Ne manquez pas le match entre le Crunch et le Rocket, dès 19 h, sur les ondes de RDS et sur RDS.ca.
Alors que le Rocket de Laval s’apprête à lancer la 10e campagne de son histoire, ce soir et samedi après-midi, en affrontant le Crunch de Syracuse, à la Place Bell, plusieurs amateurs constateront que le club-école des Canadiens présentera un visage différent cette saison.
Des 23 joueurs qui ont endossé l’uniforme de l’équipe lors des dernières séries éliminatoires de la Coupe Calder, qui se sont terminées après seulement 5 matchs face aux Marlies de Toronto, plus ou moins la moitié ne sera pas de retour avec le club en 2026-2027.
Si certains, comme Adam Engström et Florian Xhekaj, ont réussi à se tailler un poste avec le CH, d’autres, tels Sean Farrell, Joshua Roy, Samuel Blais et Marc Del Gazio, ont quitté l’organisation après avoir été échangés ou avoir simplement paraphé des contrats ailleurs.
« C’est le plus important changement de joueurs que j’ai vu depuis que je suis dans la Ligue américaine de hockey », a témoigné l’entraîneur-chef du Rocket, Daniel Jacob, en entrevue à RDS.ca, jeudi, à la suite du dernier entraînement complet du club avant le début de la saison régulière.
« Mais c’est très excitant, s’est-il empressé d’ajouter. Il y a des joueurs de l’année dernière qui reviennent, d’autres qui cognent à la porte de la Ligue nationale. Il y a plusieurs joueurs qui connaissent déjà la façon dont nous fonctionnons et les nouveaux vont se greffer à ça! »
Jacob fait d’ailleurs partie de la longue liste de changements survenus au cours de l’été, car c’est maintenant lui qui dirigera le Rocket en remplacement de Pascal Vincent. Ce dernier a annoncé son départ après deux campagnes pour devenir adjoint avec le Kraken de Seattle.
Il s’agit pour Jacob d’une première expérience comme entraîneur-chef, après avoir roulé sa bosse comme adjoint depuis plus d’une décennie avec l’Université McGill, l’Armada de Blainville-Boisbriand et plusieurs organisations dans la Ligue américaine, dont le Rocket.
« La philosophie demeurera la même, a assuré Jacob, qui était responsable des défenseurs sous Vincent. Ma nomination s’inscrit dans la continuité de ce que la direction du Tricolore voulait. Notre système de jeu est en effet similaire à celui de la Ligue nationale de hockey.
« Nous utilisons le même vocabulaire. Nous voulons qu’une fois que les jeunes arrivent en haut, la seule chose qu’ils ont à faire, c’est d’attacher leurs patins parce qu’ils savent exactement ce qu’ils ont à faire. Je suis très, très fier de ça et d’y contribuer à ma manière. »
Les qualités d’enseignant de Jacob seront mises à profit, particulièrement en défense, car seuls les vétérans David Reinbacher et Luke Mittelstadt sont de retour. Dans le cas de Mittelstadt, la définition de vétéran est utilisée au sens large, puisque l’Américain n’a disputé que 14 matchs – saison et séries éliminatoires incluses – avec le Rocket l’année dernière, après la conclusion de son parcours dans les rangs universitaires au Minnesota.
En plus d’Engström et de Del Gazio, Tobie Bisson, Nathan Clurman Joshia Didier et William Trudeau sont les autres membres de la brigade défensive à voir levé les feutres. Pour les remplacer, Braden Haché, Ethan Samson, Maksymilian Szuber et Reilly Walsh ont été amenés en renfort, tandis que les choix au repêchage Bryce Pickford (3e tour en 2025) et Owen Protz (4e tour en 2024) effectueront des débuts professionnels assurément attendus.
Dans le cas de Pickford, ils devront cependant un tantinet attendre, étant donné que le défenseur de l’année dans la Ligue canadienne de hockey la saison dernière a été opéré à une épaule au début juillet. Le moment de son retour à la compétition est toujours inconnu.
En attaque, le Rocket pourra compter sur des valeurs sûres comme Alex Belzile et Laurent Dauphin – les deux meilleurs pointeurs de l’équipe la saison dernière – et sur le capitaine Lucas Condotta – présentement blessé. Les vétérans Brett Berard, Hunter McCown, Sasha Pastujov et Samuel Poulin ont quant à eux été ajoutés pour épauler les jeunes espoirs – Owen Beck, Jared Davidson et Filip Mešár, notamment – en qui l’organisation a toujours foi.
Les dossiers de Beck et Mešár sont certainement les plus intrigants, car les Canadiens devront déterminer si les deux joueurs ont toujours un avenir avec l’équipe. Ils écoulent en effet cette saison la dernière année de leur premier contrat professionnel de trois ans. C’est d’ailleurs dans ce contexte que Farrell et Luke Tuch ont été échangés, tandis que Davidson a obtenu un certain sursis en concluant une nouvelle entente de seulement un an en juillet.
Chez les gardiens, tous les yeux seront évidemment tournés vers Jacob Fowler, qui s’est indubitablement distingué pendant la majorité des 17 matchs auxquels il a participé avec le CH la saison dernière. Il ne se retrouve pas à Laval à la suite d’un mauvais camp, mais parce que c’était la solution la plus simple pour éviter un ménage à trois devant le filet et, surtout, de courir le risque de perdre les services de Samuel Montembeault au ballottage.
Jacob rappelle toutefois que les saisons sont longues et que le portrait qui prévaut en ce moment a amplement le temps de changer d’ici les premières neiges. Des joueurs qui pourraient être amers à la suite de certaines décisions qui ont été prises à l’issue du camp d’entraînement pourraient obtenir une chance plus vite qu’ils ne le peuvent se l’imaginer.
« Un joueur a le droit d’être fâché ou déçu, mais le plus important, c’est la manière qu’il va réagir. Que fais-tu à partir de ce moment-là pour retourner en haut?, demande-t-il. Que tu sois un vétéran ou une recrue, ce que je dis toujours aux joueurs, quelle est la version 2.0 que nous créons ensemble pour que tu obtiennes un autre contrat et prolonges ta carrière? »
Mais au-delà des déceptions vécues par les uns et l’optimisme insufflé par les autres, Jacob aborde cette saison avec énormément d’enthousiasme. « J’aime le niveau d’énergie. J’aime comment les plus vieux prennent soin des nouveaux, conclut-il. Ils sont vraiment en train de former un groupe. Sur la glace, à l’extérieur... c’est très positif tout ce qui se passe. »





