Il y a quelques saisons dans la NFL que nous n’avons pas eu de « super favoris » avant même que la saison ne commence. Les Rams de Los Angeles cette saison, avec ou sans Aaron Donald, sont d’entrée de jeu les grands favoris pour remporter le prochain Super Bowl, qui sera d’ailleurs disputé dans leur stade, le SoFi Stadium d’Inglewood en Californie.
Les Rams étaient déjà au sommet des pronostics, par une petite marge, avant de faire l’acquisition du demi de coin étoile Trent McDuffie et d’offrir un contrat à son comparse Jaylen Watson. Déjà, la cote des Rams avait fait un petit bond. C’était avant LA transaction.
Le 1er juin dernier, les Rams ont échangé Jared Verse et une ribambelle de choix au Browns de Cleveland pour Myles Garrett, le joueur défensif de l’année en 2025 et en 2023, tout en terminant dans le top-3 en 2024.
Seulement quatre joueurs ont remporté le titre deux fois ou plus dans les années 2000. Ray Lewis a pris sa retraite en 2012, JJ Watt a fait de même en 2022 et le dernier, un certain Aaron Donald, titré trois fois comme Watt et qui pourrait sortir de la retraite pour rejoindre son ancienne équipe.
Sans grande surprise, l’ajout de Garrett a fait passer les Rams de favoris à « super favoris » pour remporter un 3e Super Bowl. Prendre une autre équipe à ce moment serait l’équivalent de tenté le grand coup, avec les 31 autres formations.
Mais les choses partent parfois rapidement en fumée dans la NFL. L’année dernière, très peu sont ceux qui ont mis leurs billes sur les finalistes, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et sur les champions, les Seahawks de Seattle, rivaux de division des Rams.
En fait, les preneurs aux livres ne plaçaient même pas ces deux équipes en éliminatoires. Des 14 favoris, le nombre d’équipes classées, sept n’ont pas fait les éliminatoires, trois ont été éliminés dès le premier tour et seuls les Rams ont gagné deux matchs d’après-saison.
Est-ce que l’année dernière était « spéciale », mais surtout, est-ce que les équipes largement favorites arrivent à leurs fins la plupart du temps? Un petit retour en arrière s’impose, comme si le passé était garant du futur.
Les anciens « super favoris »
Pour les comparaisons, voici l’approche d’ESPN qui s’est basé sur les 10 équipes avec la plus grande marge depuis 1990. Avec des 12,5 % des chances, les Rams ont un écart de 5,1 % avec leurs plus proches rivaux, les Ravens de Baltimore et les Bills de Buffalo, un écart de 5 % ou plus pour seulement la deuxième fois depuis 2009.
Voyons voir si les chances sont réellement du côté du Joueur le plus utile sortant, Matthew Stafford, et son troupeau, et si son berger Sean McVay et lui peuvent remporter un deuxième titre depuis leur association.
Les chiffres des chances de l’emporter ont été compilé depuis l’historique disponible sur Football Reference.
1.Patriots de la Nouvelle-Angleterre, 2017
Chances : 19,8 %; Marge: 11,5 %
Résultat : défaite au Super Bowl 41-33
Les Pats de 2017 sont les plus grands favoris de présaison des 36 dernières années. Avec 19,8 % des chances et 11,5 % de plus que le second, c’était presque déjà dans la poche pour Tom Brady et sa brochette de talents.
Les Patriots étaient les champions en titre après un retour historique contre les Falcons d’Atlanta. La cible favorite de Tom Brady, Rob Gronkowski, était rétablie d’une blessure et l’équipe venait d’ajouter le receveur étoile Brandin Cooks.
Plusieurs choses se sont passées comme prévu. Brady a gagné le MVP, Cooks et Gronk ont atteint la barre des 1000 verges et les Pats ont terminé premier de l’AFC avec une fiche de 13-3, malgré un lent départ de 2-2, dont une victoire in extremis dans le quatrième match contre les Texans de Houston qui allaient terminer l’année avec quatre victoires.
En éliminatoires, les Pats ont évité la catastrophe en finale d’association contre les Jaguars. Un touché défensif annulé pour Jacksonville et deux touchés tardifs de la Nouvelle-Angleterre a amené les favoris en finale dans la controverse, une autre pour la troupe de Bill Belichick.
Les Pats ont finalement baissé pavillon 41-33 devant les Eagles de Philadelphie et le quart suppléant Nick Foles dans un match marqué par le « Philly’s special ».
