MONTRÉAL – Malgré les défis qui peuvent ponctuer une carrière dans la LNH, ça fait 12 saisons qu’Anthony Duclair « vit son rêve d’enfance ». Il y a quatre ans, quand il a su qu’un jeune, qui participait à son camp, songeait à arrêter le hockey, il a tout mis en œuvre pour le réconcilier avec ce sport.
Duclair et Bokondji Imama, son partenaire pour les camps de hockey, ont uni leurs efforts pour lui redonner le plaisir sur la patinoire.
« On a pris ça à cœur et, à la fin, il avait un grand sourire au visage et il a dit à sa mère qu’il voulait continuer. Ce sont de petites histoires qui viennent nous chercher droit au cœur. Tu ne sais jamais l’impact que tu peux avoir sur des enfants, même s’ils ne te le disent pas toujours », a raconté Duclair, à RDS, mardi.
« Il n’était pas assez à l’aise dans l’environnement du hockey. En étant proche de nous, il a retrouvé le courage et le plaisir à nouveau. C’est vraiment une émotion assez exceptionnelle pour Anthony et moi. C’est très satisfaisant de pouvoir redonner à la prochaine génération », a ajouté Imama qui poursuivra sa carrière dans l’organisation des Panthers de la Floride.
Ce plaisir, il se ressentait à l’Aréna Glaces de l’Est alors que les jeunes étaient enjoués de sauter sur la glace avec Duclair et Imama. On pense à Zack qui a participé aux quatre éditions du camp et ainsi qu’à Nathan qui adore les exercices plus élaborés.
Si Duclair a d’abord créé sa Fondation pour rendre le hockey plus accessible, inclusif et représentatif, il ne peut pas s’empêcher de remarquer les jeunes qui ont affiché un grand potentiel.
« Gabriel (Coache-Luqman), qui est venu à nos trois premières éditions, vient de se faire repêcher (en 2e ronde) dans la LHJMQ, il va jouer à Sherbrooke à 16 ans la saison prochaine. Tant mieux si certains se rendent loin, mais ce n’est vraiment pas l’objectif principal », a mentionné Duclair.
C’est fou de penser que Matthew Schaefer, le prodige des Islanders de New York, est à peine plus vieux que ce jeune. Duclair est encore soufflé par les exploits de Schaefer qui a charmé le monde du hockey, la saison dernière, à 18 ans seulement.
« Je n’ai jamais vu un jeune de 18 ans patiner et jouer comme ça. On ne savait pas vraiment ce qu’il allait nous procurer, il avait été blessé la plupart de la saison précédente au niveau junior. Mais dès le camp d’entraînement, il était l’un des meilleurs patineurs et tu le voyais aller pendant les matchs préparatoires, tu te disais ‘Ok, wow!’ C’est un joueur autour duquel tu veux bâtir ton équipe, on est très chanceux de miser sur lui. Ce sera vraiment plaisant de suivre sa carrière », a exposé Duclair.
L’Homme parfait quitte les Islanders
À l’autre bout du spectre, le vétéran de 36 ans, Anders Lee, a conclu son chapitre de 923 parties avec les Islanders qui devront ainsi nommer un nouveau capitaine.
« On l’appelle l’Homme parfait, tout le monde l’adore et le respecte, même ses adversaires », a vanté Duclair.
« C’est un gros morceau qui va beaucoup nous manquer sur la glace et encore plus dans le vestiaire. On sait tous que le hockey est une business, on lui souhaite la meilleure des chances avec le Mammoth de l’Utah. C’est sûr que ce sera un peu étrange de jouer contre lui surtout quand il va revenir à New York », a-t-il poursuivi.
L’autre grand changement chez les Islanders est, évidemment, survenu derrière le banc alors que Patrick Roy a été remplacé par Peter DeBoer en fin de saison. Cette décision du nouveau directeur général, Mathieu Darche, n’a pas permis d’accéder aux séries et il faudra donc plutôt évaluer son influence à moyen et long terme.
« On a manqué les séries deux ans de suite, on veut changer ça l’année prochaine. On a une bonne attaque et la présence de Schaefer peut nous donner de la vie défensivement », a argué Duclair.
La relation entre Roy et Duclair n’a pas toujours été harmonieuse. D’après les dires de Duclair, l’entrée en scène de DeBoer ne change pas les attentes à son endroit.
« Non, tout le monde connaît son rôle. Même à cette étape de ma carrière, j’ai toujours surtout été un joueur offensif. C’est ce qu’on me demande de faire. D’ailleurs, n’importe quoi qu’on me demande, je le ferai. Je peux jouer un peu partout dans la formation et je peux créer de la chimie avec tous les partenaires », a noté celui qui aura 31 ans le 26 août.
Il reste encore deux saisons (à un salaire annuel de 3,5 millions) au contrat de Duclair. Son mandat sera de prouver son utilité alors que la relève - incluant Calum Ritchie, Victor Eklund et Cole Eiserman - tentera graduellement de s’infiltrer en attaque.
« On a de bons vétérans et un mix de jeunes espoirs, ça sera à eux de pousser pour percer la formation. Ce sera excitant de voir leur parcours professionnel. C’est le fun, ça nous donne un bon boost. Je me rappelle qu’à 20 ans, ce n’est pas toujours facile de s’établir dans une formation, mais on a un bon noyau de vétérans pour les aider », a assuré le gaucher.
L’influence de Darche jouera également un rôle crucial afin de procéder à des décisions judicieuses.
« Il amène beaucoup d’expérience de son passage à Tampa où il a gagné deux fois la coupe Stanley (comme directeur des opérations hockey). Il a joué aussi dans la LNH, je me rappelle que je le regardais avec les Canadiens quand j’étais plus jeune. C’est pas mal cool d’avoir une personne comme lui dans ce poste. Le fait d’avoir un autre Québécois dans l’organisation, ça aide beaucoup », a conclu Duclair qui est entouré de plusieurs proches au sein de sa Fondation afin de réduire les barrières financières et sociales souvent associées au hockey.





