À quel endroit trouve-t-on un coffret cassette de la série Lance et Compte, un bâton de hockey de la fin des années 1800, un tapis sur lequel Mario Lemieux a attaché ses patins à Salt Lake City et une collection de bâton avec lesquels Wayne Gretzky a joué?
Au Temple de la renommée, probablement? Pas tout à fait.
Au Centre d’archives du Temple de la renommée.
Ma collègue Julie Taillon et moi avons eu la chance de visiter en exclusivité cet entre en marge de l’intronisation au Temple de la renommée de Carey Price et Patrice Bergeron, lundi prochain.
Je n’ai jamais eu l’occasion de visiter le village du Père Noël, mais je l’imagine de la même façon. Un véritable paradis pour les amateurs d’histoire et de hockey.
Soulignons la patience légendaire de Miragh Bitove, Directrice des archives du Temple. Notre curiosité a légèrement repoussé son heure de dîner.
Environ 90% du matériel qui appartient au Temple de la renommée se trouve à cet endroit, un local de 18 000 pieds carrés dans une bâtisse qui abrite le centre d’entraînement des Maple Leafs, à une vingtaine de minutes du centre-ville de Toronto.
Avant d’entrer de ce qui ressemble à un entrepôt, on passe par une pièce où se trouve les bureaux des employés du Temple de la renommée.
Constat rapide : ils ne travaillent pas au Temple de la renommée pour rien. Chaque bureau n’a rien à envier aux plus beaux mancave.
À l’intérieur du bureau de Miragh, se trouve un grille-pain qui imprime le visage de Wayne Gretzky sur chaque tranche de pain grillée.
Des années 1800 à aujourd’hui
Après avoir ouvert la porte sécurisée de l’entrepôt, impossible d’ignorer les centaines de bâtons de hockey. Il y a le bâton avec lequel Wayne Gretzky a marqué son 500e but dans la Ligue Nationale.
D’ailleurs, le quart de l’espace consacré aux bâtons de hockey est réservé à ceux qui ont appartenu à Gretzky.
À travers les bâtons aux allures plus modernes, la plupart date du siècle dernier… et même de l’autre d’avant. Oui, certains ont été utilisés à la fin des années 1800.
Juste à côté, sur le dessus d’un classeur, des bouteilles de vin ouvertes quelques instants après les conquêtes de la Coupe Stanley.
On poursuit le tour du propriétaire avec Miragh, qui nous ouvre hockey l’accès à des dizaine des tablettes avec une grosse roulette qui ouvre et referme les sections.
Chaque équipe de la Ligue Canadienne de hockey possède une tablette identifiée avec ses propres souvenirs.
Idem pour les équipes de la LNH, naturellement. Les sections réservées à l’histoire du Canadien et des Maple Leafs sont les plus chargées, sans grande surprise.

Vous me direz qu’il faut chercher plus longtemps pour voir des archives de la Coupe Stanley dans la section réservée aux Leafs.
Chez le Canadien maintenant. Un cadre avec une photo de Josée Théodore, coiffé de son masque et de sa tuque à la Classique hivernale de 2003.
Des bouteilles de vin de la collection de Guy Lafleur et une pancarte électorale de Ken Dryden sous la bannière de Paul Martin aux élections fédérales de 2004.

Mon coup de cœur? La Canne de soupe Maurice Richard. Une soupe lancée en 1955 quelque temps après l’émeute au Forum. Une soupe qui faisait concurrence à la marque Campbell’s.

Bottes de cowboy et signature à améliorer
Sur une table au milieu de la pièce, on a réuni quelques items qui ont appartenu autant à Carey Price qu’à Patrice Bergeron. Ces souvenirs seront au Temple pour la prochaine année après l’intronisation des deux joueurs. Impossible d’y toucher sans avoir les gants.
On retrouve l’équipement avec lequel Price a joué son dernier match dans la LNH. Son masque, son bouclier, sa mitaine et ses jambières.
Sans surprise, des bottes de cowboy font parti du décor. À l’effigie de hockey Canada, ces bottes ont été remises à tous les joueurs de l’équipe canadienne au Championnat mondial junior de 2007.

On devine l’influence que Price avait au sein de l’équipe.
Pour Bergeron, on remarque le bâton avec lequel il a inscrit deux buts lors du septième match de la finale de la Coupe Stanley de 2011, face aux Canucks.
Aussi, un bâton utilisé lors de la saison 2002-2003 avec le Titan d’Acadie-Bathurst. Le bâton est autographié et gageons que le Québécois a amélioré sa signature depuis.

L’équipement au congélo
La visite se poursuit à l’intérieur d’une pièce froide où l’odeur rappelle celle d’une librairie. Ici, ce sont des milliers de négatifs de photos et d’autres milliers de rubans de films d’archives.
Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ils ne sont pas systématiquement numérisés. La tâche serait interminable. Ils le sont plutôt sur demande quand ils doivent être consultés pour un reportage.
Miragh nous transporte dans une autre pièce à la fin de la visite. On est surpris de constater qu’il y a deux congélos rempli à pleine capacité.
C’est que le Temple ne lave aucune pièce d’équipement qu’elle reçoit. On souhaite conserver le plus possible l’authenticité de l’équipement et éviter d’effacer, par exemple, la trace d’une rondelle sur un chandail.
On les amène donc au congélateur pour y éliminer les bactéries.
La visite est complétée, en quittant, je remarque que notre collègue Yvan Ponton a sa place au Temple. Yvan Ponton a bel bien été cet entraîneur-chef légendaire du National de Québec, non? Si jamais vous voulez récupérer les coffrets cassettes des saisons de Lance et Compte, ils sont ici.

Mais ça prend une permission spéciale.
Merci encore, Miragh!
