Trevor Timmins se souvient encore de la première fois qu’il a vu Carey Price.
Le gardien n’avait alors que 16 ans et il évoluait avec les Americans de Tri-City, dans la WHL.
Vingt-trois ans plus tard, Price est à moins d’une semaine de faire son entrée au Temple de la renommée du hockey, où il deviendra le 11e gardien à être intronisé après avoir disputé au moins un match pour le Tricolore.
Un seul match, c’est tout ce dont Price avait besoin pour convaincre Timmins qu’il avait le potentiel pour devenir un grand joueur.
« Il était exceptionnel. C’était un an avant son année d’admissibilité au repêchage. Je me suis dit qu’il était un potentiel gardien de la LNH, une vedette potentielle », s’est souvenu l’ancien directeur du recrutement des Canadiens de Montréal, dans une entrevue à l’émission Le 5 à 7.
Ce n’est que plus de 12 mois plus tard que son flair a mené à la sélection de Price au cinquième rang du repêchage de 2005.
S’il se souvient avoir été convaincu par le physique de Price ainsi que par « sa confiance et ses habilités pour contrôler la rondelle », Timmins se souvient aussi de la nervosité qui s’est emparée de lui au moment de sa sélection.
Questionné par Bob Gainey à quelques minutes de la sélection, Timmins a réitéré sa confiance envers le gardien.
« J’étais extrêmement nerveux. J’ai participé à beaucoup de repêchages de la LNH et quand on regarde l’histoire, ces choix qui nous rendent nerveux deviennent généralement encore meilleurs qu’on espérait. »
— Trevor Timmins
« Je m’en souviendrai toujours, c’était ferme dans mon opinion. Nous avions construit la liste et il était notre gars à ce moment. Je lui ai dit que c’était notre gars à 100 % et qu’on devait faire ce choix. On ne voulait pas échanger le choix, on voulait repêcher. »
« Il avait joué une soixantaine de matchs et c’était beaucoup à son âge. Il avait un gros physique, il était athlétique et calme. De la manière dont il jouait, nous projetions qu’il pouvait devenir un gardien partant. »
L’histoire a éventuellement donné raison à Timmins pour ce choix.
Parmi toutes ces légendes, Price est toutefois le gardien avec le plus de matchs joués (712), le plus de victoires (361), le plus d’arrêts (19 304) et il est au troisième rang pour le plus de jeux blancs (49).
« Il est évidemment un des meilleurs gardiens à avoir joué pour les Canadiens de Montréal », a dit Timmins en prenant soin de rappeler à la blague qu’il était encore jeune lors des belles années de Ken Dryden.
« J’étais extrêmement heureux pour Carey et notre organisation. Comme recruteur, quand on repêche ces joueurs, ils deviennent comme nos enfants. C’est gratifiant de voir son enfant réussir. C’est comme ça que je me sentais avec Carey », a confié Timmins lorsqu’il a été questionné sur l’incroyable saison de Price en 2014-2015.
Il avait alors remporté les trophée Hart, Vézina, Ted-Lindsay et Jennings.
Lundi prochain, Price deviendra officiellement un immortel du hockey.