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Le Wild et les Penguins gagnent... pour l’instant

Publié le 

Quinn Hughes, Zeev Buium, Stuart Skinner et Tristan Jarry (RDS)

MONTRÉAL - L’équipe qui met la main sur le meilleur joueur sort toujours gagnante à court terme d’une transaction.

C’est pour cette raison qu’on peut lancer sans trop de risque de se tromper que le Wild du Minnesota est aujourd’hui bien meilleur qu’il ne l’était avant de faire l’acquisition de Quinn Hughes.

Un des meilleurs défenseurs de la LNH, surtout dans la phase offensive du jeu, Hughes qui arrive à l’apogée de sa carrière à 26 ans, était associé à mille et une rumeurs de transactions dont les plus évidentes l’envoyaient au New Jersey rejoindre ses frères Jack et Luke.

Une telle transaction aurait fait de belles photos et donné de belles histoires, mais les Canucks ne pouvaient se permettre de « donner » Hughes simplement parce qu’il avait donné des indications claires qu’il quitterait Vancouver, une fois son contrat terminé à la fin de la saison prochaine.

Jim Rutherford, son directeur général Patrik Allvin et le reste de l’état-major des Canucks ont donc fait le tour de la LNH pour trouver le retour le plus intéressant pour orchestrer une reconstruction qui est maintenant nécessaire.

Il est clair que Bill Guerin et le Wild avaient bien plus à offrir aux Canucks que Tom Fitzgerald et les Devils.

Il est tout aussi clair que Guerin et son propriétaire Craig Leopold étaient prêts à se montrer très généreux pour obtenir un joueur qui aidera la Wild à rivaliser avec l’Avalanche et les Stars dans leur quête de se rendre le plus près possible de la coupe Stanley. Et de peut-être la soulever.

Car oui, le Wild a été très généreux.

Avec Marco Rossi, avec surtout Zeev Buium, un défenseur promis à une grande carrière, un arrière qui sera la pierre d’assise de la défensive des Canucks pour bien des années, avec Liam Ohgren un jeune attaquant suédois avec beaucoup de talent et le prochain choix de première ronde du Wild – un choix non protégé, mais bon, le Wild ne ratera pas les séries cette année – Guerin a beaucoup donné aux Canucks.

Il donne quatre choix de première ronde. Il donne Rossi (9e sélection 2020) qui peut remplir le rôle de deuxième centre dès maintenant, il donne Buium (12e sélection 2024) qui remplacera Hughes à titre de premier défenseur de l’organisation, il donne Ohgren choix de première ronde (19e sélection en 2022) et un choix qui sera dans le dernier tiers du prochain repêchage.

Aujourd’hui, le Wild gagne. Il gagne parce qu’au Minnesota, l’avenir se conjugue au présent.

Mais dans trois ans, surtout si Hughes quitte le Minnesota en profitant de l’autonomie complète en juillet 2027, dans quatre ou cinq ans, les Canucks pourraient prétendre être les vrais gagnants.

Cela dit, avant de penser au futur, les Canucks devraient régler les ennuis qui semblent miner leur organisation. Le duel Pettersson-Miller qui s’est traduit par le départ de Miller; le départ de Rick Tocchet qui a simplement remis les clefs de son bureau à ses patrons avant d’offrir ses services aux clubs qui se cherchaient un entraîneur-chef; la décision de Quinn Hughes de quitter les Canucks au plus tard à la fin de son contrat; ces réalités soulèvent bien des questions et attisent bien des doutes quant à la qualité de l’air dans le vestiaire.

Et avec un air vicié comme celui-là, il est très difficile, voire impossible, de bâtir une équipe gagnante.

Mais avec les trois joueurs de qualité – de grande qualité dans le cas de Buium – et un futur choix de première ronde, l’état-major des Canucks a maximisé, du moins à mes yeux, la compensation en marge du départ de Quinn Hughes.

Le plus dur reste à faire...

Jarry-Skinner : blanc bonnet, bonnet blanc

Si je suis bien prêt à donner une bonne note aux Canucks dans le cadre des négociations avec le Wild, je peine à le faire pour les Oilers dans leur quête de mettre la main sur un meilleur gardien.

