LNH
Islanders de New YorkOpens in new window

La game dans la game : Darche et la réalité de « briser des rêves »

Mis à jour le 

Publié le 

Directeur général des Islanders de New York depuis 17 mois, Mathieu Darche met en application ce qu’il a appris en côtoyant son bon ami Julien BriseBois qui occupe les mêmes fonctions avec le Lightning de Tampa Bay.

De passage au balado « La game dans la game » avec Marc Denis, Darche a discuté avec Marc, Martin Biron et Bruno Gervais des défis d’un directeur général, de sa façon d’exercer ses fonctions et du futur des Islanders.

C’est aux côtés de BriseBois à Tampa que Darche a fait ses classes comme adjoint. Dans les candidats potentiels pour le poste à Marc Bergevin en 2021, c’est finalement Kent Hughes qui a été embauché par les Canadiens. C’est à New York que Darche a l’occasion de montrer son savoir-faire, dont une grande partie vient de sa collaboration de sept ans avec BriseBois.

« Engage de bonnes personnes et laisse-les faire leur job. » C’est la première chose que l’invité du balado a retenue de son ancien patron. Et ça, c’est une énorme partie des succès du Lightning depuis plusieurs années.

Ils sont nombreux à travers la LNH à être passés par Tampa, autant chez le personnel d’entraîneurs qu’au deuxième étage, pour ensuite prendre la route d’une autre équipe dans un poste supérieur, signe de la qualité du personnel embauché et développé par l’organisation du Lightning. Et Darche fait partie de ce groupe.

C’est une page du livre de recettes qu’il a emporté avec lui chez les insulaires. Darche veut s’entourer des bonnes personnes, mais aussi se concentrer sur son travail à lui et laisser son équipe travailler.

« Le pire qu’un directeur général peut faire, c’est d’aller voir un joueur une fois. Il a un bon match et là tu dis : il est bon, il est bon... Tes dépisteurs disent qu’il est bon, mais... Et des fois c’est l’inverse. Tes dépisteurs l’aiment bien et il n’a pas un bon match. Il ne faut pas que tu changes l’opinion de tes dépisteurs parce que tu as vu le joueur jouer un match. Quand une équipe repêche très bien, le DG a trop de mérite et quand l’équipe repêche moins bien, le DG prend plus le blâme qu’il ne devrait. Tes dépisteurs, tu les engages. Il faut que tu leur fasses confiance. »

Une approche humaine

Dans le rôle du directeur général, Darche a de nombreuses décisions difficiles à prendre, mais qui doivent être prises. « L’inaction, c’est une décision aussi. Ne pas prendre de décision est une décision. Je crois avoir pris les décisions que je considère comme les meilleures pour l’organisation ».

Que ce soit de « briser des rêves », congédier un ami ou échanger un vétéran comme le capitaine Anders Lee la saison dernière, Darche n’a pas peur de faire face à la musique. Cependant, il fait un point d’honneur d’agir avec une approche humaine lorsqu’il doit passer à l’acte.

« Si tu n’es pas capable d’avoir des conversations difficiles, ça ne fonctionnera pas. Quand on descend des joueurs durant le camp d’entraînement, je sors du bureau de l’entraîneur et je dis que je m’en vais briser des rêves. C’est la réalité. »

—  Mathieu Darche

« Tout le monde dit : ma porte est ouverte, venez me parler quand vous voulez. Mais moi je dis : venez me parler, vous n’aurez peut-être pas la réponse que vous voulez, mais vous aurez une réponse honnête. Un gars joue mal, tu ne l’amènes pas et : “ Voyons qu’est-ce que tu fais. Hey, on a besoin de plus de toi ”. C’est d’avoir une approche humaine à tout ça. »

Il l’a d’ailleurs vécu au moment de congédier l’an dernier avec quatre matchs à faire au calendrier, Patrick Roy, qu’il ne connaissait pas personnellement avant de travailler avec lui et qu’il considère aujourd’hui comme un ami malgré la décision.

« Je sentais qu’on avait besoin de quelque chose de différent. Pete DeBoer était disponible. Si j’attendais à l’été, j’aurais eu de la compétition pour lui. Ce n’est pas agréable. C’était émotif, pas dans le sens de se chicaner, c’était triste. »

Et la sauce Darche n’est pas appliquée à un ou deux groupes d’individus, mais à tout le monde, même les jeunes joueurs repêchés par l’organisation qui n’ont toujours pas de contrat avec l’équipe.

« J’essaie d’aller les voir au minimum une fois par année. Tu développes une relation avec eux. On a Dany Nelson justement à Notre-Dame qui peut devenir joueur autonome au mois d’août. Je l’ai texté au début de la saison, je vais aller le voir. J’ai embauché Pascal Dupuis qui va aller le voir aussi. J’aime aller voir ces matchs-là. Tu vois le joueur sur la glace, mais tu lui parles après. Tu vois la personnalité, le caractère, ces choses-là qui font une différence.»

L’entretien complet est disponible dans le premier épisode du balado « La game dans la game ».