LAVAL – Inutile d'avoir un côté analytique très développé pour comprendre que le match de dimanche était d'une importance capitale pour la Victoire de Montréal. Une défaite, particulièrement dans ces circonstances, aurait probablement eu des conséquences fatales pour les championnes de la saison régulière.
Un déficit de 0-2 dans une série 3-de-5 vient déjà avec sa part de défis. Quand ces deux défaites ont été encaissées à domicile, la pente à remonter est encore plus raide. Quand en plus le plus récent revers est survenu après qu'on eut gaspillé une avance de deux buts en fin de troisième période, aussi bien dire qu'on a trouvé la corde pour se pendre.
Et on ne parle même pas de ce nuage gris qui aurait continué de flotter au-dessus de la tête de l'équipe montréalaise, comme une malédiction qui se serait abattue sur elle depuis sa première présence ratée en séries éliminatoires le printemps dernier.
En évitant ce scénario catastrophe, les joueuses de la Victoire se sont débarrassé d'un énorme poids qui reposait sur leurs épaules. Les questions au sujet de leur incapacité à gagner les gros matchs sont maintenant caduques. Elles peuvent prendre la direction de la capitale canadienne le cœur léger et rempli d'espoir.
Il apparaît raisonnable de penser que, désormais libérées de ce fardeau mental, les dames en bourgogne entreprendront le match numéro trois de leur série contre la Charge d'Ottawa portées par un vent favorable.
C'est pourquoi il était surprenant d'entendre la défenseuse de la Charge Jocelyne Larocque déclarer que la conjoncture demeurait favorable à son équipe.
« Nous avons toutes les raisons de garder la tête haute, a dit Larocque. On n'a jamais abandonné, on a créé l'égalité tard en troisième. On a fourni un formidable effort et je suis fière de ce groupe. Je crois qu'il y a plusieurs éléments positifs qu'on peut transposer dans le prochain match et j'ai encore l'impression que le momentum est de notre côté. »
Appelée à réagir aux propos de sa vétérane, l'entraîneuse Carla MacLeod a affirmé qu'elle voyait chaque match d'une série comme une entité indépendante et imperméable aux autres. Elle ne prenait pas pour acquise l'idée que l'énergie emmagasinée par une équipe dans une rencontre donnée sera forcément transférée à la suivante.
« À ce niveau, tout le monde sait que l'ascendant changera plusieurs fois de camp. L'important pour nous, c'est de rester fidèles à ce qu'on prêche et ce qu'on veut exécuter. On a apporté de très bons ajustements entre les deux premiers matchs et j'ai trouvé qu'on avait joué tout un match ce soir. Alors je ne vois pas le momentum comme une émotion qui se transportera dans le prochain match, mais plus comme une accumulation de détails qui continuent de s'ajouter à notre jeu. »
L'entraîneuse de la Victoire, Kori Cheverie, avait évidemment une autre façon de voir les choses. Mais la conférence de presse de dimanche soir ne fut pas le début d'une grande guerre de mots.
« Les deux équipes ont probablement l'impression d'avoir l'avantage au niveau psychologique, a-t-elle relativisé avec diplomatie. De notre côté, c'est notre première victoire en séries, ce qui est merveilleux, et pour y arriver je trouve que nos joueuses ont démontré beaucoup de ténacité. J'aime bien penser que le momentum est de notre bord, mais il faudra attendre pour voir si on sera capables de coller une autre performance du genre pendant 60 minutes... ou plus! »
« C'est une question de perspective, jugeait la gardienne Ann-Renée Desbiens. Je pense que chaque équipe a fait de bonnes choses ce soir. Il y a des choses sur lesquelles elles peuvent bâtir, il y a des choses sur lesquelles on peut bâtir. On savait que dans une série complète, ça allait aller d'un côté et de l'autre. Peu importe ce que l'autre équipe pense, c'est vraiment de se concentrer sur notre vestiaire à nous, ce qu'on peut faire, ce qui est en notre contrôle et aller à Ottawa avec cette même attitude qu'on avait aujourd'hui. »
« Ottawa est entré en séries avec beaucoup de confiance et la confiance, c'est très puissant, a conclu Cheverie. Et je crois que ce soir, une partie de cette confiance s'est transférée dans notre vestiaire. »