Stuart Skinner devait partir. C’est clair. Le manque de confiance à son égard associé à des contre-performances au fil des dernières années était impossible à combler.

Mais est-ce que les Oilers croient vraiment que Tristan Jarry est meilleur que Skinner?

Permettez-moi d’en douter.

Les statistiques actuelles indiquent que oui. J’en conviens. Mais parfois il fait aller au-delà les chiffres.

Surtout que si on veut vraiment s’en remettre aux chiffres, Jarry n’a que huit matchs d’expérience en séries éliminatoires. Et le gardien qui a maintenant 30 ans a perdu six de ses huit départs.

Ça ne veut pas dire que ces revers lui sont attribuables. Mais ça veut dire qu’il n’a rien prouvé en séries alors que les Oilers se cherchent justement un gardien pour briller en séries et amener la formation à la coupe Stanley.

Stuart Skinner, malgré tous ses travers, s’est rendu à une victoire de la coupe Stanley il y a deux ans. Il s’est rendu en grande finale l’an dernier.

Ce n’est pas rien!

Vrai qu’il a perdu ses repères par moments en séries... comme en saison.

Et il est là le problème de Skinner : il est capable du meilleur et du pire. Quand il est bon, il est vraiment bon. Quand il est mauvais, il est vraiment mauvais.

Quand il est bon, il est meilleur que Jarry. Mais quand il est mauvais, il l’est pour vrai. Il l’est tellement, que cela explique la perte de confiance à son endroit. Car une équipe peut difficilement se remettre des manques de constances de ses gardiens.

Les partisans du Canadien en savent quelque chose.

Sur ce point, je suis prêt à donner à Jarry un avantage en matière de constance.

Ce qui pourrait ouvrir la porte à une transaction Skinner ou Jarry. Un pour un. Une transaction blanc bonnet, bonnet blanc, genre, comme!

Mais les Oilers ont accepté de donner Brett Kulak en plus. Et c’est là où je n’arrive plus à suivre Stan Bowman.

Jarry-Skinner : passe toujours.

Mais donner en plus Kulak qui occupe une place au sein de ton top-3 depuis deux, trois ans, ça n’a juste pas de sens à mes yeux. Kulak, et un choix de deuxième ronde en plus.

Je veux bien que les Oilers obtiennent Samuel Poulin en plus de Jarry. Mais Samuel Poulin, à qui je ne souhaite que du bien, est encore loin des promesses associées à sa sélection en première ronde (réclamé au 21e rang) en 2019. Poulin n’a que 15 matchs d’expérience dans la LNH. Peut-être donnera-t-il raison aux Oilers dans un avenir plus ou moins rapproché.

Mais dans le présent, Kulak rendait de fiers services aux Oilers. Il était un rempart pour tenter de racheter les nombreuses bévues défensives d’Evan Bouchard quand il évoluait avec lui, les nombreuses carences défensives d’une équipe qui mise « all-in » sur l’attaque.

Ce que Jarry apprendra à ses dépens rapidement.

De retour chez lui – au sens propre et non figuré – à Edmonton après son départ de Montréal, Kulak jouait du hockey stable. Parfois même solide.

Son départ crée une grosse brèche dans la brigade défensive des Oilers.

Et ça aussi, Tristan Jarry l’apprendra à ses dépens.

Bien hâte de voir comment les choses évolueront pour Skinner et Jarry. Mais je crois vraiment que Skinner sera meilleur à Pittsburgh qu’il ne l’était à Edmonton et qu’il sera surtout plus constant positivement parce qu’il sera mieux protégé par une équipe qui joue du meilleur hockey défensif.

Quant à Jarry, je crois qu’il peinera à donner aux Oilers ce qu’ils attendent. Car il ne pourra pas sauver davantage que ne l’a fait Skinner au fil des dernières années, une équipe bien trop généreuse en quantité et en qualité des occasions de marquer accordées.

Pour toutes ces raisons, j’accorde mon vote de première place dans les cadres des transactions conclues au cours des dernières heures au Wild du Minnesota.

Les Canucks sont deuxièmes. Les Penguins troisièmes.

Les Oilers ne sont pas seulement au quatrième rang, mais je les place loin derrière les Penguins.

Donnons maintenant au temps, le temps de donner raison ou tort à ce classement.

Bon match Canadien-Rangers!