF s’intéressent à lui. Il a joué au Collège André-Grasset, je connais le monde qui l’a dirigé et on a eu quelques rencontres avec lui. C’est un excellent joueur de football, mais un camp l’attend avec les Rams. On est vraiment contents et très fiers de lui », a commenté Maciocia.
L’autre, c’est l’imposant et rapide receveur Malick Meiga. À six pieds quatre pouces, Meiga a couru le 40 verges en 4,36 secondes. La NFL raffole de ces athlètes et les équipes ont tendance à leur accorder quelques chances de s’établir.
Meiga a choisi l’offre des Panthers de la Caroline en fonction des ouvertures dans cette organisation. Les Alouettes vont suivre ce dossier et utiliser leur « réseau de contacts » pour évaluer ses chances de percer.
Année moins faste pour les équipes du Québec
Le Québécois Émeric Boutin ne nécessitera pas une réflexion aussi complexe. L’espoir du Rouge et Or de l’Université Laval attire grandement les équipes de la LCF en raison de ses atouts et son solide bagage alors qu’il a appris auprès d’Antony Auclair qui a joué dans la NFL.
Le volet négatif, c’est que dans le top-20 publié par la LCF, Boutin est le seul joueur à avoir disputé son football universitaire au Québec. Force est d’admettre que le chemin universitaire américain prend encore plus d’ampleur.
« Depuis que je suis ici, en janvier 2020, j’ai toujours dit qu’on garderait nos meilleurs effectifs chez nous à talent égal. Ça ne va pas changer cette année », a d’abord réagi Maciocia.
« Il y a d’excellents joueurs disponibles au Québec ou des Québécois qui jouent de l’autre côté de la frontière. Il y en a au moins quatre ou cinq qui sont très intéressants. La cuvée 2026 est intéressante, mais je dirais que la cuvée des équipes du Québec l’est un peu moins cette année », a reconnu Maciocia.
En terminant, le quart-arrière de l’Université McGill, Éloa Latendresse-Régimbald a été très lucide en réalisant qu’il devra changer de position pour s’établir dans la LCF.
« C’est tout un athlète. Le gabarit est là, il court vite et il est fort. Est-ce qu’il peut réussir à une autre position? C’est ça, la question. Dans son cas, le camp d’entraînement représentera trois semaines assez intenses. Il devra bien se débrouiller pour se tailler un poste », a conclu Maciocia.





