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Pour contrer Suzuki, Strome et Ovi devront se lever

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Nick Suzuki

MONTRÉAL – Spencer Carbery avait raison de se méfier de Nick Suzuki.

Depuis le début de la série de premier tour qui oppose le Canadien aux Capitals de Washington, le trio pivoté par le capitaine du Tricolore est la valeur la plus sûre qui existe dans le camp bleu-blanc-rouge. En limitant sa contribution à deux buts dans les deux premiers matchs, les Caps avaient été capables de contenir la menace. Mais les signes de l'efficacité de cette combinaison étaient partout et une explosion était prévisible.

C'est ce qui s'est passé avec le déplacement de la confrontation au Centre Bell, où Martin St-Louis a pu éloigner ses ténors de la surveillance du trio de Pierre-Luc Dubois pour l'opposer à celui de Dylan Strome. La domination de l'unité dirigée par Suzuki a été complète.

Selon Natural Stat Trick, le premier trio du Canadien a généré 70% des tentatives de tirs (74-32) lorsqu'elle a été sur la patinoire depuis le début de la série. À la veille du quatrième duel, Carbery a défié Strome et son ailier Alexander Ovechkin de faire mieux.

« Ce n'est pas une chose en particulier, c'est un paquet de détails qui sont l'affaire d'un travail d'équipe, a d'abord répondu l'entraîneur lorsque questionné sur les moyens à envisager afin de retirer cette roche de leur soulier. On pourrait les forcer à jouer plus dans leur zone, on pourrait limiter leurs chances en transition. Mais il y a aussi une question de confrontation. [St-Louis] tente de les utiliser contre le trio de Strome et tant que son équipe jouera à domicile, il sera capable de le faire. À nous d'être capables de gérer ces minutes. »

Quand la marmite déborde

Le confrère Jean-François Chaumont de LNH.com a questionné Carbery au sujet de l'impact que la présence d'Arber Xhekaj dans la formation du Canadien avait pu avoir sur ses troupes dans le match numéro 3. Le coach a plutôt bifurqué vers une réponse intéressante sur la place des émotions et l'importance d'en faire une bonne gestion dans les succès de son équipe.

« Une partie de nos succès cette saison s'explique par le fait qu'on est une équipe très investie émotionnellement. C'est vrai dans chaque match, chaque entraînement, chaque session vidéo. Notre groupe est compétitif et allumé à chaque jour. C'est ce que je vois et ce que je ressens sur une base quotidienne. C'est notre identité et on ne peut pas juste la tasser sur le côté sur commande. »

« Mais il y a une ligne qu'il peut être dangereux de franchir, a-t-il continué. Malgré l'identité des joueurs adverses, malgré tout ce qui peut se passer dans un match, il faut être capables de flirter avec la limite tout en restant du bon côté de la ligne. Par moment hier, j'ai senti qu'on faisait des choses qu'on ne fait pas normalement. On a pris des punitions qu'on n'a pas l'habitude de prendre, on perdait un peu le contrôle. »

« Des fois la marmite déborde et je n'ai rien contre ça. Ça arrive avec deux équipes compétitives et des joueurs qui veulent désespérément gagner. Mais je veux qu'on soit meilleurs pour surfer sur la ligne sans la traverser. »

Dérapage contrôlé

Si la saison du Canadien a été caractérisée par de longues séries de succès et d'aussi longues périodes de sécheresse, les Caps ont su faire preuve de constance et éviter les dérapages majeurs. Ils n'ont connu que six séquences de défaites sur la durée du calendrier et n'ont jamais perdu plus de trois matchs consécutifs.

C'est là que cette équipe à la colonne vertébrale solide puise sa confiance après s'être écrasée dans l'hostilité du Centre Bell.

« Si vous n'êtes pas capables de gérer une défaite, vous ne gagnerez pas grand-chose dans cette ligue, notait le défenseur Trevor van Riemsdyk. Il n'y a rien de facile à cette période de l'année et même si vous voulez bien faire à chaque soir, il y a des matchs qui vont vous échapper. La clé, c'est de pouvoir trouver du positif dans ces défaites et les oublier rapidement. Ça ne peut pas toujours être rose dans les séries. »

Protas se rapproche

Une ombre imposante plane au-dessus du Canadien à l'orée du quatrième match. C'est celle d'Aliaksei Protas, l'attaquant format géant des Capitals.

Indisposé par une coupure au pied gauche subie le 4 avril, Protas s'approche progressivement d'un retour au jeu. Carbery a noté samedi que le colosse de 6 pieds 6 pouces s'entraînait sans restriction et était libre de distribuer les coups d'épaules. « On va voir demain, mais tout a l'air beau », a-t-il dit.

Le spécimen de 24 ans a explosé cette saison en accumulant 66 points, dont 30 buts, en 76 parties. La saison dernière, il avait été limité à 29 points en 78 matchs.