MONTRÉAL — L’entraîneur-chef Martin St-Louis a eu la main heureuse en réunissant récemment Phillip Danault, Alexandre Texier et Zachary Bolduc. Après trois matchs ensemble, les trois estiment avoir créé une excellente chimie et espèrent maintenant que leur trio entièrement francophone perdurera longtemps.
Réunis pour une mêlée de presse après la séance d’entraînement du Canadien de Montréal, lundi au Centre Bell, les trois joueurs étaient tout sourire, se lançant quelques blagues ici et là.
« Tu peux voir qu’ils s’apprécient. Ils travaillent bien ensemble. Trois francophones – je ne sais pas quand était la dernière fois, a lancé St-Louis avant d’éclater de rire. Je suis content qu’on ait ça. »
« Ça clique vraiment en ce moment avec les “boys” », a d’ailleurs lancé Danault dans le vestiaire.
Si le fait que trois joueurs francophones sont réunis au sein d’une même combinaison pour le Canadien fait couler beaucoup d’encre, les résultats sont jusqu’ici au rendez-vous sur la glace au sein d’une unité dont l’un des rôles est de contrer les meilleurs éléments adverses.
En trois matchs depuis qu’ils ont été réunis, Bolduc a marqué deux buts, chaque fois avec la complicité de Texier. Danault a également obtenu une aide. L’équipe n’a accordé aucun but à forces égales quand ils étaient sur la glace.
Texier pensait bien avoir ajouté un but contre les Red Wings de Detroit, samedi en prolongation, mais la révision vidéo a montré que Bolduc était hors jeu sur la séquence.
« Je me sentais mal. Je me suis excusé dès qu’on est revenus au banc. J’espère qu’il ne m’en veut pas trop, je vais lui offrir le prochain café », a plaisanté Bolduc, qui s’est fait pardonner en inscrivant le filet décisif en fusillade dans un gain de 1-0.
« Quand les joueurs sont contents de jouer ensemble, ils vont toujours s’entraider beaucoup plus, a analysé St-Louis. On le voit avec ce trio. J’aime beaucoup ce qu’ils nous donnent. Il y a beaucoup de communication entre eux, et ça paraît, pas juste offensivement, mais défensivement aussi. »
Styles complémentaires
D’un point de vue individuel, les trois joueurs sont jusqu’ici en mesure d’élever leur jeu au sein de ce trio. C’est notamment le cas de Bolduc, qui semble bien en selle dans la formation en ce début de campagne après avoir été laissé de côté trois fois au cours de la dernière saison.
« Son identité n’a pas changé, a fait valoir St-Louis. L’année passée, on a travaillé fort à l’aider à devenir un joueur complet qui joue le match en avant de lui. Il a tous les atouts : il a du patin, de la robustesse et un bon lancer. C’est un jeune joueur encore et c’était sa première saison avec nous l’année passée.
« Il fallait le convaincre sur quoi travailler et sur quoi mettre l’accent. Ce n’était pas toujours facile pour lui l’année passée, mais il a eu beaucoup de progression. Il joue du bon hockey, et ce n’est pas parce qu’il patine plus vite ou travaille plus fort, c’est jusqu’il est plus calculé. »
Texier semble également avoir trouvé un peu de stabilité, lui qui est généralement utilisé à toutes les sauces par St-Louis.
« Ça a de la valeur, surtout avec la constance qu’il nous donne, a affirmé St-Louis à propos du Français, qui a avoué utiliser quelques jurons bien québécois ici et là. On sait ce qu’il est capable de faire et on est super contents de son début de saison. Comme son trio, Texier joue de l’excellent hockey. »
« Il a une intelligence, il a les atouts pour jouer n’importe où dans la formation, a-t-il expliqué. Tu pourrais le mettre n’importe où sur le jeu de puissance. Il a une intelligence offensive et il trouve la constance pour être responsable défensivement. »
Malgré leurs styles différents, les trois joueurs montrent une belle complémentarité sur la glace. C’est, aux yeux de Texier, la raison de leurs succès. Les trois joueurs parlent d’ailleurs en français sur la glace, avant de passer à l’anglais dans le vestiaire.
« C’est la combinaison des styles de jeu, a-t-il lancé. Ça fait que ça fonctionne bien. Il faut être constant dans notre jeu. On sait la manière dont on veut jouer sur notre trio, donc on essaie juste de continuer. »
« Je pense que c’est solide, a renchéri Bolduc. Tu crées une chimie, et il n’y a rien de plus fort que ça sur la glace. Tu as beau pratiquer, apprendre tous les systèmes, les plus belles feintes, mais je pense qu’il n’y a rien comme une chimie avec tes compagnons de trio. »
Attention toutefois : les trois joueurs devront continuer à connaître de bons matchs sur la glace, sans quoi St-Louis pourrait être amené à les séparer.
« Je sais que ça fonctionne bien présentement et ils devront continuer à faire la même chose. C’est une ligue difficile, c’est difficile de garder cette constance à tous les matchs, a averti le pilote. Il ne faut pas être trop confortable. Ils doivent continuer à construire là-dessus, mais ils jouent très bien présentement. »
Pas de Matheson
Le défenseur Mike Matheson et l’attaquant Oliver Kapanen brillaient par ailleurs par leur absence à l’entraînement, tandis que l’attaquant Florian Xhekaj a quitté la patinoire après quelques minutes.
St-Louis et ses adjoints ont mis beaucoup d’accent sur les unités spéciales, alors que l’avantage numérique du Canadien se classe avant-dernier dans la LNH avec un but et un taux d’efficacité de 5,9 %.
L’entraîneur-chef a notamment déclaré que ses deux unités en supériorité pourraient être plus efficaces si elles tentaient plus de feintes de lancer afin de briser l’anticipation des gardiens adverses.
« C’est sûr que les unités spéciales sont importantes, a-t-il dit. On pourrait avoir plus de buts, mais on est où ce qu’on est. C’est de travailler pour l’améliorer et c’est ce qu’on a fait (lundi). Beaucoup de discussions, de touches et tout, en espérant que ça aide. »
Le Canadien tentera de signer une deuxième victoire de suite pour la première fois de la saison, mardi, alors qu’il accueillera les Sabres de Buffalo.