AVANT-MATCH NO 3 BRUINS C. HURRICANES

 

RALEIGH, Caroline du Nord – Président directeur général des Hurricanes, Don Waddell espère, comme ses joueurs et leurs partisans, que les Canes trouveront un moyen de venger les deux revers encaissés à Boston en lever de rideau de la finale de l’Est.

 

Sans être cruciale, une victoire aux dépens des Bruins mardi, lors du retour de l’équipe devant ses partisans, serait, disons nécessaire. Car dans l’histoire moderne du hockey, Boston (2011) et les Penguins sont les deux seules équipes à avoir comblé deux fois plutôt qu’une des reculs de 0-2 en séries pour finalement soulever la coupe Stanley : les Bruins l’ont fait aux dépens du Canadien de Montréal, en première ronde, et des Canucks de Vancouver, en finale de la coupe Stanley; Sidney Crosby et ses coéquipiers ont joué le même tour aux Capitals de Washington (deuxième ronde) et aux Red Wings de Detroit en grande finale.

 

Mais peu importe qu’ils gagnent mardi, qu’ils profitent de leur séjour à domicile pour niveler les chances face aux Bruins, ou qu’ils soient balayés en quatre matchs, les Hurricanes ont déjà fait banco.

 

Bon! Une troisième présence en grande finale et, pourquoi pas, une deuxième coupe Stanley feraient sauter la banque. C’est bien évident. Mais les succès multipliés au cours des cinq derniers mois ont déjà fait tourner bien des têtes. Mais aussi, mais surtout, ils ont fait renaître le hockey en Caroline

 

Plus de 4 millions $ d’argent neuf

 

La remontée au classement général, l’accession aux séries et les victoires aux dépens des Capitals et des Islanders en première et deuxième ronde se sont traduites par des entrées de plus de 4 millions $ en argent neuf.

 

« On est encore loin des objectifs optimaux, mais nous avons connu une croissance phénoménale cette année. Nous affichons un taux de renouvellement de billets de saison de plus de 92 % alors qu’une bonne moyenne oscille entre 85 % et 88 %. L’an dernier à pareille date, nous avions encaissé 500 000 $ en revenus associés à de nouvelles ententes et vu de la prochaine campagne. Nous avons franchi le cap de 4,1 millions $ cette année. Et les séries ne sont pas terminées », assure le PDG des Hurricanes.

 

Cinq ans après son arrivée en Caroline, Don Waddell regarde l’avenir avec optimisme. Autant sur le plan sportif que sur le plan des affaires.

 

De 5200 qu’il était à son arrivée, le nombre de billets de saison frise les 10 000 pour la saison prochaine. Un manque à gagner de 1500 à 2000 sur l’objectif que le président et son nouveau propriétaire Tom Dundon ont établi lorsque le riche Texan est devenu l’unique propriétaire en janvier 2018.

 

Une insulte payante

 

En plus de succès multipliés sur la patinoire, l’insulte lancée le 16 février dernier par Don Cherry qui a qualifié de couillons – l’expression utilisée était Jerks en anglais – les joueurs des Canes en raison des célébrations orchestrées sur la patinoire après leurs victoires en saison régulière a grandement aidé la cause des Canes sur le plan marketing.

 

Quand il a entendu cette insulte lancée en pleine heure de grande écoute un samedi soir dans le cadre du très écouté segment « Coach’s Corner » de Don Cherry, Waddell est loin d’avoir brandi le poing en guise de protestation.

 

Il s’est plutôt frappé dans les mains en voyant apparaître devant lui un plan de mise en marché efficace.

 

« J’ai réuni tout mon monde du marketing dès le dimanche et nous avons saisi la balle au bond en créant la bande de couillons mieux connue sous le nom de «Bunch of Jerks». On a immédiatement passé une commande de 5000 t-shirts « Bunch of Jerks ». Nous les avons publicisés. Les médias s’en sont mêlés et le tout a fait boule de neige. On est rendu à plus de 23 000 t-shirts de vendus. On a aussi commandé aussi des casquettes et des chandails de coton ouaté. Je ne crois pas que c’est ce qu’il espérait faire, mais Don nous a servi un délice promotionnel sur un plateau d’argent », a ajouté Waddell.

 

Succès éphémères

 

Bien qu’il surfe sur les succès remportés par ses Canes à tous les niveaux depuis le début de l’année 2019, Don Waddell sait mieux que quiconque que ce genre de succès peut être éphémère.

 

Il l’a vécu avec les Thrashers d’Atlanta dont il a été à la tête de leur entrée dans la LNH en 1999 à leur départ vers Winnipeg en 2011. Il l’a aussi vécu à ses premières années en Caroline où les Canes faisaient bien plus parler d’eux dans le cadre de différents scénarios de relocalisation que par leurs succès aux guichets.

 

« Bien que plus gros, le marché d’Atlanta était moins bon que celui de la Caroline. Ici, les Canes sont la seule formation professionnelle. Oui il y a trois grosses universités au basket, oui le football collégial et les courses automobiles sont très populaires, mais quand vient le temps de la saison de hockey, il n’y a pas les Hawks, les Falcons sans oublier les Braves pour attirer l’attention comme c’était le cas à Atlanta, assure Waddell qui insiste sur le fait que les insuccès des Canes bien plus que le manque d’intérêt à l’égard du hockey étaient la cause des ennuis aux guichets jusqu’à cette année.

 

« Parce que les Canes sont allés en finale de la coupe Stanley une première fois en 2002, cinq ans seulement après leur arrivée de Hartford, parce qu’ils ont gagné la coupe en 2006, parce qu’ils ont perdu contre les éventuels gagnent de la coupe en 2009 (Penguins de Pittsburgh), le nom des Hurricanes a toujours gardé sa place dans le marché », assurait Waddell joint par RDS.ca en fin d’après-midi lundi.

 

Il est effectivement vrai que les fans des Hurricanes s’étaient attiré les éloges de bien des observateurs – et même de Don Cherry – pour l’engouement qu’ils affichaient lors de la conquête de la coupe Stanley en 2006.

 

« Les gens ont toutefois perdu contact avec leur équipe en raison des neuf absences consécutives des séries. Les fans ont été gâtés lorsque les Canes sont arrivés. Cinq présences en séries, deux grandes finales, une coupe Stanley ce n’est pas rien. Mais n’importe quel club qui rate les séries neuf fois de suite aura des ennuis aux guichets. Et c’est pire dans un petit marché où le hockey n’a pas eu le temps de s’enraciner. Les gens reviennent toutefois en force cette année sans oublier que nous avons connu une croissance de plus de 500 000 personnes dans la région au fil des dernières années. Ce sont autant de nouveaux fans potentiels qui sont attirés par nos succès de cette année » de conclure Don Waddell.

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