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Après l’inquiétude et la peur, le vrai Bill Zonnon

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BOISBRIAND – Immédiatement, Alexandre Jacques a lu l’inquiétude et la peur dans le visage de Bill Zonnon.

Agenouillé dans un coin de la patinoire du Centre d’Excellence Sports Rousseau de Boisbriand, le choix de premier tour des Penguins de Pittsburgh tentait alors de comprendre ce qui venait de lui arriver.

Pourquoi lui? Encore?

Bill Zonnon L'attaquant de l'Armada de Blainville-Boisbriand, Bill Zonnon, blessé au bas du corps. (Minas Panagiotakis/Getty Images)

Après avoir été privé par une blessure d’un premier camp d’entraînement de la LNH sur la glace, puis du premier mois du calendrier de l’Armada de Blainville-Boisbriand, voilà qu’il se blessait à nouveau. Sérieusement. Après quatre petites périodes de jeu seulement.

« Il était confronté à quelque chose qu’il n’avait encore jamais vécu », témoigne son entraîneur-chef.

Depuis le début de sa carrière, l’attaquant avait en effet jusque-là été épargné par les blessures. Sa chance a expiré quand il s’est présenté à Pittsburgh cet automne, quelques semaines après avoir été la 22e sélection du dernier repêchage.

En raison d’une blessure dont la nature n’a pas été dévoilée, il a été relégué à un rôle de spectateur, mais est resté dans l’entourage de l’équipe jusqu’à la fin octobre pour y suivre sa rééducation avant d’être cédé dans la LHJMQ.

Ce n’est que le 1er novembre qu’il a joué son premier match officiel dans l’uniforme de l’Armada, qui avait fait son acquisition des Huskies de Rouyn-Noranda dans l’entre-saison pour consolider son statut d’aspirante aux grands honneurs.

À peine sa rentrée effectuée, cinq jours plus tard il retraitait au vestiaire sur une jambe dès la deuxième minute de jeu de la période médiane d’un duel contre les Wildcats de Moncton. Le résultat d’une chute occasionnée par une mise en échec d’Eerik Wallenius.

« Je me demandais vraiment pourquoi ça arrive, se souvient Zonnon. Tu mets tellement d’efforts pour être capable de revenir d’une blessure et tu en subis une autre grosse qui finit par te garder hors de la glace pendant huit semaines.

« Tu en viens à te demander ce que tu n’as pas fait de la bonne façon? Qu’est-ce qui s’est mal passé? Si ça arrive une autre fois, tu te dis pourquoi ça ne pourrait pas arriver une deuxième fois. »

Zonnon s’est ainsi confié sur le sujet mercredi soir, au sortir de la victoire de 6-1 des siens à domicile sur les Eagles du Cap-Breton. Il s’agissait alors de son neuvième match depuis son deuxième retour au jeu, effectué le 28 décembre lors de la visite des Saguenéens de Chicoutimi.

Aux dires de son entraîneur-chef, Zonnon était prêt à revenir au jeu avant Noël, mais le club a opté pour la patience, histoire de mettre toutes les chances de son côté. Tout comme Zonnon l’a fait durant sa remise en forme en y mettant tout le sérieux qu’on lui connaît.

« Tout de suite [après sa blessure], il était de retour dans le gym pour renforcer ce qui devait l’être, raconte Jacques. Rapidement, il était en avance dans sa [rééducation]. Même dans cette situation-là, il a trouvé le moyen de faire de l’extra. »

Et ce même si mentalement, l’inaction était dure à accepter pour l’attaquant.

« Quand tu n’es pas capable de patiner ou de jouer, et que tu regardes les pratiques, c’est à ce moment-là que tu te rends compte à quel point tu étais bien et chanceux d’avoir du fun à jouer ce jeu-là », a réalisé Zonnon.

« C’est quand tu n’es pas capable de jouer que tu te rends compte que sans le hockey, tu n’es pas vraiment grand-chose. »

—  Bill Zonnon

Zonnon a cependant tourné la page sur cet écueil qui lui aura fait rater un total de 29 matchs depuis le début du calendrier. Et maintenant qu’il a enfin réintégré la formation de l’Armada, il peut recommencer à nourrir de grandes ambitions, pour son club et pour lui.

« Je m’attends à de bonnes choses de moi sur la glace. Je veux être un joueur qui aide l’équipe à gagner. Si tu m’avais parlé il y a quatre ou cinq matchs, peut-être que je t’aurais dit que je suis encore en période d’ajustement, mais où j’en suis maintenant, je me sens bien. »

Dans les cinq premières rencontres qui ont suivi son retour, Zonnon n’a été réduit au silence qu’une seule fois, inscrivant un but et six passes à son dossier. Une production plus que respectable, sauf pour le principal intéressé.

« De son propre aveu, il n’était pas satisfait de la façon dont il jouait depuis son retour, mais de notre côté on n’était pas inquiets », nuance Jacques.

« Avec le temps qu’il a manqué, ce n’est pas facile de revenir. Mais il est extrêmement exigeant envers lui-même et extrêmement compétitif. Et dans les deux derniers matchs, on commence à voir le vrai joueur que Bill est. »

Dimanche, face aux Eagles, le no 9 de l’Armada a réussi un tour du chapeau, marquant deux buts sur le jeu de puissance et un autre en désavantage numérique.

« Ç’a été un soulagement. Dans les games d’avant, j’avais marqué juste un but. Je me cherchais un peu. D’aller chercher ce gros match-là, c’est important pour ma confiance personnelle. »

Zonnon a remis ça contre ces mêmes visiteurs de la Nouvelle-Écosse mercredi, ajoutant deux mentions d’aide à sa fiche et affinant une chimie apparente avec ses deux partenaires de trio, le choix de premier tour des Blues de St. Louis Justin Carbonneau et le vétéran Vincent Desjardins.

C’est encore loin d’être parfait, mais ça s’en vient, estime Jacques au sujet de cette combinaison offensive au sein de laquelle il souhaite voir Zonnon faire usage davantage de son excellent lancer.

« Ils apprennent encore à se connaître, mais des fois, ils sont trop gentils les uns envers les autres. Bill, c’est un pur sang. Il faut qu’il soit capable d’amener des rondelles au filet. Il faut qu’il se fasse confiance et ne pas tout le temps chercher le jeu parfait. »

« On est trois gars talentueux. Offensivement, on est capables de faire des jeux avec la rondelle et de scorer », approuve l’athlète de 6 pi 2 po et 190 lb.

« L’important pour nous, c’est juste de jouer de la bonne façon, de se supporter. Le reste va venir. »