Tout ceux qui ont vu le match entre les Jets et les Canadiens ont eu sensiblement la même réaction.
« Tout le monde était un peu sous le choc », a résumé Zachary Bolduc au lendemain de la gênante défaite où l’équipe a bousillé une avance de quatre buts en trois minutes pour finalement s’incliner en prolongation 5-4, mardi soir, au Centre Bell.
« J’ai jamais fait parti de ça. C’est dur à expliquer », a lentement exprimé Martin St-Louis, avant de reprendre rapidement l’intensité qu’on lui connait.
Alors qu’ils tiraient de l’arrière 4-0, les Jets ont frappé deux fois en fin de 3e période et St-Louis a senti que les choses se compliqueraient. Après le 2e but, les Jets ont retiré leur gardien. Ils ont marqué encore une fois. Puis, avec moins d’une minute, le CH a effectué un dégagement réfusé. La panique était déjà installée et on connait la suite...
« Là, tu te dis, câline, on va tu aller chercher un point? Je vais te dire de quoi, émotionnellement, je n’avais pas prévu ça. Côté processus, je savais que nous n’étions pas à la tâche et que ça allait être adressé aujourd’hui. Mais je n’avais pas envisagé que j’allais l’adresser en perdant le match. »
— Martin St-Louis
« Tu prends un but, tu en prends un deuxième, puis tu as l’impression que tout va mal, et là tu serres un peu plus le bâton. Puis, il iy a une autre erreur qui se produit. Le hockey est un jeu qui se joue rapidement. On a eu un bel exemple hier. C’est à nous d’apprendre de ça », a honnêtement analysé Bolduc.
Aujourd’hui, l’entraînement a été court, mais intense. Les sourires étaient loin d’être de retour dans le vestiaire au terme de l’entraînement.
« C’est peut-être ça dont on avait besoin de se faire frapper dans les dents pour remonter nos standards », a lancé St-Louis.
L’entraîneur-chef a réuni ses joueurs pour analyser le match pour s’attaquer aux fameux détails à améliorer avant la visite du Mammoth de l’Utah. Reste qu’essentiellement, le message demeure le même.
« Martin, c’est un gars qui est contrôle. C’est un gars qui sait où il s’en va. Il sait ce qu’il faut pour atteindre nos objectifs. C’est un gars qui est dans le monde du hockey depuis tellement d’années dans la LNH. Il sait ce que ça prend. Il a l’attention de tous et chacun », a expliqué Bolduc au sujet de son enseignant.
Évidemment, la gestion des fins de rencontre - peu importe le pointage - est centrale parmi les leçons à retenir de cette déconvenue dont on se souviendra longtemps. Ce n’est pas tous les jours qu’une équipe bat un record vieux de 107 ans, datant du 21 janvier 1919, en accordant les quatre buts les plus rapides de son histoire.
« En général, je dirais que nos détails ont descendu. Nous avions de bien meilleurs détails au début de l’année et notre fiche n’était pas aussi bonne que dernièrement. Il y a des choses qui masquent ça. Des gros buts. Des gros arrêts. Mais tu voyais nos détails descendrent un peu. »
« Notre groupe a appris de ça, doit apprendre de ça. Il faut ralentir les choses, ralentir chacune de nos actions en fin de match. C’est un apprentissage », a ajouté Bolduc.
Pas encore digéré
Le défenseur Alexandre Carrier semblait toujours à prendre avec des pincettes, déclarant que « nous tournons la page, mais nous ne l’oublions pas ».
Le vétéran attaquant Jake Evans était plus ouvert à remettre les choses en perspective.
« Nous devons comprendre que notre effort n’était pas suffisant, et nous en servir comme motivation pour le match suivant. Mais oui, ce n’est qu’un match durant une saison où il y en a 84, a-t-il dit. Nous pouvons voir les choses d’une façon ou de l’autre, mais l’important est de comprendre que nous devons être meilleurs.»
St-Louis a même comparé la performance de mardi à celle de samedi, face aux Penguins de Pittsburgh, quand le Tricolore s’en est sorti avec une victoire de 5-4 malgré des hauts et de bas.
La différence a été que le gardien Jakub Dobes n’a pas chaque fois sauvé les meubles face aux Penguins, tandis que Jacob Fowler a été fumant pendant 57 minutes contre les Jets.
Fowler a quitté la patinoire en vitesse après le but vainqueur de Dylan Samberg en prolongation. La pilule passait toujours aussi mal, mercredi matin.
« Si vous regardez seulement le pointage final, ça dit 5-4, et peut-être qu’à un moment durant la saison, nous serons heureux d’avoir obtenu ce point. Mais quand vous regardez les choses d’un peu plus près, c’était assez gênant comme match, et tout le monde était frustré en quittant l’aréna », a dit Fowler.
Carrier a fait écho à ses coéquipiers en disant que Fowler ne pouvait pas prendre le blâme pour la défaite face aux Jets.
« Il ne peut pas prendre ça sur ses épaules, a dit le défenseur québécois. Nous devons être meilleurs devant lui. Nous devons l’aider à voir les rondelles et limiter les surnombres. »