Dès samedi, suivez la Coupe Ryder en direct à RDS et au RDS.ca.
Rory McIlroy a réalisé ce que représente la Coupe Ryder trois jours avant de frapper son premier coup dans cette compétition. En 2010, alors qu’il était une jeune recrue, il était dans le vestiaire de l’équipe à Celtic Manon, au pays de Galles, avec ses coéquipiers européens. Au téléphone, il y avait Seve Ballesteros, l’âme de l’équipe européenne, à l’agonie en raison d’une tumeur au cerveau.
« Je balaie la salle des yeux et tout le monde dans l’équipe pleure pendant que Seve nous parle », a raconté McIlroy mercredi, à l’aube d’une journée grise et pluvieuse à Bethpage Black.
« Et je me dis, c’est assez! C’est ce que symbolise l’équipe européenne, a-t-il ajouté. Cette conférence téléphonique avec Seve en 2010 a tout changé pour moi. »
Le golfeur qui a jadis comparé la Coupe Ryder à une compétition amicale, « sans aucune importance pour moi », une compétition où il n’aurait pas de réactions excessives comme un poing levé vers le ciel après un important coup roulé, est maintenant le ténor et le seul Européen à avoir complété le Grand Chelem en carrière.
« C’est tout un joueur, très talentueux, et très expérimenté, a admis Viktor Hovland. Mais il doit composer avec beaucoup de pression.
« Sa présence est rassurante. Il met tout le monde à l’aise dans l’équipe. Et je crois qu’il sait comment tirer le maximum de chacun d’entre nous », a-t-il ajouté.
La question consiste maintenant à savoir ce que McIlroy pourra tirer de la foule new-yorkaise, vendredi, lors du coup d’envoi de la Coupe Ryder sur un parcours public qui a la réputation d’être très bruyant.
McIlroy est passé d’un golfeur extrêmement populaire à un individu extrêmement polarisant ces dernières années. Il est passé du rôle de critique le plus acerbe envers le circuit rival LIV, qui est financé par des intérêts saoudiens, à principal acteur pour la réunification des deux entités.
Après avoir gagné le Tournoi des Maîtres et complété son Grand Chelem en carrière, il a fait fi de ses responsabilités médiatiques à deux tournois majeurs, s’est retiré du tournoi Memorial sans prévenir l’hôte de la compétition, Jack Nicklaus, et avoir déclaré à l’Omnium des États-Unis que « j’ai mérité le droit de faire ce que je veux ».
Il est une tête d’affiche du golf professionnel, la pierre d’assise de l’Europe et de toute évidence son joueur le plus expérimenté. Ce sera sa huitième édition de la Coupe Ryder depuis sa première participation au pays de Galles, en 2010. Sa fiche de 16-13-4, qui est loin d’être la meilleure du côté européen, a tout de même permis à son équipe de remporter cinq titres, contre deux défaites.
L’Irlandais du Nord peut inspirer par son jeu et ses émotions. Néanmoins, McIlroy estime qu’il n’est pas en position d’offrir des conseils à ses coéquipiers, surtout lorsqu’il s’agit de négocier avec une foule hostile.
Il a crié de toutes ses forces, jusqu’à mettre ses mains sur ses oreilles, alors qu’il devait composer avec la foule au Minnesota lors d’un match individuel spectaculaire contre Patrick Reed à Hazeltine en 2016. Il n’a pu retenir ses larmes à Whistling Straits en 2021 après une performance décevante qui a mené à la défaite de l’Europe.
Puis, il y a eu Rome en 2023, où il a agi en tant que bougie d’allumage.
« Je suis très chanceux. Je suis soutenu partout où je vais pour jouer au golf, donc ce sera un peu inhabituel pour moi cette semaine. Mais je m’y attends », a noté McIlroy.
« J’ai parfois l’impression, à la Coupe Ryder, que je me laisse gagner par mes émotions. Puis, parfois, j’ai l’impression d’être complètement insensible (à la foule). Il s’agira donc de trouver le bon équilibre, afin d’utiliser l’énergie transmise par la foule pour alimenter ma performance », a-t-il résumé.