2. Patriots de la Nouvelle-Angleterre, 2007
Chances : 20,9 %; Marge: 10,5 %
Résultat : défaite au Super Bowl 17-14
Signe de la domination des Pats pendant près de deux décennies, la deuxième plus grande marge leur appartient aussi, 10 ans auparavant. Autre tendance, les nouvelles acquisitions.
En 2007, Brady pouvait compter sur un groupe de receveurs revampé avec l’ajout de Wes Welker et d’un certain Randy Moss. Les résultats en saison ont été astronomiques, dans la controverse.
La saison a démarré avec le célèbre « spy gate ». L’équipe avait été prise à espionner les Jets de New York lors de la première semaine, faisant passé l’équipe au statut de vilain. Qui détester plus qu’une équipe largement favorite qui ose tricher en plus?
Dignes de leur statut, les Patriots ont terrorisé les défenses adverses, terminant la saison régulière avec une fiche parfaite de 16-0 et un écart moyen tout près des 20 points.
Les 4806 verges de Brady étaient la 3e meilleure saison de l’histoire à ce moment et il était le premier quart a lancé 50 passes de touché en une campagne. Il mettait alors la main sur son premier de trois MVP.
Moss avait aussi établi un record de 23 touchés par la passe, marque qui tient toujours, et ses 1493 verges le plaçaient 27e à l’époque. De son côté, Welker avait amassé 1175 verges et huit touchés. Ses 112 réceptions étaient la 9e marque de tous les temps.
Cette fois, le miracle des éliminatoires a été le fruit de David Tyree et le célèbre attrapé avec le casque encore connu à ce jour comme le « Helmet Catch ». Tyree et Eli Manning, la némésis de Brady, menaient les Giants à une victoire de 17-14 pour mettre un terme au parcours parfait des vilains Patriots.
3.49ers de San Francisco, 1996
Chances : 19,2 %; Marge: 9,6 %
Résultat : défaite au 2e tour 35-14
Les 49ers sont favoris pour une troisième saison consécutive en 1996. Leur marge est fortement aidée par le fait que les deux autres favoris sont dans leur association, les Cowboys de Dallas, champions en titre, et les Packers de Green Bay. Les meilleures équipes des dernières saisons dans l’AFC toutes dépouillées de plusieurs joueurs.
Les 49ers ont remporté le Super Bowl en 1994 et malgré une sortie hâtive en 1995, les espoirs sont encore grands pour la force dominante des années 90. Après une excellente saison de 12-4, les 49ers blanchissent les Eagles au premier tour 14-0.
Ils se butent cependant à la meilleure équipe de la NFL en saison régulière, les Packers, au 2e tour. Green Bay va pulvériser 35-14 les 49ers et vont profiter de l’élimination des Cowboys au même moment pour se retrouver avec le champ libre. Les Packers vont remporter le Super Bowl cette année-là contre les Patriots.
4.Rams de St-Louis, 2002
Chances : 15,7 %; Marge: 7,8 %
Résultat : Pas qualifiés pour les éliminatoires
Les Rams sortent d’une défaite au Super Bowl contre les Patriots et un quart-arrière recru, un certain Tom Brady, vous le connaissez peut-être. Néanmoins le « Greatest Show on Turf » est favori en 2002.
Ils ont dans leur rang ce qui était peut-être la meilleure attaque de l’histoire à ce moment. Kurt Warner vient d’être nommé Joueur le plus utile, Marshall Faulk est l’un des meilleurs porteurs de ballon à double menace de l’histoire et Warner compte sur un duo de receveurs incroyablement talentueux en Isaac Bruce et Torry Holt, 5e et 17e dans l’histoire pour les verges sur réception. Avec en prime, une défense dans le top-10 du circuit la saison précédente.
Mais les blessures viennent détruire la saison les Rams. Kurt Warner ne joue que six matchs lors desquels il ne sera pas l’ombre lui-même, la pire saison de sa carrière avec une fiche de 0-6 et 11 interceptions contre trois touchés.
Les Rams perdent aussi le bloqueur étoile Orlando Pace et le demi défensif étoile Aeneas Williams. Faulk, 2e au MVP derrière Warner en 2021, connait une baisse drastique de production. Ce sera le début de la fin pour lui qui ne courra plus jamais pour 1000 verges en une saison.
