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Paris, plafond, télé et Coupe du monde sous la loupe

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Gary Bettman (Getty)

COLORADO SPRINGS - Montréal est toujours sur les rangs pour obtenir le privilège de présenter des matchs de la Coupe du monde qui sera de retour en février 2028.

Mais elle n’est pas seule dans la course.

Boston qui, comme Montréal, a rayonné dans le cadre de la Confrontation des Quatre Nations l’an dernier a aussi déposé sa candidature. Ces deux villes doivent aussi rivaliser avec huit autres marchés qui ont sollicité la LNH pour accueillir les rencontres.

Histoire de respecter le volet international de la compétition, six grandes villes européennes sont aussi en lice pour présenter des matchs de la ronde préliminaire en plus des rencontres de quart et de demi-finales.

La grande finale et la rencontre pour obtenir la troisième place seront disputées au Canada ou aux États-Unis.

« Montréal et Boston ont démontré l’an dernier qu’elles étaient en mesure de relever le défi de présenter des matchs de cette envergure. Mais les huit autres marchés encore en lice ont présenté des candidatures étoffées », a indiqué le commissaire Gary Bettman lors de la conclusion des deux journées de rencontres avec les gouverneurs des 32 formations de la Ligue, qui sont aussi ses patrons.

« Nous entrons dans la phase finale des évaluations et nous devrions confirmer les noms des villes canadienne et européenne en février. Après la conclusion des Jeux olympiques », a ajouté Bill Daly, bras droit de Garry Bettman.

La sélection d’une ville européenne n’a fait qu’amplifier la lutte de pouvoir entre la LNH et la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) qui s’objectait à ce que la Coupe du monde soit présentée en février, parce que cela porterait ombrage au Championnat du monde de l’IIHF, et que des matchs soient disputés en Europe.

Est-ce que Montréal a des chances? Les paris sont ouverts. Mais j’ai tendance à croire que Geoff Molson pourrait gagner cette course, car une fois le Canadien en congé, le Centre Bell n’est pas occupé par une équipe de basketball. Ce qui pourrait nuire, du moins un brin, aux candidatures de villes comme Boston, New York ou Philadelphie par exemple.

Fermer la porte aux fraudes et à la tricherie

Parlant de paris, la LNH, comme toutes les ligues de sports professionnels et même amateurs, gonfle ses revenus par centaines de millions $ annuellement avec la frénésie grandissante des paris sportifs.

Des paris sportifs légaux, on s’entend.

Mais voilà, les campagnes publicitaires agressives pour en mousser la popularité des paris sportifs et l’appât du gain associé au jeu, peuvent facilement entrouvrir la porte sur la tricherie, la fraude et autres formes de crimes.

Pour s’assurer de garder le plein contrôle sur ces « nouveaux » revenus, la LNH a fait défiler devants les gouverneurs de ses 32 formations des spécialistes en sécurité afin de bien faire comprendre les paramètres en place pour garder non seulement fermées, mais bien verrouillées les portes des vestiaires afin d’empêcher la fraude et la tricherie d’y entrer.

Jared Maples, le grand général de la sécurité à la LNH, a fait appel à un haut placé du FBI, Joe Gillespie, pour brosser un portrait de la situation des paris sportifs, expliquer les règles qui les régissent dans la LNH et surtout ce qui doit être fait pour maintenir l’intégrité du sport.

Les règles de base sont connues. Ne pas partager de comptes avec d’autres parieurs, ce qui a d’ailleurs valu une suspension de 41 matchs à Shane Pinto des Sénateurs d’Ottawa en 2023. Ne pas dévoiler de l’information privilégiée ou répondre à des questions venant de personnes inconnues.

Ce qui est moins connu, et la LNH l’a expliqué à ses gouverneurs, c’est que la Ligue et ses partenaires spécialisés dans les paris sportifs et les prédictions sportives analysent avec grande attention toutes les variations entre ce qui est établi comme prédictions et les résultats. Même chose en fonction des fluctuations de performance des joueurs et des équipes.

« Ces analyses permettent de s’assurer qu’il n’y a pas de fluctuations impossibles à justifier. Tout le monde doit comprendre qu’il est impossible de contourner les règles en place sans se faire remarquer. Personne ne devrait se risquer à tenter ce genre de tricherie de prime abord, mais il est important que tout le monde sache que nous mettons tout en place pour protéger l’intégrité de notre sport. C’est très important à nos yeux », a poursuivi le commissaire.

Est-ce qu’une plus grande transparence en matière de dévoilement d’informations sur les blessures ne réduirait pas justement les risques de coulage d’informations privilégiées?

Une politique qui est déjà en place dans la NFL et la NBA.

Le commissaire Bettman tout comme son adjoint Bill Daly sont demeurés de marbre sur les positions de la Ligue. Ce qui semble clair, c’est qu’une fois la politique d’opacité imposée, la Ligue consacre toutes ses énergies à ce qu’elle soit respectée par les 32 formations de manière égale.

Revenus et droits de diffusion

Gary Bettman a confirmé que la LNH devrait flirter avec le plateau des 7 milliards $ en revenus cette année.

L’association de la LNH avec les géants des paris sportifs, le renouvellement des droits de diffusion au Canada et celui qui se prépare aux États-Unis ont ajouté des millions $ par centaines dans la cagnotte.

Ce qui permettra, a assuré le commissaire, de respecter les hausses déjà annoncées qui feront passer le plafond à 104 millions $ l’an prochain et à 113,5 millions $ dans deux ans.

Est-ce que toutes les équipes de la LNH suivront la parade et dépenseront au maximum pour mousser leurs chances de se rendre jusqu’à la coupe Stanley?

Geoff Molson du Canadien a confirmé que oui. Jeremy Jacobs, propriétaire des Bruins de Boston et président du comité exécutif de la LNH, a répondu que tous les clubs suivraient cette tendance. « En tout cas, moi je le ferai », qu’il a brièvement lancé en quittant la salle de réunion.

Mais d’autres formations devront étudier les statistiques et leurs courbes de revenus avant de dépenser 113 millions $ annuellement en salaires.

Gary Bettman a été beaucoup moins loquace lorsqu’il a été question des droits nationaux de diffusions francophones des matchs du Canadien.

« Le dossier suit son cours », qu’il a simplement répondu à ma question sur le sujet.

Quand je lui ai demandé s’il pouvait élaborer un peu plus pour que les amateurs de hockey francophones du Québec et du reste du Canada puissent être mieux informés, Bettman a ajouté. « Je comprends votre préoccupation et la leur. Mais je vous dis simplement que le dossier se réglera », sans aller plus en détails sur les moyens qu’il entend utiliser pour faire débloquer l’impasse.

Car s’il est vrai que Rodgers/Sportsnet a acquis tous les droits nationaux (24 matchs à compter de l’an prochain) de la LNH sur toutes les plateformes autant en français qu’en anglais, Gary Bettman est malgré tout au centre des négociations avec les partenaires potentiels de Sportsnet.

Quant aux droits régionaux (60 matchs), Geoff Molson a toujours 15 matchs à vendre après l’achat par BellMedia/RDS de 45 parties. Le propriétaire du Canadien peut les vendre, en tout ou en partie, à qui sera prêt à les lui acheter.

Il semble donc prématuré de conclure que le Canadien a déjà vendu ces 15 parties à une plateforme numérique pour suivre la tendance amorcée au cours des dernières années dans la LNH et les autres ligues professionnelles.

Cela pourrait toutefois arriver...