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Des candidats au trophée Calder

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Top-10 : recrues à surveiller dans la LNH Top-10 des recrues à surveiller dans la LNH en 2025-2026.

Si Ivan Demidov part avec l'étiquette hâtive de favori, la lutte pour le trophée Calder en 2025-2026 s'annonce plus ouverte qu'il n'y paraît. Entre les défenseurs offensifs prêts à exploser, quelques patineurs russes en quête d'adaptation et un surdoué à la position de gardien déterminé à briser une longue disette, plusieurs scénarios demeurent plausibles.

Dans un contexte où plusieurs équipes font confiance à leur jeunesse, le RDS.ca vous propose une liste de dix recrues qui auront l'occasion de briller sous les projecteurs.

Les amateurs de hockey seront-ils aussi gâtés que l'an dernier, alors que Lane Hutson, Macklin Celebrini Dustin Wolf et Matvei Michkov s'étaient livré une lutte à quatre sans merci dans le dernier droit?

Survol d'une course qui pourrait réserver bien des surprises.

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Le candidat par excellence

 Ivan Demidov, ailier 
Canadiens de Montréal

Ce n'est pas du nombrilisme d'affirmer que le prodige du CH fait office de favori logique au Calder et qu'il se détache fermement du peloton. Cette notion fait d'ailleurs consensus, résultat d'une feuille de route bien étoffée, avant tout par l'entremise de son rendement historique avec le SKA de Saint-Pétersbourg, Demidov n'a pas volé cette étiquette.

On ne brûle pas la KHL à 18 et 19 ans à la hauteur de 49 points en 65 matchs (dont une poignée a été « agrémentée » d'un temps de glace très limité, ne l'oublions pas) et on ne laisse pas une carte de visite dans la LNH aussi mémorable que celle qu'a glissé Demidov aux partisans montréalais en avril dernier sans marquer les esprits. Demidov sera un joueur offensif dominant, et personne ne tomberait en bas de son siège si cette domination s'installait avec le même naturel désarmant dont a fait preuve Lane Hutson il y a quelques mois à peine.

Pour l'instant, absolument rien ne laisse présager qu'un modeste déploiement de la part de Martin St-Louis pourrait constituer un obstacle à ce que le Russe mène la colonne des pointeurs chez les recrues. Il débutera son année recrue au sein du deuxième trio, et on ne peut exclure qu'il puisse grimper au premier et flanquer le capitaine Nick Suzuki aux aléas du calendrier de 82 matchs.

En résumé, la combinaison d'habiletés et de créativité offensive est simplement trop rare pour que le Tricolore se prive de jumeler le jeune no 93 aux meilleurs éléments du club au sein de la première vague d'avantage numérique. Ce constat étant fait, le cinquième choix au total de 2024 devrait logiquement empiler les points à un rythme que peu d'autres prétendants au Calder pourront approcher.

Ce ne serait pas une immense surprise

Zeev Buium, défenseur
Wild du Minnesota

Buium n'a pas hérité d'un mandat facile pour son entrée en scène avec le Wild. Plutôt que de bénéficier de quelques répétitions dans un contexte plus détendu comme ce fut le cas par exemple pour Hutson en toute fin de saison 2023-2024, le produit de l'Université Denver a été jeté dans la gueule du loup contre le redoutable échec-avant des Golden Knights de Vegas en contexte de matchs de séries.

Du jeu hermétique au possible, et 13:35 comme temps d'utilisation moyen… Pas de quoi se faire une idée bien précise de ce que l'arrière gaucher de 19 ans à caractère offensif peut offrir au Minnesota.

Règle générale, depuis le début de l'ère Bill Guerin, le Wild s'est montré prudent et patient quand il s'agit de faire graduer des espoirs et de les intégrer au système. Une exception à cette règle (et toute une) a cependant été Brock Faber, qu'on n'avait pas le moindrement ménagé à sa saison recrue, avec 24:58 de temps de glace, de loin le plus haut total parmi les patineurs de première année en 2023-2024.

Buium n'affiche pas le même type de profil que Faber; il ne défend pas aussi instinctivement, tant en zone neutre que dans son propre territoire, et son degré de maturité physique lui est inférieur. Cependant, le plus récent finaliste au trophée Hobey-Baker est un quart-arrière hors pair avant même d'avoir franchi le cap de la vingtaine, et ce type de défenseur manque cruellement au Wild.

S'il arrive à bien se tirer d'affaire à forces égales en disputant 18 à 20 minutes par soir derrière Jonas Brodin, Faber et Jared Spurgeon, Buium ne se sortira pas de la course au Calder. Mais c'est nécessairement en se taillant un poste à temps plein à la pointe du jeu de puissance dévastateur orchestré par le maestro Kirill Kaprizov qu'il disposera des meilleures chances de se faire remarquer à sa saison recrue.

