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Xhekaj-Struble : très loin de la catastrophe anticipée

Publié le 

Plusieurs s’attendaient au pire. À un genre de catastrophe même.

Mais dans l’ombre de Kirby Dach qui a reconquis le cœur des partisans du Canadien en pivotant, entre Alexandre Texier et Zachary Bolduc, le meilleur trio du Tricolore vendredi soir, dans l’ombre aussi de Lane Hutson qui a donné la victoire en décochant son premier tir frappé de la saison, Arber Xhekaj joue le meilleur hockey de sa saison.

Peut-être même sa jeune carrière.

Il complète avec Jayden Struble un duo qui est loin, très loin, de placer le Canadien sur les talons et dans le pétrin lorsqu’il saute sur la patinoire.

« Je dirais que les choses vont assez bien », a reconnu Xhekaj avec sa grosse voix après la victoire de vendredi.

Assez bien?

Xhekaj, qui à bien des égards représentait le talon d’Achille de la brigade défensive cette saison, a terminé le match avec une passe; un différentiel de plus 2; deux tirs cadrés sur les cinq décochés; huit mises en échec; huit des 32 collectivement assénées par le Canadien dans le cadre de la troisième partie de la série que le Tricolore mène 2-1 aux dépens du Lightning de Tampa Bay. Une série qui se poursuivra en soirée dimanche au Centre Bell.

Plus important encore, beaucoup plus important en fait, Xhekaj ne s’est rendu coupable d’aucun revirement. Et il a affiché une discipline certaine en écopant une seule pénalité mineure. Une pénalité que plusieurs – je le fais sans la moindre retenue – qualifieront de justifiée et même de nécessaire alors qu’il s’est rué sur Emil Lillegren qui venait de propulser Josh Anderson sur son gardien Jakub Dobeš en fin de troisième période.

Le geste de Xhekaj ne s’est d’ailleurs pas traduit par une attaque massive offerte au Lightning. Ce qui « glorifie » davantage son intervention.

En prime, Xhekaj s’est porté à l’attaque à quelques occasions. Des incursions qui ont permis au Tricolore de prolonger des présences en zone offensive et de générer quelques occasions de marquer.

Tout ça en 14 présences totalisant 10 min 40 s de temps d’utilisation. Ce qui est fort peu pour distribuer huit mises en échec et décocher cinq tirs vers le filet adverse.

Juste en raison de ces statistiques plus que favorables, Xhekaj, qui a souvent présenté des statistiques beaucoup plus défavorables au fil de la dernière saison, méritait pleinement de se faire dire qu’il ne venait pas seulement de disputer un match honnête, mais une très solide partie. Peut-être sa meilleure en carrière avec le Canadien.

Ce à quoi il a simplement répondu « merci » en mettant sa grosse paluche gauche sur mon épaule.

Communication + confiance = résultats

Le gros défenseur qui a passé la saison à chercher un moyen de s’installer, sur une base permanente, au sein de la brigade défensive semble non seulement avoir trouvé sa chaise, mais avoir trouvé le moyen de la garder.

Il semble même être tombé dans les bonnes grâces de Martin St-Louis. Un entraîneur-chef qui a serré la vis à plusieurs occasions à l’endroit de son jeune défenseur qui peinait à entrer dans les rangs. À jouer comme le « coach » tenait à ce qu’il joue et non comme il jouait depuis toujours.

« C’est dur de briser une personne quand elle s’est bâtie elle-même. Je suis fier de Xhekaj. Ça n’a jamais été linéaire dans son cas. Il n’est pas quelqu’un qui veut qu’on lui donne tout gratuitement. Ce n’est pas la norme avec la génération d’aujourd’hui. J’imagine que ça part de loin, de comment il a été élevé à la maison. Ce sont (ses parents) d’excellentes personnes », a témoigné Martin St-Louis après l’entraînement facultatif de son équipe samedi matin.

Ce qui est vrai pour Xhekaj, l’est aussi pour son partenaire de travail Struble. Jumelés par la force des choses, Xhekaj et Struble sont loin de former le duo qui devait davantage aider la cause du Lightning que celle du Canadien lorsqu’il sautait sur la patinoire.

