MONTRÉAL — Martin St-Louis n’a pas eu le privilège d’être sélectionné au repêchage de la LNH, mais il était le mieux placé pour dire à six espoirs de la LHJMQ que ces deux journées d’été ne déterminent pas le reste d’une carrière.
L’entraîneur-chef du Canadien de Montréal a rencontré Maddox Dagenais, William Lacelle, Jan Larys, Charlie Morrison, Egor Shilov et Xavier Villeneuve après l’entraînement de son équipe au Centre Bell, mardi, et on peut dire qu’il a su les captiver.
Pendant quelques minutes, St-Louis leur a demandé de garder les yeux sur l’objectif de jouer dans la LNH et de continuer à travailler d’arrache-pied après le repêchage, car les espoirs s’accumulent année après année et il y aura toujours quelqu’un pour vouloir prendre la place.
Ce n’est pas tous les jours qu’un jeune joueur peut recevoir les conseils d’un membre du Temple de la renommée du hockey et gagnant de la coupe Stanley, et le message semble avoir été très bien compris.
« J’ai grandi dans une petite ville (au Nouveau-Brunswick) alors c’est ‘cool’ de parler à une personne comme lui. Il a tellement de sagesse et il connaît tellement de choses dans le hockey. J’ai voulu vraiment comprendre ce qu’il nous disait, de trouver notre rôle et notre avantage sur les autres, parce que c’est une ligue très difficile à percer. C’est un honneur d’avoir pu le croiser ici », a mentionné Morrison, un défenseur des Remparts de Québec classé au 29e rang des patineurs nord-américains par la Centrale de recrutement de la LNH.
Le plaisir ne s’est pas arrêté à la discussion avec St-Louis. Les six espoirs de la LHJMQ sont ensuite entrés dans le vestiaire du Tricolore pour rencontrer certains joueurs du club. C’est là que l’échange entre Lane Hutson et Villeneuve a retenu l’attention.
Après avoir serré la main au défenseur de l’Armada de Blainville-Boisbriand, Hutson a avoué qu’il aimait le regarder jouer. Et on peut le comprendre. Les deux arrières possèdent un plus petit gabarit, mais ils sont très talentueux avec la rondelle et ils font souvent mal paraître leurs adversaires avec leur agilité.
Encore un peu sous le choc, Villeneuve a réitéré à quel point il est impressionné par le jeu de l’Américain et à quel point il est un modèle pour les défenseurs au gabarit moins conventionnel pour la LNH.
« Lui et Quinn Hughes sont les meilleurs ambassadeurs pour les défenseurs qui mesurent moins de six pieds comme moi. Je pense que ça ouvre des portes parce que si l’on recule de cinq ou 10 ans, ça n’existait pas vraiment des défenseurs comme ça, a exprimé le Québécois le mieux classé de la Centrale, au 15e échelon en Amérique du Nord. Lane est intelligent et il est bon avec son bâton, mais il compétitionne lors de chaque présence. C’est remarquable. »
Villeneuve et l’Armada pensent avoir l’équipe pour se rendre loin en séries cette saison et ils ont récemment ajouté Lacelle (sixième chez les gardiens nord-américains) dans leurs rangs.
Âgé d’à peine 18 ans, Lacelle veut se servir de ses sept matchs éliminatoires du printemps dernier, avec l’Océanic de Rimouski, pour amener le trophée Gilles-Courteau à Boisbriand et montrer aux recruteurs qu’il peut être fiable dans les situations corsées.
« Je veux prouver que je peux gagner en séries, que je peux prendre une équipe et l’amener au titre. J’ai un peu d’expérience, avec ce que j’ai vécu l’année passée, a-t-il déclaré. J’ai commencé à jouer plus haut dans mon demi-cercle et j’ai amélioré mon patin. J’essaie de maximiser tout ça pour me rendre meilleur. Je veux regarder le plus de hockey possible pour observer ce que les joueurs font et me donner un avantage. »
Le vestiaire du Bleu-blanc-rouge fut également le théâtre d’un beau voyage dans le temps. Pointant la plaque de l’équipe de 2003-04, Dagenais, un attaquant des Remparts, a montré à Morrison le nom de son père Pierre, qui a récolté 27 points en 50 matchs avec le Canadien cette année-là.
« C’était plaisant de voir que mon père avait joué ici. Depuis que je suis jeune, je regarde le Canadien et il a une place dans mon cœur », a fait savoir Maddox.
Dagenais (18e en Amérique du Nord) fut le tout premier choix du repêchage de la LHJMQ en 2024 et il a amassé 33 points en 40 parties cette saison. Son style de jeu plus nord-sud et son gabarit, à six pieds quatre pouces et près de 200 livres, ont de quoi intriguer les recruteurs de la LNH.
« Je voulais améliorer mon jeu physique et ma constance cette saison. Les recruteurs regardent beaucoup ces aspects chez les joueurs. Au prochain niveau, tu dois être constant. J’aime beaucoup me comparer à Zachary Bolduc. Tu dois simplement compétitionner jour après jour et montrer quel genre de joueur tu es », a-t-il indiqué.
L’Europe dans la LHJMQ
Entre Villeneuve et Dagenais se trouve Shilov (17e), un attaquant des Tigres de Victoriaville. Le Russe a été sélectionné au troisième rang du repêchage européen de la Ligue canadienne de hockey et il ne déçoit pas depuis le début de la campagne, avec 56 points en 40 matchs.
Après quelques mois dans la USHL, aux États-Unis, Shilov voyait une connexion logique avec les Tigres, qui ont accueilli plusieurs espoirs russes lors des 10 dernières années, comme Mikhail Abramov, Nikita Prishchepov et Egor Goriunov, pour ne nommer que ceux-là.
« Je savais qu’il y avait eu plusieurs Russes ici et ç’a penché dans ma décision. C’est toujours plaisant d’être dans une organisation de la sorte. Ils ont confiance en nous », a affirmé Shilov.
Il est également accompagné cette saison par son compatriote Alexei Vlasov, qui devrait aussi être sélectionné au repêchage de la LNH. Les deux joueurs évoluent sur le même trio et ils résident dans la même famille d’accueil.
« Nous avions auparavant joué ensemble pendant deux ou trois ans. Ça facilite l’adaptation de jouer avec un gars comme lui et d’avoir un ami comme ça à mes côtés », a souligné Shilov.
L’Europe est aussi bien présente devant le filet. Larys, quatrième chez les gardiens jouant en Amérique du Nord, est le mieux classé à cette position dans la LHJMQ.
Le Tchèque de six pieds trois pouces a tranquillement fait écarquiller les yeux cette saison, sa première en Amérique du Nord. Il a noté une ambiance bien différente dans les arénas du circuit Cecchini que lors des matchs juniors dans son pays.
« Je suis surpris des partisans et du nombre de partisans qui se présentent aux parties. J’ai joué au hockey junior en République tchèque et il n’y avait que nos parents et notre famille dans les estrades. Ils étaient environ 50, a dit Larys en souriant. Ici, il y a environ 2000 spectateurs et plus. Et quand nous allons à Moncton, à Halifax ou à Québec, ça peut aller jusqu’à 8000 ou même 12 000 partisans. »
Le prochain repêchage de la LNH aura lieu les 26 et 27 juin au KeyBank Center de Buffalo.