Alexander Nikishin, défenseur
Hurricanes de la Caroline

De toutes les fois que les Canes se sont élancés avec des espoirs originaires de la Russie au fil des derniers repêchages, Nikishin pourrait aisément devenir leur coup de circuit le plus significatif.

Au moment où il a quitté la maison pour venir s'établir à Raleigh, cela faisait un bail déjà que Nikishin s'élevait au rang des joueurs les plus talentueux à évoluer ailleurs que dans la LNH. En 2023, à l'âge de 21 ans seulement, au terme d'une première saison marquée par sa fulgurante éclosion dans les couleurs de Saint-Pétersbourg, le SKA a fait du colosse de 6 pieds 4 son capitaine. C'était une preuve tangible de tout le chemin parcouru depuis que la Caroline a pris une chance à son endroit au 69e échelon.

Depuis, la flèche de progression a constamment pointé vers le haut pour Nikishin. Avec le « C » brodé à son chandail, il a aligné deux saisons consécutives de 17 buts, et fourni 102 points en 128 parties pour le prestigieux club russe.

Une fois obtenu son permis de travailler aux États-Unis, et s'appuyant sur ses connaissances rudimentaires de l'anglais, il a étudié la façon de faire bien particulière des Canes sous les ordres de Rod Brind'Amour. Il aura finalement bénéficié de quatre matchs d'action en séries (un contre Washington, trois contre la Floride), et même si son club a été piétiné en finale de l'Est par les éventuels champions, Nikishin en a fait suffisamment pour nous rappeler qu'il est voué à un brillant avenir.

À 23 ans (et 24 tout juste avant la prochaine saison), il possède le bagage d'expérience chez les pros pour que sa transition se fasse à vitesse grand V. Qui sait quel genre de candidature au Calder il pourrait se bâtir en tant que deuxième ou troisième meilleur arrière de l'une des puissances du circuit Bettman, avec des responsabilités accrues dans une foule de phases du jeu?

Jimmy Snuggerud, ailier droit
Blues de St. Louis

Doté de qualités qui ne sont pas sans rappeler son ancien coéquipier des Golden Gophers de l'Université du Minnesota Matthew Knies, Snuggerud a forcé la main de l'entraîneur-chef Jim Montgomery peu après sa mise sous contrat et son insertion dans l'effectif des Blues, début avril. Il a démontré une connexion quasi instantanée avec l'attaquant le plus talentueux de l'équipe, le centre no 1 Robert Thomas, ce qui est de très bon augure pour sa saison recrue.

Il y a des raisons qui expliquent la latitude que le DG Doug Armstrong s'est donné d'échanger Zachary Bolduc et d'entretenir des discussions quant à la disponibilité de Jordan Kyrou. L'une d'elles est la rapidité à laquelle Snuggerud s'est forgé un rôle au sein d'un groupe d'ailiers pourtant bien garni. L'ancien capitaine des Gophers fait déjà preuve d'une belle touche autour du filet, arrive à s'imposer physiquement malgré ses 21 ans et joue de façon responsable défensivement… Tous des ingrédients qui pointent vers une possible utilisation de Snuggerud au sein du top-6 tout au long de la prochaine campagne. Si une utilisation régulière au sein de l'avantage numérique est aussi au rendez-vous (elle l'était durant la série face aux Jets de Winnipeg ce printemps), Snuggerud pourrait en surprendre quelques-uns par sa production offensive.

Ryan Leonard, ailier droit
Capitals de Washington

Les outils sont là pour Leonard de s'imposer comme un rouage important dès sa première campagne complète avec les Caps. Il est largement considéré comme l'un des 5 plus beaux espoirs parmi les attaquants grâce à un amalgame rare : une créativité offensive de haut niveau tant dans le rôle de passeur que celui de marqueur, une présence physique intimidante et une tendance à se lever dans les moments les plus corsés.

Malgré toutes ses belles qualités et le potentiel vertigineux qu'on lui reconnaît, il pourrait être difficile pour Leonard d'afficher une production de points digne de se démarquer du lot et de se frayer un chemin parmi les finalistes. Après tout, le top-6 des Caps semble à peu près stabilisé et difficile à déloger, tandis que la façon de déployer leur avantage numérique à Washington ne laisse souvent que des miettes à la seconde vague, à laquelle l'Américain de 20 ans devrait être assigné.

Cela étant, si un coéquipier des deux premiers trios en venait à sous-performer ou à se blesser et que Leonard améliore son positionnement dans l'échiquier de Spencer Carbery, il faudra automatiquement lui porter davantage attention!

