MONTRÉAL – « Je présume qu’on a pensé que le match était fini… », a soupiré Cole Caufield avec frustration.
Les partisans célébraient dans le Centre Bell, il restait moins de trois minutes à jouer, les Canadiens de Montréal menaient 4-0 contre les Jets de Winnipeg qui étaient sur le point d’encaisser un 10e revers de suite.
Mais dans le hockey d’aujourd’hui, aucune avance ne semble insurmontable. Les Jets, qui avaient manqué de chance durant toute la soirée, ont vu leurs efforts payer quatre fois en 2 :06 pour filer vers un triomphe improbable en prolongation.
Les Canadiens n’ont pas seulement frappé une solide zone de turbulence, ils ont subi un écrasement au moment de l’atterrissage.
« On s’est infligés ce résultat, peu de joueurs ont connu un bon match. C’était l’une de nos pires parties à cinq contre cinq. On leur a donné 80 chances de tirs (87 contre 47 incluant les tirs ratés et bloqués) et j’avais vu les statistiques aussi durant les entractes, mais je n’avais pas besoin de les voir », a jugé Martin St-Louis.
Justement, l’entraîneur des Canadiens en a vu du hockey, mais perdre en échappant une avance de 4-0, c’était une première pour lui. Alors, c’était difficile de prédire la réaction de son équipe dans les prochains jours.
« Je ne sais pas, je n’ai jamais vécu ça. Tout allait bien pour nous récemment et, tout d’un coup, tu fais te cogner dans les dents. Peut-être que c’est la chose dont tu avais besoin comme équipe. On va analyser, on va corriger et on va avancer. »
— Martin St-Louis
« Si tu laisses un échec dicter la suite… Tu dois être plus fort mentalement. Tu ne peux pas laisser un incident influencer le reste et c’est comme ça dans tout dans la vie », a ajouté l’entraîneur.
La sagesse démontrée par St-Louis était intéressante. On ne pouvait que s’empêcher d’imaginer comment Michel Therrien, ou un autre entraîneur bouillant, aurait réagi après une telle déconfiture.
Pour envisager les prochains matchs avec optimisme, Kaiden Guhle s’est rabattu sur l’avance échappée, le 20 octobre, face aux Sharks de San Jose. Le CH menait 3-1 après deux périodes avant de s’incliner 4-3 en prolongation. Montréal a enchaîné avec la séquence de cinq victoires qui a pris fin face aux Jets.
« On va se relever, se regarder dans le miroir et se demander ce qu’on peut améliorer », a pointé Guhle.
Ce qui a fait le plus mal à Guhle, c’est que son équipe a péché par complaisance quand le pointage était 4-0 en fin de rencontre.
« Oui, probablement », a-t-il reconnu avec déception.
Durant les cinq victoires consécutives, on ne peut pas dire que le Tricolore avait dominé ses adversaires. Est-ce que Guhle avait perçu des signes avant-coureurs de cette débandade?
« On sentait clairement qu’il y avait des matchs où l’on pouvait mieux jouer. On trouvait des solutions pour gagner. Cette fois, ça nous a joué un mauvais tour et ça nous a rattrapés », a reconnu Guhle.
Pendant que plusieurs joueurs assumaient une partie du blâme, Josh Anderson a poussé la note un peu plus loin.
« Ça fait partie de mon mandat d’être un meneur au sein de l’équipe et je n’ai pas accompli mon boulot », a lancé Anderson avec un goût très amer en bouche.