LÉRY – La vie est belle pour Damien Alford. Le receveur de 25 ans a accédé à la NFL, mais son immense sourire provient surtout des épreuves surmontées qui auraient pu le faire dérailler de son rêve.
Vendredi, l’imposant athlète de six pieds six pouces et 224 livres est arrivé au tournoi de golf de son école secondaire Dalbé-Viau avec un plaisir débordant.
En janvier, Alford a paraphé un contrat de trois saisons (d’une valeur totale de 3 millions) avec les Saints de La Nouvelle-Orléans qui l’avaient déjà dans leur mire. Les Saints avaient failli le repêcher en septième ronde, mais ils ont préféré une autre option et il a donc abouti dans la LCF avec les Stampeders de Calgary où il n’a pas tardé à confirmer l’ampleur de son talent.
« J’ai fait ce qu’il fallait et les Saints sont demeurés en contact avec mon agent. À la fin de la saison, ils ont dit qu’ils me voulaient. Ça fait quelques mois que je suis avec eux et je m’adapte bien. Il fait chaud, mais c’est un bel environnement », a décrit Alford qui assimile les conseils des vétérans.
Dimanche, il allait reprendre la direction de La Nouvelle-Orléans pour la dernière semaine d’entraînement du printemps (OTA’s).
« Je dois finir en force. On aura un congé d’un mois et on va revenir pour le camp en août, il faut que je sois prêt », a convenu le colosse qui devra se frayer un chemin parmi les receveurs qui le devancent.
« Je ne suis pas le style de gars qui regarde la formation, je veux juste montrer ce que je peux accomplir dans les pratiques et exposer mon meilleur rendement aux entraîneurs », a noté celui qui sera le plus grand à sa position.
Mais, avant de se replonger dans l’univers compétitif des Saints, il avait le temps de redonner à l’école qui a fait jaillir son talent sur les terrains de football.
« Je suis fier d’être un jeune de Lachine et Dalbé-Viau. C’est là que ma carrière a commencé. D’être ici avec Coach Dom (Dominique Ménard) et d’autres anciens, ça fait du bien », a confié Alford qui avait d’abord pratiqué le soccer et le basketball.
En se fiant à l’entrevue, on n’aurait jamais cru que le français a représenté un grand défi pour Alford à son arrivée à Dalbé-Viau.
« Il a grandi dans un milieu 100 % anglophone à la maison et il a dû passer par les classes d’accueil pour apprendre le français. Il a poursuivi son parcours aux États-Unis, puis tabarouette, il est diplômé », a raconté Ménard avec une fierté qui n’est pas uniquement reliée à ses exploits au football.
« Mon parcours n’a pas été le plus facile et c’est pour ça que, quand j’ai la chance de parler à des gens ou à un groupe, je n’hésite pas à raconter mon histoire. Ils comprennent ce que j’ai vécu et ça les touche », a confié Alford qui a conservé son français même s’il a quitté le Québec depuis sept ans pour aspirer à la NFL.
Le passage le plus laborieux est survenu à sa dernière saison universitaire en 2024 alors qu’il a songé renoncer au football. Après avoir exposé son potentiel à l’Université Syracuse pendant les années précédentes, il avait choisi de transférer tardivement à l’Université Utah. Une année de misère alors qu’il n’a capté aucune passe en quatre petits matchs…
« C’était difficile, mais mon entourage ne m’a pas laissé tomber, il a fallu que je m’appuie sur eux à certains moments et je suis fier de mon parcours », a réagi Alford.
Matthew Bergeron a cru en lui
La beauté dans l’histoire, c’est qu’Alford n’est plus effrayé par aucun défi.
« Il est tellement calme. Je ne sais même pas s’il est nerveux avant un match. Je lui ai parlé avant son camp avec Calgary et avant celui des Saints et il me dit tout le temps ‘t’inquiète, t’inquiète’. Il a confiance en ses moyens et c’est vraiment cool de le voir avancer », a souligné Ménard.
Cette assurance a été acquise à partir des matchs avec les Aigles d’Or de Dalbé-Viau et elle a atteint un autre niveau grâce à sa grandeur. Même dans la NFL, peu de cibles sont autant imposantes et il devrait s’imposer comme un atout près de la zone des buts.
« J’oublie parfois que je suis grand parce que, dans le vestiaire, je suis près des joueurs de ligne offensive, a rigolé Alford. Mais quand je regarde la différence de grandeur entre moi et les demis défensifs, il y a une différence assez importante. »
Les premières occasions proviendront probablement sur les unités spéciales. Mais Alford se souviendra du soutien de son ami et ancien coéquipier à Syracuse, Matthew Bergeron.
« C’est lui qui m’a motivé à me rendre dans la NFL, il m’a dit de continuer à exécuter ce que je fais de bien sur le terrain. Il a vu mon potentiel. J’étais présent à son repêchage et ça m’a vraiment motivé », a témoigné Alford.
Par une coïncidence intéressante, Alford et Bergeron se retrouvent dans la même division. Alford pourrait donc affronter Bergeron et ses Falcons d’Atlanta dès la quatrième semaine en 2026.
« J’aurais aimé qu’il soit encore mon coéquipier, mais ce n’est pas grave. On va assurément échanger nos chandails après la partie », a conclu Alford.