Une mince chance, mais une chance quand même

Michael Misa, centre
Sharks de San Jose

Matthew Schaefer, défenseur
Islanders de New York 

Regroupons ici les deux premiers choix du dernier encan amateur.

Ryan Warsofsky n'a visiblement pas peur de donner énormément de glace aux jeunes talents centraux à la relance des Sharks. C'était le cas à 18 ans pour Macklin Celebrini, qui a frôlé la barre des 20 minutes par match, à 19:47 en moyenne. Will Smith a commencé plus modestement, avant de terminer son année recrue avec une utilisation comparable à celle du premier choix du repêchage de 2024.

Si Misa devait faire tourner les têtes au camp en septembre, il ne faudra pas exclure la possibilité qu'il puisse décrocher une audition à long terme dans le rôle de deuxième centre. Aussi prometteuse que s'annonce la reconstruction du club, on parle néanmoins de l'un des deux ou trois effectifs les moins bien nantis de la LNH. C'est concevable de penser que Misa pourrait jouir d'un rôle offensif prépondérant très tôt dans sa carrière. Et lorsqu'on sait que ses 134 points étaient le total le plus élevé de la Ligue de l'Ontario depuis Patrick Kane en 2007, on se dit qu'il ne faut pas sous-estimer le genre de production qu'il pourrait rapidement afficher.

Tout est une question de contexte, et la marche est plus haute pour Schaefer, qui aura 18 ans le 5 septembre et serait rien de moins que le plus jeune vainqueur du Calder dans l'histoire de la LNH s'il devait nous sortir un tel tour de force (pour l'instant, cette marque appartient à Nathan MacKinnon, né le 1er septembre et vainqueur en 2013-2014).

L'idée n'est pas ici de dénigrer le jeune homme, loin de là. Mais il faut se montrer réaliste : les partisans des Islanders ne lui rendraient pas service en ayant pour attente à son endroit qu'il survole le circuit Bettman à travers les rigueurs d'un calendrier de 82 matchs à 18 ans, après avoir été limité de surcroît à 17 matchs dans les rangs juniors à son année de repêchage. Les New-Yorkais ont tout intérêt à gérer intelligemment les minutes jouées par leur joyau, un véritable cadeau tombé du ciel étant donné leurs minces probabilités à la loterie.

Zayne Parekh, défenseur
Flames de Calgary

203. C'est le nombre de points amassés par Parekh à ses deux dernières années dans le circuit junior de l'Ontario, à Saginaw. Ses 66 buts (divisées en récoltes identiques de 33) ont fait de lui le deuxième arrière de l'histoire de la « OHL » à surpasser deux années de suite la barre des 30 filets. L'autre à l'avoir fait? Avez-vous déjà entendu parler de Bobby Orr?

Le dénouement du dossier Rasmus Andersson à Calgary jouera forcément très gros dans le niveau de responsabilités confiées à la recrue de 19 ans, qui a déjà enfilé son premier but dans la LNH lors du seul match qu'il ait joué, le 17 avril. À un certain moment de l'entre-saison, cela semblait quasi assuré qu'Andersson allait se retrouver sous d'autres cieux avant d'entamer sa dernière année de contrat. Les semaines passent et les rumeurs ont beaucoup diminué en intensité. Bref, d'importantes minutes de temps de jeu ne seront pas à la portée des autres défenseurs droitiers de l'équipe, dont Parekh fait partie, si Andersson commence l'année avec les Flames.

L'aspect défensif pourrait venir poser problème à Parekh a priori, car dans les rangs juniors, il se débrouilait en couverture et dans les batailles pour la rondelle, sans être un as en la matière, ayant la chance de s'appuyer sur son sens du jeu et ses habiletés individuelles sans trop pousser la note. Ce n'est pas une recette gagnante dans la LNH, il faut en convenir. N'oublions pas cependant que Hutson nous a servi une belle preuve durant sa ruée vers le Calder que si un joueur démontre une amélioration à cet égard au fil du calendrier (il était passé de moins-15 à moins-2 au retour de la Confrontation des 4 nations), un défenseur recrue peut s'assurer de l'appui des électeurs.

Isaac Howard, ailier gauche
Oilers d'Edmonton

Pour Howard, ça commence et se termine avec la perspective grandiose de jouer aux côtés de Connor McDavid ou de Leon Draisaitl dans un rôle offensif à Edmonton. Le produit des Spartans de l'Université Michigan State a choisi de prendre son temps dans la NCAA en y disputant une troisième saison avant de faire la transition vers les pros, et son choix s'est concrétisé par la réussite ultime sur le plan individuel, soit l'obtention du trophée Hobey-Baker.

