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Après l’Europe, D’Astous est au seuil du rêve

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MONTRÉAL – Vendredi après-midi, la mère et le frère de Charle-Édouard D’Astous étaient dans un avion en direction de la Floride. Leur emploi du temps une fois rendus à destination était encore incertain.

« Peu importe si je joue ou pas, ils vont venir passer le week-end à Tampa », prévoyait D’Astous en entrevue à RDS. Après? On verrait bien. À ce stade de sa carrière, le défenseur de 27 ans a appris à laisser le temps faire son œuvre.

Les joueurs nord-américains qui s’exilent vers l’Europe avec l’objectif avoué de revenir flirter avec le plus haut niveau sont nombreux. Ceux qui y parviennent sont rares. Ainsi, quand D’Astous a lancé ses ambitions dans l’univers l’hiver dernier, alors qu’il connaissait un fort début de saison en première division suédoise, il était légitime de douter du réalisme de la chose. Après tout, le patineur originaire de Rimouski avait surtout griffé les patinoires de la ECHL avant de quitter pour l’Europe.

Le voici pourtant au seuil du rêve. Lundi dernier, il a été récompensé pour son bon début de saison dans la Ligue américaine en apprenant qu’il était rappelé par le Lightning de Tampa Bay. Il n’a pas joué jeudi contre les Blackhawks de Chicago, mais avec un programme double à l’horaire samedi et dimanche, il était permis de croire que l’entraîneur-chef Jon Cooper allait lui donner sa chance.

« Quand j’ai eu l’appel de Julien [BriseBois], il m’avait dit qu’il ne pouvait pas me confirmer que j’allais jouer le prochain match, mais il m’a dit de rester prêt. C’est ce que je fais. Même si je ne joue pas pour le moment, c’est quand même une très belle expérience que je vis. Je continue d’apprendre à tous les jours. »

Ce qui était incertain au début de la semaine est maintenant confirmé : D’Astous fera ses débuts dans la LNH samedi, alors que le Lightning va affronter les Ducks.

Après trois années à gérer de petites et de grandes frustrations dans les circuits mineures aux États-Unis et trois autres à monter son dossier en Scandinavie, D’Astous saisit bien le privilège d’être aussi près de son but. Mais oubliez l’image du jeunot qui regarde autour de lui sans pouvoir cligner des yeux, figé par l’émerveillement.

Les gros noms qu’il croise dans le vestiaire sont ses collègues de travail. L’aréna de 19 000 places où il attend de jouer est son bureau.

« Au début du camp d’entraînement, quand tu embarques sur la glace avec Point, Kucherov, Hedman et tous ces gars-là, c’est sûr que c’est un peu impressionnant. Mais j’ai appris à être avec eux autres, si on peut dire. J’ai pratiqué avec eux durant le camp, j’ai joué des matchs hors-concours, ça fait déjà des semaines que je les côtoie. Alors quand je suis revenu ici après mon rappel, c’est sûr que les premiers moments, je me pinçais comme on dit. Mais sinon je suis plus business. J’ai passé cette étape-là d’être impressionné. Je suis rendu là et je sais que je suis capable de jouer avec ces gars-là. »

Bonne affaire

D’Astous a amassé 39 points en 49 matchs la saison dernière avec le Brynäs IF, la deuxième meilleure récolte parmi les défenseurs de la SHL. Il dit aussi y avoir démontré la solidité de son jeu défensif. À la fin du mois de février, il estime qu’il traversait de « très forts moments ».

Bonne affaire : au même moment, son agent lui faisait savoir que les dirigeants du Lightning avaient prévu faire le voyage pour venir l’observer. « Je n’ai pas posé de questions, je ne savais même pas quand exactement ils seraient là. Mais même pas une semaine après, j’ai su qu’ils voulaient me signer. »

Ancien récipiendaire du trophée Émile-Bouchard remis au défenseur par excellence de la LHJMQ, D’Astous a déjà participé au camp des recrues des Blues de St-Louis, des Sénateurs d’Ottawa et des Red Wings de Detroit. Aussi bien dire que c’était dans une autre vie. Le défenseur qui s’est présenté au camp du Lightning cet été n’a rien en commun avec le jeune homme qui cherchait sa voie à sa sortie du junior.

« C’est le jour et la nuit avec le Charle-Édouard de 21 ans. Aujourd’hui je suis plus mature, je suis plus confiant. Je suis arrivé à Syracuse et dans ma tête, c’était moi le meilleur et j’allais leur prouver. Dès mon arrivée là-bas, j’ai pris un step et ça s’est fait naturellement. »

Quand D’Astous a été retranché du camp du Lightning, BriseBois lui a réitéré qu’il voyait de belles choses pour lui. Il l’a mis au défi d’arriver dans la Ligue américaine et de tout faire pour être le premier joueur rappelé par le grand club. C’est exactement ce qui s’est passé.

« C’est sûr que je suis fier de moi. J’ai travaillé vraiment, vraiment fort pour ça. Quand j’ai décidé de partir pour la Finlande il y a quasiment quatre ans, ça n’a pas été une décision facile. Beaucoup de monde essaie de partir pour revenir, mais c’est vrai que c’est rare que ça arrive. Mais moi dans ma tête, ça a toujours été ça. »

« Ça va être cliché, mais à chaque jour j’ai cru en moi. Il y a des jours où ça allait moins bien, mais je gardais mes objectifs en vue et j’essayais toujours de sortir quelque chose de positif de ma journée. »

Ces jours-ci, la plus grosse préoccupation de Charle-Édouard D’Astous, c’est de savoir s’il obtiendra la confirmation de son insertion dans la formation du Lightning assez longtemps à l’avance pour pouvoir avertir ses amis au Québec. Eux aussi aimeraient bien faire le voyage pour assister sur place à son premier match dans la LNH.

« Sinon c’est pas grave, ils vont regarder ça à la maison. De toute façon, il va y en avoir d’autres, des games. »