MANALAPAN - Battu au fil d’arrivée par les candidatures des Flames de Calgary et des Oilers d’Edmonton, la haute direction du Canadien est très déçue de pas avoir obtenu la présentation de matchs de la Coupe du monde de hockey en 2028.
Mais elle demeure « beau joueur » dans la défaite.
« Fort de l’expérience qu’on a vécue à Montréal en février 2025 avec la Confrontation des 4 nations, nous aurions bien sûr voulu présenter des matchs de la Coupe du monde de 2028. Nous avons donc activement participé au processus, mais voilà : ce sera pour une autre occasion. Malgré notre déception, nous sommes persuadés que Calgary et Edmonton feront un travail exceptionnel pour ce bel événement », a indiqué France-Magaret Bélanger, présidente sport et divertissement du groupe CH.
Montréal, par le biais du Canadien, était l’une des 18 villes – dix en Amérique du Nord, huit en Europe – dont les candidatures ont été étudiées parmi les plus de 24 qui ont initialement été soumises.
Prague, capitale de la Tchéquie, Calgary et Edmonton, en Alberta, ont finalement gagné la course.
« Le nouvel amphithéâtre à Calgary a donné plus de poids encore à cette candidature qui s’est distinguée des autres. Calgary et Edmonton sont déjà de grands centres du hockey au Canada et l’engouement pour la Coupe du monde sera total », a insisté le commissaire de la LNH, Gary Bettman.
Vers une autre finale Canada-USA
La Coupe du monde de février 2028 regroupera huit équipes qui seront divisées en deux groupes de quatre pays qui s’affronteront à Calgary et Prague dans le cadre d’un tournoi à la ronde.
Les équipes qui termineront au premier rang passeront directement en demi-finale. Les équipes de deuxième et troisième place se croiseront ensuite en quart de finale. Ces deux matchs seront disputés à Prague et Calgary.
Les quatre pays encore en lice dans chacun des groupes mettront le cap sur Edmonton où seront disputées la demi-finale et la grande finale. Une période de repos supplémentaire sera bien sûr accordée aux deux équipes qui feront le voyage Prague-Edmonton.
Après la victoire des États-Unis aux dépens du Canada, il sera intéressant de voir comment la LNH et l’Association des joueurs, qui est partenaire avec la Ligue dans l’organisation de ce tournoi, s’y prendront pour mousser les chances de voir les deux mêmes pays se croiser en grande finale. Est-ce que les USA pourraient aller disputer les matchs de la rondelle de qualification en Europe? Est-ce que les quatre équipes seront reclassées avant les demi-finales pour maximiser les chances d’un duel Canada-USA?
« Il reste encore bien des détails à peaufiner. Mais ce qui est clair c’est que la coupe du monde regroupera huit pays et non 12 afin d’avoir du hockey du plus haut niveau possible dès les premiers matchs », a indiqué Bill Daly, l’adjoint au commissaire Bettman.
Les règles de la LNH seront bien sûr en vigueur. Celles régissant les prolongations en saison régulière seront vraisemblablement appliquées pour la ronde préliminaire. Mais celles de séries éliminatoires le seront pour les matchs de demi-finale et de grande finale.
Contrairement à aux Jeux olympiques de Milan, les grands gagnants ne seront donc pas couronnés après une prolongation à trois contre trois ou une séance de tirs de barrage.
Et c’est tant mieux!
Pause de 17 jours dans le calendrier
La Ligue nationale imposera une pause de 17 jours à la saison régulière afin de présenter cette coupe du monde qui se déroulera sur une période de 13 jours. Comme elle l’a fait plus tôt cette saison pour la présentation des Jeux olympiques à Milan.
Commissaire de la LNH, Gary Bettman n’y voit d’ailleurs aucun inconvénient.
« Les gouverneurs des 32 formations sont emballés à l’idée d’une alternance entre les Jeux olympiques et la Coupe du Monde à chaque deux ans. Les pays qui auront créé de grandes rivalités n’auront donc pas à attendre 10 ou 15 ans avant de se recroiser. Ce sera extraordinaire pour le rayonnement et le développement de notre sport. Le match de médaille d’or entre le Canada et les États-Unis a été suivi par 35 millions de téléspectateurs en Amérique du Nord. Un record pour un événement sportif qui débutait avant 9 h le matin. Les spécialistes du domaine nous assurent qu’on aurait dépassé les 50 millions de cotes d’écoute si le match avait été disputé en après-midi », a assuré Gary Bettman.
Le commissaire a aussi indiqué que ses partenaires américains et canadiens sont déjà dans la course pour obtenir les droits de diffusion de l’événement. Mais de gros joueurs de platesformes numériques de diffusion sont aussi très intéressés par la Coupe du monde.
« Cet événement sera mondial. Vous avez vu l’engouement affiché par David Pastrnak – sur une vidéo promotionnelle – qui est déjà excité par l’idée de défendre les couleurs de sa nation dans son pays natal. Je suis de Boston et “Past” m’avait clairement signifié son mécontentement face à la décision de ne pas inviter la Tchéquie à la Confrontation des 4 nations. Des gens de partout se rendront à Prague ou viendront en Alberta pour ce tournoi qui mettra en vedette huit équipes et non 12 comme c’était le cas aux Jeux olympiques », a ajouté Marty Walsh, directeur général de l’Association des joueurs de la LNH qui partagera avec la LNH (50-50) les revenus engrangés par la Coupe du monde.
Retour de la Russie?
Il est déjà acquis que le Canada, les États-Unis, la Tchéquie, la Slovaquie, la Suède et la Finlande seront de la prochaine Coupe du monde.
Une décision quant à la présence ou non de la Russie déterminera du sort de l’Allemagne et de la Suisse alors que l’un ou l’autre de ces pays serait sans doute écarté pour faire place aux Russes.
Mais voilà : exclue de la confrontation des 4 nations et des derniers Jeux olympiques en raison de l’invasion de l’Ukraine, il y a quatre ans, est-ce que la Russie pourra prendre part à la Coupe du monde de 2028?
« Aucune décision n’a encore été prise sur cette question. Il nous reste du temps », a prudemment répondu Gary Bettman.
Pourquoi diable la LNH et l’Association des joueurs jouent autant la carte de la prudence sur cette question alors qu’Alexander Ovechkin et une soixantaine de ses compatriotes évoluent pour l’une ou l’autre des 32 équipes du circuit?
« Ça dépasse les cadres de notre Ligue. La question de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la guerre qui dure depuis quatre ans maintenant est très délicate. Nous sommes convaincus que dans les circonstances actuelles, plusieurs pays européens refuseraient de prendre part à la Coupe du monde si la Russie y était », a soutenu un représentant de la LNH.









