MONTRÉAL – Sidney Crosby a rejoint et dépassé Mario Lemieux. Mille sept cent vingt-quatre fois bravo!
Maintenant qu’il est le meilleur marqueur de l’histoire des Penguins, Crosby peut poursuivre son ascension vers le sommet des meilleurs marqueurs de l’histoire de la LNH au grand complet. Une ascension qui est loin d’être terminée.
Fort de ses 1724 points, il rejoindra et dépassera bientôt Steve Yzerman (1755) et Marcel Dionne (1771) que le « kid » devenu très grand chassera du sixième rang des meilleurs marqueurs de l’histoire de la LNH.
Viendra ensuite son accession au sein du top-5 : Ron Francis (1798) sera le premier à être rejoint… et dépassé. Gordie Howe (1850) suivra et à moins que Crosby ne décide qu’il en a assez, il se hissera sans doute au troisième rang en dépassant Mark Messier (1887 points).
Jaromir Jagr a 197 points d’avance. C’est beaucoup. Mais le deuxième rang demeure atteignable.
Wayne Gtetzky? Oubliez ça! Je sais qu’on croyait son record de buts marqués (894) inatteignable et qu’Alex Ovechkin l’améliore chaque fois qu’il déjoue les gardiens qu’il affronte – il est rendu à 911 – mais quand même : ses 2857 points représentent un sommet bien plus difficile à rejoindre que le sommet de l’Everest.
Peu importe, le nombre de points qu’il affichera au moment d’annoncer sa retraite, peu importe qu’il termine derrière Gretzky ou Jagr, Crosby a déjà sa place au sein des meilleurs joueurs de l’histoire.
Quelle place?
Voilà une question impossible à répondre en raison des grands changements qui ont marqué le sport au fil des 100 dernières années. Ajoutez à ça les préférences des uns et des autres, les blessures qui ont miné des carrières exceptionnelles qui auraient pu l’être plus encore et on dressera des listes de cinq, dix, vingt noms qui seront toutes aussi valables les unes que les autres.
Si Mario Lemieux avait été épargné par les blessures, jamais Crosby ne l’aurait rejoint et dépassé. Jamais! Lemieux serait même devant Gretzky tout en haut de la liste des meilleurs marqueurs de tous les temps.
Si ses genoux avaient été aussi solides que son sens du hockey, Bobby Orr serait toujours considéré aujourd’hui comme le meilleur joueur à avoir chaussé les patins dans l’histoire de la LNH. Ceux et celles qui ont eu le privilège de le voir arriver dans la ligue et transformer le hockey avec sa manière de contrôler le jeu et de se lancer à l’attaque l’assurent d’ailleurs avec conviction encore aujourd’hui.
Comment les contredire alors qu’on n’a pas eu la même chance qu’eux?
C’est pour ça que ces comparaisons sont impossibles à établir avec certitudes. Et elles sont bien futiles aussi.
Je placerai toujours le nom de Mario Lemieux devant celui de Wayne Gretzky. Mais si vous dites que vous faites le contraire, impossible de vous contredire.
Alors, où placer Crosby?
« Si je le place dans le top-5, je lui démontre le respect qui lui revient », a indiqué d’une manière très diplomatique l’entraîneur-chef du Canadien Martin St-Louis au cours d’une récente mêlée de presse.
Disons que Mario Lemieux et Wayne Gretzky sont devant lui au sein de ce top-5. À qui donnons-nous les deux dernières places?
Gordie Howe doit être là. Le grand Jean Béliveau aussi. Comment écarter Bobby Orr? Le meilleur franc-tireur de l’histoire : Alexander Ovechkin? Guy Lafleur? Maurice Richard? Il y en a un qui devrait être aussi dans le top-5, non?
Et pourquoi pas le meilleur gardien de l’histoire… peu importe que ce soit Patrick Roy, Martin Brodeur, Jacques Plante, Glenn Hall, Terry Sawchuk ou Ken Dryden?
Pas évident! Vraiment pas!
Sans oublier que Nathan MacKinnon et Connor McDavid viendront sans doute un jour s’immiscer dans le débat…
C’est pour cette raison que je préfère donner à Crosby tout le mérite qui lui revient d’avoir toujours, depuis son premier match dans la LNH, été à la hauteur de la réputation qu’il a moussée avec ses prouesses du moment qu’il a commencé à tirer des rondelles sur la sécheuse dans le sous-sol de la maison où il a grandi jusqu’aux exploits qu’il a multipliés avec Rimouski dans la LHJMQ. Une réputation qui a obligé la LNH à tenir une loterie pour déterminer qu’elle équipe aurait le privilège de l’obtenir.
Il ne faudrait pas oublier non plus que la carrière de Crosby a été menacée pendant un certain temps en raison de commotions cérébrales qui auraient pu priver le hockey, et les amateurs qui adorent ce sport, d’un ambassadeur aussi grand que Wayne Gretzky et Jean Béliveau.
Et c’est justement parce que l’amateur de hockey en moi tient à continuer d’être impressionné par les succès de ce grand ambassadeur que je souhaite que Sidney Crosby quitte les Penguins d’ici la fin de la saison.
Je sais. Je reviens encore là-dessus.
Mais au-delà les résultats un brin surprenants des Penguins depuis le début de la saison, cette équipe peut difficilement croire en ses chances d’accéder aux séries. Encore moins, de franchir une première ronde.
Crosby mérite donc beaucoup mieux pour conclure sa carrière. Il mérite de jouer du hockey significatif et de viser une fois encore les grands honneurs au lieu de simplement amasser des points pour se rapprocher le plus possible de Wayne Gretzky tout en haut de la pyramide.
Crosby sera le capitaine d’Équipe-Canada aux prochains Jeux olympiques. Pourquoi pas un but en or comme celui marqué à Vancouver en 2010?
Mais pourquoi pas une autre coupe Stanley?
Au Colorado avec son ami et dauphin Nathan MacKinnon? Ce serait magique. À Dallas? À Montréal où le Canadien est toutefois plus loin de la coupe que l’Avalanche ou les Stars?
Peu importe.
Ce qui compte, c’est de revoir Crosby pas seulement au sein du groupe des meilleurs joueurs de l’histoire de la LNH, mais de le voir se battre pour les grands honneurs au moins une fois encore. Et peut-être plus…