Personne ne prétendra qu’ils ont fait oublier Noah Dobson au point que St-Louis devrait garder Dobson sur la galerie de presse lorsqu’il sera remis de la blessure – fracture à une main ou au pouce – qui le garde à l’extérieur de la formation depuis le 11 mars dernier alors qu’il a été atteint à la main par un tir en fin de rencontre face aux Blue Jackets de Columbus.

Mais Xhekaj et son partenaire font mieux que prévu. Beaucoup mieux!

« On se parle beaucoup. En fait on se parle tout le temps. Nous n’allons pas sur la glace lors des avantages ou désavantages numériques alors on a du temps pour analyser notre dernière présence et préparer la prochaine. La communication et l’une des clefs de notre succès. L’autre est l’importance de garder les choses simples lorsque nous sommes sur la patinoire. D’éviter de se mettre dans des situations qui nous rendraient vulnérables », a ajouté Xhekaj.

La confiance acquise en raison des responsabilités accrues offertes par St-Louis et Stéphane Robidas doit aussi jouer un rôle important non?

« C’est bien sûr! Le fait de jouer plus souvent, d’avoir plus de répétitions dans le cadre de matchs aussi importants que des matchs de séries, ça aide énormément à mousser notre confiance. Ça me permet de moins hésiter quand vient le temps de me porter à l’attaque. Quand un des attaquants est plus haut en zone ennemie, ça me donne l’occasion d’aller en fond de territoire sans crainte d’ouvrir un trou en défensive. Ces lectures du jeu viennent avec la confiance et les répétitions », a défilé le gros défenseur.

Cette confiance de St-Louis à l’égard du duo Xhekaj-Struble a sauté aux yeux de tout le monde, vendredi soir, au Centre Bell alors que c’est ce duo qui a été envoyé dans la mêlée au retour au banc de Matheson et Carrier qui venaient d’amorcer la prolongation.

Xhekaj et Struble commençaient à reprendre leur souffle au banc lorsque Lane Hutson a marqué le but de la victoire.

« Ils nous donnent du hockey mature en ce moment. Ils jouent en fonction de ce qui se passe devant eux. Ils nous donnent de bonnes minutes, du bon hockey », a d’ailleurs commenté Martin St-Louis vendredi soir après la victoire.

Quant à l’aspect physique apporté par Xhekaj, St-Louis aime ce qu’il voit. « Quand c’est le temps de se défendre, je pense que le reste de notre groupe prend ça à cœur. Il a ses mises en échec, mais Arber ne courre pas tout partout pour ces mises en échec, il les prend quand elles sont là. »

L’amour du public

Un des favoris du Canadien depuis son arrivée à Montréal, Xhekaj jouit d’un soutien populaire indéniable.

Cet amour de la foule, Xhekaj était bien heureux de le partager avec Kirby Dach vendredi soir.

« On a tous senti l’amour du public ce soir. C’était important pour tout le monde. Cela a démontré qu’en dépit de toute la négativité des derniers jours à l’endroit de Kirby, qu’il y avait encore beaucoup d’amour pour lui et pour le groupe. On a des jobs de rêve. On fait beaucoup d’argent. Mais en fin de compte on reste humain. Je suis chanceux, car j’ai pas mal toujours profité de l’appui du public. J’ai été épargné par des vagues de négativité. Mais c’est important de sentir qu’on a la foule derrière nous », a conclu Xhekaj.

L’armée de partisans qui soutient Xhekaj dans ses hauts et les moins hauts moments, ces soldats qui réclamaient plus de confiance et de patience de l’état-major à l’égard de leur général ont de quoi se bomber le torse en ce moment.

Car oui, Xhekaj et Struble offrent des performances qui sont loin, très loin même, de la catastrophe anticipée.

À eux de continuer d’en profiter.

À eux de prendre les moyens pour rester bien assis sur leur chaise lorsque Dobson sera en mesure de reprendre la sienne une fois remis de sa blessure.