Mike Ayers fera tout son possible pour avoir sa place au TD Garden ce soir. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on a l’opportunité de voir l’un de ses anciens protégés défendre un filet de la LNH.
« Avoir son billet pour un duel Boston-Montréal, la rivalité étant ce qu’elle est, c’est toujours difficile. »
Parions toutefois qu’il y sera. Ayers est l’entraîneur des gardiens des Eagles du Boston College, l’université pour laquelle le portier du Canadien Jacob Fowler a évolué lors des deux saisons, après avoir été un choix de 3e tour du Tricolore en 2023 (69e).
Ayers ne s’attendait peut-être pas à voir son ancien élève bloquer des tirs de la LNH aussi rapidement, mais de là à dire qu’il est abasourdi par son ascension aussi rapide, non.
« Je suis un peu surpris, mais en même temps, je pense qu’il a aussi eu une chance, et beaucoup de succès et de carrières découlent de bonnes occasions. Il a eu une bonne opportunité avec Montréal et il en profite. Ça témoigne de sa personnalité et de ce qu’il a accompli tout au long de sa carrière, et c’est agréable de le voir récompensé ainsi », a confié Ayers à notre collègue Alex Tourigny, dans une entrevue effectuée à quelques heures de l’affrontement.
Fowler en sera alors à son cinquième départ dans la LNH depuis qu’il a été rappelé du Rocket de Laval pour venir épauler Samuel Montembeault et Jakub Dobes, alors qu’ils en arrachaient passablement.
Sur la glace des Bruins, Fowler se retrouvera en quelque sorte en terrain familier, puisqu’il y a déjà joué dans l’uniforme des Eagles lors du traditionnel Beanpot, un tournoi opposant chaque année les universités de la région de Boston.
« Je suis sûr que cela le met à l’aise. Je pense que cela lui rappellera probablement de bons souvenirs de l’époque où il était à Boston College. Il portera un uniforme différent, mais la glace est la même, tout est pareil, l’édifice sera plein à craquer, comme lors du Beanpot. Il y aura certainement des visages, des sons et des images familiers, donc il devrait se sentir assez à l’aise », avance Ayers.
Avant tout, c’est toutefois ses aptitudes et tout le sérieux que Fowler met dans sa préparation qui lui offrira la chance de briller ce soir, estime Ayers.
« C’est un étudiant de la game et je pense que c’est un élément important pour grandir et se développer. Il est très attentif à l’autre équipe, à ses forces, à ses faiblesses, à ses tireurs, à ses joueurs individuellement, à son jeu de puissance. Il est très attentif à tout cela.
« [Il était comme ça à Boston College] et ç’a créé un précédent pour la suite de sa carrière. Cela a demandé beaucoup de travail et il passe beaucoup de temps sur la glace, mais aussi à regarder des vidéos.

« Il regardait des tonnes de matchs de la LNH quand nous étions ensemble ici. L’acquisition de ces connaissances, sa préparation et le fait de toujours être sur le qui-vive, ça lui a permis de progresser assez rapidement. Son efficacité dans son demi-cercle et sa capacité à voir les rondelles et à se battre pour les récupérer ont toujours été la preuve de son éthique de travail. »
Un œil sur Matheson aussi
Membre du personnel d’entraîneurs des Eagles depuis 13 saisons, Ayers a aussi des liens avec deux autres joueurs du Canadien, le défenseur Mike Matheson et l’attaquant Alex Newhook.
Matheson a défendu le logo des Eagles de 2012 à 2015, avant de faire ses premiers pas dans la LNH chez les Panthers de la Floride, qui l’ont sélectionné au premier tour (23e) en 2012.
« Mike était formidable. Il a toujours été un leader. J’ai passé deux ans avec Mike et il a toujours eu un comportement discret, mais tout le monde le respectait. Quand il parlait, tout le monde écoutait. Il était certainement un élément clé, un catalyseur pour notre équipe, pendant qu’il était là. »
Newhook, qui ne sera pas de la rencontre de ce soir puisqu’il se remet d’une blessure à une cheville, a pour sa part côtoyé Ayers à Boston College de 2019 à 2021.
« Son énergie était incroyable. Il avait la même tous les jours, peu importe ce que nous faisions. C’était un kid spécial. Il fait partie de ceux avec qui nous restons en contact assez régulièrement. C’est malheureux ce qui lui est arrivé cette année, mais nous espérons évidemment qu’il se remettra rapidement et qu’il pourra bientôt revenir sur la glace. »






