Pour le meilleur et pour le pire, le Canadien est la même équipe que l’an dernier.
Avec très peu de changement de personnel, c’était à s’y attendre, mais le match de Pittsburgh aurait difficilement pu rendre le fait plus évident. S’écrouler en 2e période, avant de faire une furieuse remontée en 3e pour voler un point. Ajoute quelques séquences où Dobeš rampe sur la glace dans une situation farfelue et tu as tous les ingrédients pour un match classique de nos Canadiens.
Des deuxièmes périodes encore difficiles
L’an dernier, les deuxièmes périodes étaient la bête noire du Tricolore. Pas moins de 95 buts accordés en 2e, de loin le plus haut total des trois périodes pour Montréal, et un des plus hauts totaux dans la LNH. En particulier, les longs changements forcés par le banc éloigné du deuxième vingt ont causé une tonne de séquences ou on se fait piéger en zone défensive lors d’une trop longue présence, ou du moins c’est l’impression que j’avais en cours de saison. J’ai donc décidé d’enquêter un peu et les chiffres sont réellement frappants.
Montréal a vu un joueur rester sur la glace pour plus de 1:30 à 671 reprises l’an dernier en deuxième, ou un peu plus de 8 fois par match (notez que si les 5 joueurs sont sur la glace pour 1:30+, ça compte pour cinq, et pas pour seulement un). C’est une de seulement 9 équipes à avoir subi ces présences plus de 600 fois. Ils ont aussi accordés 13 buts avec au moins un joueur piégé sur la glace. Seuls les Stars et Blackhawks en ont accordé plus (15).
Et qu’est-ce qui est arrivé contre Pittsburgh? Douze présences de 1:30 ou plus et ça a directement mené à 2 des 4 buts des Penguins. Pittsburgh a dominé la possession en zone offensive, ayant eu la rondelle sur leur bâtons pour 4:00, comparativement à 1:19 pour le CH. Montréal a aussi vu seulement 4 de ses 8 tentatives de dégagements franchir la ligne rouge centrale, ce qui ne leur permet pas de faire des changements.
L’arme secrète du CH
Après cette deuxième période aussi cauchemardesque que prévisible, une autre facette familière de cette équipe s’est réveillée. Après avoir complété 26 remontées l’an dernier, à égalité au premier rang avec Anaheim, Montréal est passé bien près de compléter sa première de la saison avec trois buts en troisième, dont deux dans le dernier 1:08 avec un 6e patineur sur la glace.
Ces séquences à 6 contre 5 deviennent rapidement la signature du Canadien, qui a marqué 8 buts après avoir retiré son gardien en 3e période l’an dernier, un total surpassé seulement par les Islanders (10) et les Ducks (9). Quand la pression est là, une équipe qui frustre souvent par son faible nombre de tirs se transforme en puissance offensive et dirige plus de 5 tirs vers le filet par 2 minutes, 2e dans la LNH.
C’est bien de savoir que ton équipe est capable d’élever son jeu d’un cran en fin de match. C’est un signe encourageant pour le futur de l’équipe, qui entre dans sa fenêtre compétitive et va assurément voir bien des séquences du genre dans son avenir. Reste que idéalement, tu préfères commencer la 3e avec une avance à protéger plutôt que de tenter des miracles à répétition.





