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Moi, mes patins ont beaucoup voyagé

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MONTRÉAL – « Moi, mes patins ont beaucoup voyagé », pourrait chanter Noah Dobson. Dès l’âge de 14 ans, il a quitté les Maritimes pour disputer une saison à Sherbrooke et il s’est ensuite exilé en Autriche.

Son escale européenne à l’Académie Red Bull - où il a notamment développé son patinage auprès de l’ancien du Canadien de Montréal Brian Savage – a déjà été racontée.

Mais on en connaît peu sur son premier arrêt, en sol québécois, au Bishop’s College School pour participer à un programme qui en était à sa phase initiale.

« Noah a été une pièce maîtresse de notre fondation. Dès qu’il a accepté de faire le saut, environ 10 à 12 joueurs ont été convaincus par notre projet. À son âge, il avait déjà exercé un grand leadership », a expliqué Greg McConnell, le directeur de l’admission.

Certes, les ressources pour le hockey n’étaient pas aussi développées dans les Maritimes. Mais ça prenait de l’audace pour saisir sa poche de hockey et voyager aussi loin.

« Quand tu grandis dans une petite ville, tu as parfois besoin d’autres occasions et de nouveaux yeux qui t’observent pour que ton talent soit vraiment apprécié », a indiqué McConnell.

Pascal Valcourt est devenu son ami pendant cette saison avec Bishop’s et il avait eu la même impression.

« On était quelques joueurs à avoir quitté la maison. Ce n’était pas toujours facile pour certains, mais pour Noah, c’était comme si ça faisait partie de son chemin. Il a tout de suite été à l’aise avec les autres sans s’imposer. Il avait l’air d’un pro à 14 ans, il entrait dans une pièce et il avait une aura. Ça aidait à rassembler les gens autour de lui, on se sentait à l’aise en sa présence », a noté Valcourt qui agit désormais comme entraîneur à l’Académie Adrien Lemay à Dieppe.

« Mes parents et moi trouvions que c’était une bonne occasion de quitter l’île et d’avoir une telle expérience. Pour être franc, tu ne sais pas si tu es véritablement prêt tant que tu ne l’as pas vécu. C’était difficile par moments, mais c’est devenu un grand apprentissage de vie », a exposé Dobson au RDS.ca.

Déjà prêt à aider les autres

McConnell avait été marqué par une histoire démontrant l’influence positive de Dobson.

« On avait un étudiant pour lequel c’était plus difficile. Ses parents étaient malades. Noah allait le supporter ainsi que les autres, même s’il était débordé avec l’école et le sport. Il a assumé du leadership que je n’ai jamais vu à cet âge et il l’a fait comme si c’était facile », a raconté McConnell.

« Ça se sentait parfois que d’autres joueurs éprouvaient plus de difficulté à être éloigné de la maison. J’ai voulu leur donner un coup de pouce. C’est important d’aider ses coéquipiers », a réagi Dobson quand on lui a rappelé son leadership précoce.

Sur la glace, le talent de Dobson a également surgi sans tarder.

« Je me souviens de ce grand bonhomme, avec sa baby face. Mais ouf, dès ses premiers coups de patin, tu pouvais voir que c’était un homme parmi les enfants », a ajouté Valcourt.

L’école comptait sur deux équipes, celle U16 et celle U18. Même à 14 ans, Dobson avait été en mesure d’aider le club U18 et il avait même l’un de ses meilleurs joueurs dans un tournoi de fin d’année.

« Quand il a joué son premier match U18, j’étais comme ‘Mon Dieu, un jeune de 14 ans contre des joueurs de 17 ans, ça ne faisait aucun sens’. Mais il a été à l’aise et il a trouvé son rythme après quelques présences. Même dans un niveau supérieur, il avait un calme impressionnant dans son jeu », s’est rappelé Valcourt.

« Il a toujours eu cette sorte de confiance humble qu’il pouvait jouer à n’importe quel niveau », a résumé McConnell.

Adam McCormick, Noah Dobson, Pascal Valcourt
Adam McCormick, Noah Dobson, Pascal Valcourt Adam McCormick, Noah Dobson, Pascal Valcourt

En 2014, le potentiel de Dobson intriguait déjà. Mais il n’était encore qu’un étudiant raffolant du hockey. Il avait abordé, avec la bonne attitude, le défi de s’intégrer dans sa nouvelle école qui exigeait que les jeunes pratiquent plus d’un sport.

« Il est même devenu le gardien réserviste de l’équipe de soccer », a relevé McConnell.

Les partisans vont aimer le joueur et la personne

Dobson a continué de grandir durant son arrêt en Autriche. Au niveau sportif, il a démontré son ascension dès qu’il a disputé sa première saison, dans son coin de pays, dans la LHJMQ.

« Les gens ont remarqué son développement et sa progression. Ils ont probablement aussi apprécié le revoir, ils le tenaient un peu pour acquis probablement et ils ont mieux constaté à quel point il pouvait avoir un grand impact sur le jeu. Il a fait tourner des têtes », a souligné McConnell.

Dobson s’est illustré pendant ses trois saisons dans la LHJMQ (avec le Titan d’Acadie-Bathurst et les Huskies de Rouyn-Noranda). En plus de quelques honneurs individuels, il a soulevé la coupe Memorial deux ans de suite.

Reconnaissant du chemin parcouru, Dobson est l’un des athlètes avec lesquels McConnell est demeuré en contact et il a même décortiqué certains de ses matchs avec lui.

« Il est assez gentil pour nous donner du temps, il signe des items et tout. C’est merveilleux de suivre son parcours et de l’encourager à réussir. Avec Noah, il n’y avait pas d’ego ou de défi », a vanté McConnell.

À ses yeux, Dobson a démontré qu’il avait les atouts pour s’épanouir dans un marché comme celui de Montréal.

« Montréal, c’est un bon fit, il restera terre-à-terre et confiant en même temps », a-t-il ciblé.

« Les gens vont plus le découvrir comme joueur et, plus ils découvriront la personne, plus ils vont l’aimer », a conclu McConnell.

Noah Dobson et William Mitchell William Mitchell, qui était le directeur, et Noah Dobson.