Remplacé par Marc Bulger, Warner aussi se dirige vers sa sortie de St-Louis. Il ne jouera que deux matchs la saison suivante, sa dernière avec les Rams. C’est la fin de la courte époque du « Greatest Show on Turf » qui n’aura durée que trois saisons et un camp d’entraînement.
Les Rams vont finir la saison 7-9 et rater les éliminatoires. Avec Bulger comme quart, ils vont terminer 2003 avec une fiche gagnante, mais devront attendre 2017 pour le refaire.
5.Patriots de la Nouvelle-Angleterre, 2009
Chances : 18,2 %; Marge: 7,1 %
Résultat : défaite au premier tour 33-14
Les Patriots, encore eux, viennent compléter le top-5. Et comme les quatre plus haut, c’est un autre échec pour les favoris. En 2009, les Pats sont favoris malgré leur absence des éliminatoires la saison précédente. Tout s’explique par la blessure au genou de Tom Brady lors de la première semaine.
De retour en force, Brady va remporter le trophée du « retour de l’année » dans la NFL, mais tout n’est pas parfait. L’équipe n’est en rien celle de la saison parfaite de 2007 et Bill Belichick n’arrive pas à trouver la bonne recette.
Une saison correcte de 10-6 amène les Pats en éliminatoires, mais ils se font montrer la porte dès le premier duel contre les Ravens de Baltimore 33-14. Le porteur des Ravens Ray Rice avait amorcé le calvaire avec une course de 83 verges dès le premier jeu du match. Deux revirements et deux autres touchés au sol plus tard, Baltimore menait 21-0 après 11 minutes.
6.Packers de Green Bay, 1997
Chances : 18 %; Marge: 6,5 %
Résultat : défaite au Super Bowl 31-24
Tout va pour le mieux à Green Bay. L’équipe a gravi les échelons tranquillement jusqu’au sommet, avec comme point culminant le Super Bowl la saison précédente.
Brett Favre est au sommet de son art et s’établit comme le meilleur quart-arrière de la NFL avec en poche deux titres de MVP consécutifs. Il en ajoutera un troisième en 1997. Avec une fiche de 13-3, les Packers sont tout en haut du classement avec les 49ers de San Francisco.
Green Bay va poursuivre sa domination en éliminatoires contre les Buccaneers de Tampa Bay, avant de retrouver les 49ers dans un duel très attendu alors que les deux équipes s’affrontent pour une troisième année de suite en éliminatoire.
Les Packers vont réduire Steve Young au silence et éliminer les 49ers pour une troisième année de suite. Green Bay viendra toutefois à court contre les Broncos de Denver et John Elway, le premier de deux Super Bowls de suite pour la formation du Colorado.
7.49ers de San Francisco, 1990
Chances : 14,3%; Marge: 6,3%
Résultat : défaite en finale d’association 15-13
Joe Montana et les 49ers viennent de frapper un grand coup. Une victoire de 55-10 en finale du Super Bowl pour remporter un deuxième titre. Montana vient de remporter aussi un titre de MVP et l’équipe est sensiblement la même que l’année précédente. Tout est en place pour une autre domination des 49ers.
Tout beigne pour San Francisco et son entraîneur George Seifert qui terminent la saison au premier rang avec 14 victoires. Ils vont même survoler leur premier match éliminatoire 28-10 contre les Redskins de Washington.
Puis arrivent les Giants de New York et leur défense intraitable. L’imperturbable unité défensive des Giants menée par le duo de secondeur de Pepper Johnson et Lawrence Taylor fait ce qu’elle sait faire de mieux, étouffer les attaques adverses.
L’attaque de San Francisco, la meilleure de la NFL, ne produit que 240 verges en 21 minutes de possession et les Giants l’emportent 15-13 avec cinq placements. New York va soulever le trophée Vince-Lombardi la semaine suivante contre les Bills de Buffalo, la première de quatre défaites consécutives au match ultime pour les pauvres Bills.
8.Patriots de la Nouvelle-Angleterre, 2008
Chances : 16,1 %; Marge: 5,8 %
Résultat : Pas qualifiés pour les éliminatoires
Une saison parfaite l’année précédente gâchée par les Giants en finale, les Pats sont de retour en force en 2008, du moins jusqu’au premier match. Tom Brady se déchire le ligament croisé antérieur dès le premier week-end.