Acquis du Lightning de Tampa Bay après que l'Américain eut informé le club floridien qu'il n'avait pas l'intention de signer avec lui, Howard semble emballé par l'opportunité qui se présente à lui en Alberta, et on le serait à moins. Le 31e choix au total du repêchage de 2021 est réputé pour sa confiance inébranlable en ses moyens. Le jeune homme voit gros pour lui-même. On présume qu'il ne présentera pas au camp en pensant à l'option d'aller passer du temps dans le giron des Condors de Bakersfield, dans la LAH.

À moins que d'autres ajouts significatifs viennent se greffer à l'équipe au cours des deux prochains mois (on suppose que Stan Bowman travaille d'arrache-pied dans cette optique), tout indique que l'un ou l'autre de Howard ou Matthew Savoie disposera d'une réelle chance de commencer la saison à l'aile de l'un des centres vedettes des Oilers. Il faut admettre que le fait que Savoie dispose d'une expérience plus exhaustive du hockey professionnel lui donne potentiellement une longueur d'avance à ce chapitre.

Yaroslav Askarov, gardien de but
Sharks de San Jose

Askarov n'est pas n'importe quel gardien recrue : il est l'un des portiers les plus agiles au monde et même si son style n'est pas le plus conventionnel, il est une présence intimidante devant le filet, à 6 pieds 3 pouces. Il a constamment figuré parmi les joueurs les plus prometteurs à sa position depuis sa sélection en 2020 et ses statistiques tant en KHL que dans la LAH ont largement prouvé que ce statut est mérité.

On serait tenté de croire que les gardiens ont un avantage naturel pour le Calder, car ils peuvent avoir un impact immédiat et mesurable sur les résultats d'une équipe. Mais malgré une très honnête candidature de Dustin Wolf l'an dernier, une longue disette se poursuit : le dernier portier recrue à avoir été honoré avec le Calder demeure Steve Mason, à l'issue de la saison 2008-2009. C'était arrivé deux autres fois durant cette même décennie, avec les récompenses obtenues par Evgeni Nabokov (2000-2001) et Andrew Raycroft (2003-2004).

Cela date bien sûr d'une ère du hockey de la LNH où il était autrement plus facile pour un jeune gardien d'afficher des statistiques susceptibles de lui valoir une reconnaissance de la sorte. Plusieurs facteurs devront tourner en la faveur d'Askarov pour qu'il dispose d'une réelle chance au trophée. D'une part, il devra être assez performant pour que les Sharks s'engagent à lui donner 50 départs et plus, ou du moins une portion du filet importante par rapport à ce que recevra le nouveau venu Alex Nedeljkovic. D'autre part, il devra afficher des statistiques dignes de retenir l'attention des électeurs en protégeant la cage devant une unité défensive qui détient une longueur d'avance pour l'étiquette de pire parmi les 32 clubs du circuit Bettman.

Maxim Shabanov, ailier gauche
Islanders de New York

La Russie commence à se bâtir un bel historique d'attaquants dominants en KHL ayant fait une transition sans heurts vers un rôle offensif proéminent dès leur entrée en matière dans le circuit Bettman. D'Artemi Panarin en passant par Kirill Kaprizov, Andrei Kuzmenko et Matvei Michkov, les exemples d'histoires à succès ne manquent pas au cours de la dernière décennie. Le mois dernier, après une production remarquable de 67 points (23-44) en 65 points à sa saison de 24 ans à Chelyabinsk, Shabanov a choisi les Islanders après avoir été courtisé par une poignée de formations de la LNH, dont les voisins new-yorkais basés à Manhattan.

Les habiletés offensives de Shabanov sont intrigantes, et la volonté apparente des Isles de lui offrir une chance d'œuvrer au sein du top-6 pendant une saison qui pourrait s'avérer éprouvante. Sauf que pour chaque « success story » à la Panarin ou Kaprizov (pour utiliser des exemples de Russes arrivés à 23-24 ans et vainqueurs du Calder), il y a aussi des cas de patineurs russes hyper talentueux qui n'ont jamais pu tirer leur épingle du jeu, ni lors de leur saison recrue ni lors des suivantes.

Shabanov mesure 5 pieds 8 pouces et dépasse à peine la barre des 160 lbs. Son profil n'est pas sans rappeler celui de Nikita Gusev, envers qui les partisans des Devils du New Jersey avaient de hautes attentes au tournant de la décennie, mais qui s'en est retourné vers la Mère patrie en l'espace de deux ans. Le risque d'adaptation vient du manque de maturité physique et de la possibilité que Shabanov soit de ces attaquants de finesse qui sont une demi enjambée trop lent pour s'imposer à la hauteur de leur talent.

Prédiction du RDS.ca : le trophée sera Calder remis à Ivan Demidov, devant Jimmy Snuggerud et Alexander Nikishin