Matt Cassel prend la place de Brady et fait très bien dans les circonstances avec très bonne équipe qui ne dépendait pas seulement de son quart. Cassel mène les Patriots à 11 victoires, mais pour l’unique fois de l’histoire des éliminatoires à six équipes ou plus par association, une équipe à 11 victoires ne se qualifie pas, et ce sont les Pats.
9.Rams de Los Angeles, 2026
Chances : 12,5 %; Marge: 5,1 %
Résultat: À suivre
Les Rams et leurs partisans ont de quoi rêver cette année. Ils sont les favoris et le Super Bowl se jouera à la maison. D’ailleurs, ils ont remporté le Super Bowl lors de la saison 2021, dans leur stade, les deuxièmes de l’histoire à le faire après les Buccaneers la saison précédente.
Les Rams pourraient écrire l’histoire à plusieurs chapitres comme être la seule équipe à remporter le titre dans son stade deux fois, mais aussi être l’équipe avec le plus de chances de l’emporter qui concrétise vraiment.
Si la tendance se maintient, bonne chance pour renverser la guigne qui semble frapper les « super favoris ».
10.49ers de San Francisco, 1995
Chances : 19,3 %; Marge: 4,8 %
Résultat : défaite au 2e tour 27-17
Comme les Patriots de la fin des années 2000, les 49ers du milieu des années 90 sont plus souvent qu’à leur tour dans ce retour historique.
Champions en 94 avec une victoire écrasante de 49-26, San Francisco arrive comme favori en 95. Steve Young et Jerry Rice sont dominants et les 49ers terminent la saison 11-5 malgré les cinq matchs ratés par Young.
En congé au premier tour, ils amorcent leur parcours vers le Super Bowl contre les Packers et se font surprendre par la jeune équipe en pleine ascension. Les Packers vont cependant s’incliner contre les Cowboys en finale d’association. Dallas remporte le Super Bowl.
11.Chiefs de Kansas City, 2021
Chances : 15,1 %; Marge: 4,7 %
Résultat : défaite en finale d’association 27-24
On avait dit 10, mais comme les Rams de cette année sont dans le top-10, ajoutons la 11e équipe. Les Chiefs sont l’équipe la plus récente de ce palmarès, tout en espoir, mais surtout marqué par les insuccès.
Patrick Mahomes et les Chiefs sont l’équipe à battre au tournant des années 2020 après le départ de Brady des Patriots. Depuis l’arrivée de Mahomes en 2018, l’équipe est une puissance de la NFL.
KC a terminé la saison précédente 14-2 et le noyau de l’équipe est intact. Ils ont remporté le titre en 2019 et perdu en finale en 2020. Un lent début de saison place un doute sur cette équipe. Après un départ 3-4, les Chiefs alignent huit victoires pour dissiper les doutes. La seule autre défaite de la saison sera de trois points contre les Bengals de Cincinnati.
Mais qui peut battre Mahomes et les Chiefs en éliminatoires? La réponse jusque-là était Tom Brady, tombeur de Mahomes en 2018 avec les Patriots, puis en 2020 avec les Bucs. Mais Brady est éliminé au 2e tour par les Rams de Los Angeles, ce qui ouvre la porte à Mahomes et sa bande.
Mahomes se frotte d’abord à Josh Allen et les Bills dans un match épique qui changera la NFL. En retard, les Bills marquent un touché qui leur donne les devants 29-26 avec 1:54 à jouer. Tyreek Hill réplique avec un touché de 64 verges pour redonner quatre points d’avance à KC avec 62 secondes à faire.
Allen remonte le terrain et rejoint Gabe Davis sur 19 verges avec 13 secondes au cadran. Les Chiefs réussiront quand même le placement de 49 verges sur le dernier jeu pour forcer la prolongation.
Favorisés par le tirage au sort, Mahomes et les Chiefs vont prendre le ballon et marquer le touché victorieux sans que les Bills touchent au ballon. La saison suivante, le règlement est changé et les deux équipes toucheront désormais au ballon en prolongation.
Mais il y a un autre homme qui a le numéro des Chiefs, Joe Burrow et ses Bengals. Cincinnati surprend à nouveau les Chiefs par trois points pour atteindre le match ultime.
Résultats
Le résultat, 0 en 10 pour les plus grandes marges depuis 1990. Est-ce que les Rams pourront briser cela?
Et pour le plaisir, la formation suivante était celle des 49ers en 1994. Ils ont gagné le Super Bowl.





